Il leur suffisait d’un point mais Bordeaux ne pouvait pas laisser Marseille être la seule équipe à battre un record cette saison (meilleur parcours à l’extérieur de l’histoire). En champion, les Girondins sont allés décrocher leur onzième victoire consécutive à Caen sur un but de l’ex-régional de l’étape, Yoan Gouffran. Accesoirement, ils ont l’honneur de mettre fin à l’hégémonie lyonnaise en décrochant leur sixième titre de champion de France. Ajoutez à ça une Coupe de la Ligue, un Trophée des Champions et quelques figures médiatiques et on comprend comment « la belle endormie » a muté en une ville de foot pour au moins ce week-end.

Malgré des Caennais qui ont donné l’impression de tout donner (pour un relégué), les Bordelais ont géré sans trop de difficultés. Loin d’être brillants, ils ont été sauvés par Ulrich Ramé en début de partie avant que Gouffran n’achève son ancien club au retour des vestiaires. Les 80 000 Bordelais sur la place des Quinconces n’attendaient que ça pour lancer les festivités. La dernière demi-heure restera anecdotique : les Caennais lâchent toutes leurs forces dans la bataille mais ne montrent rien qui puisse faire trembler Bordeaux. Comme les dix derniers adversaires des Girondins en somme. A l’inverse de l’OM, Bordeaux a énormément gagné en maturité en cette fin de saison. Plus que le « beau jeu » que l’on a rarement vu à Chaban pendant ce final, c’est sur la gestion temps fort/temps faible que les Girondins ont fait la différence. Il suffit de voir la manière dont l’OM a perdu cinq points face à Toulouse et Lyon au Vélodrome pour s’en persuader (l’entame de match non-bonifiée face à Lyon notamment).
Sur l’ensemble de la saison maintenant, les raisons sont nombreuses pour expliquer le sacre des hommes de Laurent Blanc. Au niveau du jeu tout d’abord, Bordeaux est l’équipe qui a développé le plus beau jeu cette saison. Sur de trop rares séquences contrairement à ce que l’on nous rabache à gauche à droite il faut le préciser. Au niveau des scénarios ensuite : la victoire à 9 contre 11 à Grenoble, la remontée à Monaco et à Rennes, le 4-0 face à Paris, tous ces matchs se retrouvent dans le parcours d’un champion. L’OL de Gérard Houiller nous avait assez habitué des victoires dans les dernières secondes, Bordeaux préfèrent renverser les situations. Enfin, d’après les Girondins eux-mêmes, l’ambiance au sein du groupe aurait aussi pesé très fort dans la balance. Je reste assez perplexe concernant ce « on ne peut gagner que si on est des potes » qui me semble être le discours des équipes filantes. Les petits poucets de la Coupe de France utilisent le même discours, Bordeaux tenait le même en 1999, l’OL septuple champion et les plus grands clubs européens ont réussi à s’en passer. Certes, ça ajoute au plaisir mais c’est une erreur de nous le vendre comme un indispensable…
Bordeaux vainqueur à Caen, le carton de l’OM face à Rennes n’aura servi qu’à offrir un bel adieu à Eric Gerets tout en privant le Stade Rennais de l’Europa League. Qautrième avant cette journée, Toulouse a validé son ticket en se contentant du point du match nul à domicile face à l’OL. Le seul retournement de situation dans le haut du tableau vient du Stadium de Villeneuve d’Ascq où Lille, vainqueur de Nancy, a su profiter du faux pas à domicile du PSG face à Monaco pour accrocher le dernier billet pour l’Europe. En passe de se qualifier pour la Ligue des Champions il y a trois semaines, le club de la capitale finit la saison bredouille. Les querelles au sein du club et l’annonce du départ de Le Guen début mai ont pesé plus lourd qu’un calendrier ultra-favorable (trois matchs à domicile pour un match à l’extérieur). Au passage, l’arrivée de Kombouaré au tempérament totalement opposé à celui de son prédécesseur nous réserve plusieurs moments savoureux derrière les micros la saison prochaine. Concernant le terrain, attendons de voir comment les choses vont évoluer cet été.
Dans le bas du tableau, Saint-Etienne se sauve sur le fil grâce à sa large victoire face à Valenciennes. Mirallas, Ilan et Gomis ont particulièrement brillé et les Verts peuvent désormais se consacrer pleinement à la préparation de la saison prochaine. Sur le papier, c’est une évidence que de dire qu’ils ont toutes les armes pour montrer que ce dernier exercice n’était qu’un accident. Battu par Bordeaux, Caen rejoint donc la L2 avec Nantes et Le Havre : une descente sans surprise au vu de leur calendrier et de ce qu’ils ont montré face à Bordeaux. L’envie était là (encore heureux) mais les Normands ont très vite montré leurs carences sur le plan technique. Le choix de tout miser (ou presque) sur la recrue Savidan leur aura coûté cher.
Du suspense à tous les étages jusqu’à la dernière journée, les plus grosses équipes présentes au premier plan, un spectacle plutôt appréciable à chaque journée et quelques échanges médiatiques de très haut niveau entre les présidents, la Ligue 1 a redoré son blason cette saison. Et surtout, entre le nouveau champion qui devra défendre son titre, le dauphin qui voudra le décrocher et l’ancien roi Lyon qui voudra le récupérer, le tout lors d’une saison de Coupe du Monde, on n’a pas fini d’aimer le foot.



Belle conclusion!Reply – Quote