France Televisions, la Coupe de France, tous les ingrédients étaient réunis pour passer une belle soirée de football bien au chaud dans son canapé, le cerveau déconnecté ou presque. Il aura suffi du choix du diffuseur de faire un multiplex sur deux rencontres et surtout d’un véritable ouragan de neige pour pourrir mon mercredi soir et surtout mon analyse de Bordeaux-Monaco. Mais plein de ressources, j’invente un concept : l’analyse parcellaire. Plusieurs petits bouts de raisonnement liés par des moments sans aucun sens, c’est tout de suite sur ton blog préféré !
Turnover et absence de Diarra oblige, Laurent Blanc couche une équipe hybride sur le papier : cinq joueurs de l’équipe-type sont sur le banc, en tribunes ou chez eux au chaud. A l’inverse, côté monégasque, l’équipe alignée ressemble au onze-type : si je serai bien incapable de dire si Perez en fait partie, la présence sur la pelouse du trio Park/Nenê/Haruna me confirme que l’ASM vient avec l’envie de réaliser un coup après s’être offert le scalp de Lyon. Motivés sur la feuille de match, les Monégasques le sont aussi sur le terrain. Durant tout le premier quart d’heure, ils imposent un pressing sur la relance bordelaise. L’absence de Marouane Chamakh pèse lourd, empêchant les Bordelais de remonter leur bloc autrement qu’avec du jeu court. Résultat, ils ont toutes les peines du monde pour se frayer un chemin jusque dans les 40 mètres adverses pour ensuite s’étirer sur toute la largeur et faire participer leurs latéraux. Bordeaux s’en remet alors à Jussiê et Gourcuff qui cherchent Cavenaghi et Bellion dans la profondeur mais la charnière Puygrenier-Mongongu ne tremble pas.
Coupure du multiplex. Ouverture du score de Issam Jemaa. « Marseille va se prendre une branlée. » On revient à Bordeaux : Lévêque évoque un coup-franc sur la barre de Trémoulinas. « Arrêt surhumain de Ruffier. » On nous promet la grosse bataille du milieu de terrain.
On retrouve des Bordelais bien plus hauts sur le terrain. Dans tous les coups, Yoann Gourcuff se distingue du reste de l’équipe par sa mobilité. Chargés de l’épauler, Plasil et Jussiê sont invisibles ou presque. Et pour cause, lorsqu’ils arrêtent de presser, les défenseurs adverses se focalisent sur les solutions qui s’offrent à l’international français. En gros, Gourcuff sollicite un une-deux, que ce soit Plasil, Jussiê ou Cavenaghi, le Une arrive dans les pieds du coéquipier mais le deux ne revient jamais, la faute à Perez, N’Koulou ou Modesto très agressifs sur le porteur de balle. Souverains dans leurs 30 mètres alors que les latéraux bordelais sont montés, les joueurs de Lacombe se régalent en partant dans le dos de ces derniers. Première victime, Jurietti passe sa mi-temps à faire la course avec l’ombre de Nenê. Sur un duel, il l’accroche. M.Kalt siffle un coup-franc. Tiré par le Brésilien, tête de Park, Ramé ne fait que repousser et Traoré finit l’action sous les yeux de défenseurs bordelais complètement apathiques. Bordeaux tente bien de réagir et arrive enfin à décaler quelques-uns de ces joueurs mais personne ne reprend dans l’axe. Il faut dire qu’il n’est pas facile de devancer Puygrenier ou Mongongu à leur premier poteau.
Nouvelle coupure du multiplex. Il neige à Lens, les chances marseillaises n’en sont que plus réduites (plus facile de défendre sur un terrain de ce genre que d’attaquer). Jemaa la joue perso et gâche un trois contre un. « Les télés lui feraient de l’effet ? » Il inscrit son deuxième but de la soirée deux minutes plus tard. « Il faut croire que oui, elles lui font de l’effet. » A Bordeaux, Chaban-Delmas est pris dans une tempête de neige. C’est la mi-temps. Anecdote sympa, les souffleuses arrivent sur la pelouse de Chaban pour enlever la neige des lignes. Des hommes, armés de balais arrivent sur la pelouse aussi…mais déblaie la neige présente sur les panneaux publicitaires ! Ils ont ensuite prêté main forte pour le terrain mais la situation est resté plutôt drôle. Bref, Bordeaux reprend en retard, le service public reste à Lens. Brandao et Valbuena sont entrés. Mais c’est Maoulida qui marque après un énorme boulot d’Akalé. « Branlée ? Ah non, Cheyrou entretiendrait-il le suspense ? »
Finalement, les affaires reprennent à Bordeaux mais les premières minutes révèlent déjà l’issue de la rencontre. Aucun Bordelais n’est capable, à l’instar de Nenê dans le camp d’en face, de dribbler un adversaire sur le terrain enneigé. Collectivement, les solutions ne sont pas non plus apparues par miracle. Les transmissions ont du mal à se faire et, pour ne pas faciliter les choses, les Monégasques ont encore un peu plus resserrés les lignes derrière. Fini le pressing dans le camp adverse, désormais les défensifs de l’ASM quadrillent leur moitié de terrain et comptent sur Nenê et Maazou (entré en jeu à la place de Park) pour mener les contres. Une première ligne de pressing se met en place à 40 mètres des buts de Ruffier et, au cas où Bordeaux passe, la défense se charge de renvoyer tous les ballons qui passent par sa surface de réparation. Les trois changements de Blanc à l’heure de jeu n’y changent rien : Lacombe répondra aux quelques décalages crées en cantonnant ses ailiers et ses milieux défensifs au blocage des couloirs. Monaco n’attaque plus, mais Monaco mène déjà 2-0 alors la purge vue par le téléspectateur, Moostash il s’en balance et il a bien raison.
Coupure multiplex : juste histoire de voir les dernières minutes à Marseille et de constater qu’en plus de perdre une chance de titre, les Phocéens perdent Brandao sur blessure et sortent donc de cette Coupe de France encore plus mal que les Girondins, leader du championnat et dont j’attends la double confrontation face à l’Olympiakos pour juger de l’intérêt de cette période difficile. Gourcuff me semble revenir physiquement, reste à savoir comment se sentiront les autres cadres (Planus et Chamakh en tête). Le match de dimanche sera très intéressant de ce point de vue.
Je termine ce papier par un petit mot sur les derniers engagés de cette Coupe de France : les trois locomotives du championnat sont out, dont deux éliminées par le même adversaire, Monaco qui devient le favori de la compétition, une position que les joueurs de Guy Lacombe ont généralement du mal à assumer. Outsider, l’AJA a encore l’occasion de bonifier sa saison intéressante par un titre en mai. Sochaux et Lens feront de cette Coupe le piment d’une fin de saison qui s’annonce sans intérêt en championnat. Enfin, pour Saint-Etienne et le Paris SG, ce sera la compétition de sauvetage. Reste encore Boulogne sur Mer et Quevilly qui joueront les petits poucets.




[...] La Coupe de F…roid [...]Reply – Quote