France – Tunisie : les problèmes sont ciblés

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Le jour et la nuit ? Après les belles promesses entrevues face au Costa Rica mercredi, les Bleus ont semblé retrouver les mêmes problèmes dans le jeu face à la Tunisie que ceux rencontrés pendant les éliminatoires de la Coupe du Monde. Bloc déséquilibré dès la première relance, manques d’automatismes en attaque et problèmes défensifs, voilà les trois principaux défauts que l’on peut ressortir de l’heure de jeu disputée à Radès. La dernière demi-heure et ses nombreux changements est anecdotique.

Ne vous fiez pas au déchaînement auquel on risque d’avoir droit dans les heures à venir, le 4-3-3 a de l’avenir chez les Bleus, c’est certain. Les premiers enseignements tirés de la rencontre face au Costa Rica sont d’ailleurs là pour le prouver (voir l’article). De mon point de vue, les problèmes entrevus ce dimanche face à la Tunisie sont réglables d’ici le début de la compétition. Pour cela, il faut commencer par les clarifier et c’est ce que nous allons faire ici et maintenant.

Avant-propos : « tout n’est pas à jeter. »

Avant de zoomer sur les points qui fâchent, il y a du positif à tirer de ce match à Radès. Au milieu de terrain tout d’abord, le 4-3-3 a confirmé son efficacité au niveau de la récupération. Yoann Gourcuff a notamment ratissé un grand nombre de ballons dans le camp adverse, si ce n’est pas dans le dernier tiers du terrain. Avec un peu plus d’explosivité et de spontanéité autour de lui dans ces moments-là, la différence aurait pu se faire autrement. Malheureusement, et c’est un facteur qui compte dans la contre-performance, les Bleus semblaient manquer de jus après leur stage à Tignes. Malgré tout, cette maîtrise à la récupération s’est retrouvée dans la conservation du ballon, un facteur qui devient une marque de fabrique du milieu français. Bon en même temps, c’est la Tunisie et le Costa Rica en face…

L’adversaire a su répondre au 4-3-3

Domenech l’a dit après la rencontre : les Tunisiens n’étaient pas là pour faire office de sparring partner. Très bien organisés, les hommes de Trabelsi ont réussi à étouffer le milieu à trois français qui avait tant convaincu face au Costa Rica. La recette n’était pas forcément compliqué, et sera certainement reprise par les futurs adversaires des Bleus : un milieu à cinq (2+3) qui encercle son vis-à-vis pour couper les relations défense/milieu et milieu/attaque si personne ne se décide à dézoner ou décrocher.

Et lorsque cela arrive, le joueur sollicitant le ballon est suivi par un Tunisien pour l’empêcher de se mettre dans le sens du jeu. Résultat, les Bleus ont dû attendre la demi-heure de jeu et passer par un latéral (Evra) pour lancer un mouvement collectif intéressant. Par la suite, Malouda et Gourcuff ont touché des ballons beaucoup plus haut que prévu pour se dégager de l’emprise du milieu à cinq. Toulalan devait alors faire tout le boulot à la relance en devant casser à lui seul la première ligne du milieu tunisien. Idem pour les défenseurs centraux ou le relayeur décroché.

Il manque un étage à la fusée

Ce problème est surtout apparu au cours de la deuxième période lorsque les Bleus devaient repartir de leur moitié de terrain. Généralement, on avait des échanges entre les défenseurs centraux et Toulalan jusqu’au décrochage d’un des deux relayeurs. Une fois face au jeu, ce dernier se retrouvait avec un No Man’s Land d’une vingtaine de mètres devant lui. Aucun bleu à l’horizon. C’est une constante des systèmes Domenech quand la machine est grippée : sur les phases de construction, le latéral se colle à la ligne de touche à 35 mètres des buts adverses et n’en bouge plus ou presque.

Parce qu’il n’est pas complètement idiot, l’ailier qui partage le couloir avec lui repique dans l’axe pour offrir une solution entre les lignes adverses et c’est au relayeur de réussir la passe qui mettra ce dernier dans les meilleures conditions. Ce qui rend la tâche compliquée, c’est que l’ailier semble être la seule solution de passe pour le porteur du ballon, le latéral étant impossible à atteindre directement, coincé entre l’ailier et son homologue adverse. Ne reste alors que le changement de jeu, souvent risqué car devant traverser un rond central souvent garni en adversaires.

4-3-3 cherche avant-centre

Ça me paraissait flagrant après le premier match face au Costa Rica ; ça l’est d’autant plus après le second. Nicolas Anelka n’est pas fait pour évoluer à la pointe du 4-3-3 que Domenech essaie de mettre en place. Que ce soit Eto’o dans le Barça 2008/2009 ou Rooney avec United cette saison, leur premier rôle est de peser sur la défense centrale. Pas de décrocher pour apporter leur pierre dans l’entrejeu. Dans le 4-3-3, on attend de l’attaquant qu’il soit décisif dans les 30 derniers mètres, soit dans du jeu court et spontané, soit à la finition.

S’il n’a pas eu d’occasion de briller devant le but, Anelka n’a absolument pas les qualités pour remplir ce rôle. Au pire, il peut être intéressant si le jeu de l’adversaire offre des espaces dans le dos de sa défense mais on voit mal les adversaires des Bleus se découvrir à ce niveau. Mais à l’heure actuelle, Nicolas Anelka et sa qualité de dribbles seraient beaucoup plus efficaces sur le côté droit que devant où des joueurs comme Cissé, Gignac, ou même Henry, très intéressant dans l’orientation du jeu dans les petits périmètres hier soir doivent avoir leurs chances.

Le chantier continue à droite

Très en vue face au Costa Rica, le côté gauche de l’équipe de France avait masqué les carences offensives du droit. Avec un point fort beaucoup moins en réussite ce soir, la faiblesse du côté droit des Bleus était d’autant plus flagrante. En première ligne, Bakari Sagna a souffert de la comparaison avec Patrice Evra. Si le latéral de United n’a pas été irréprochable (loin de là), ses qualités techniques offrent au couloir gauche des Bleus des lancements d’attaque beaucoup plus variés.

Sagna, en plus de mettre quelques secondes à se mettre dans le sens de la marche, ne semble avoir qu’une seule manière de relancer. Collé à sa ligne de touche, il cherche l’appui d’un partenaire le long de cette dernière et poursuit sa course tout droit, en espérant que le ballon lui revienne. De l’autre côté, Evra peut au choix : chercher Ribéry le long de la ligne – jouer court avec Malouda dans l’axe – sauter Malouda et servir Ribéry qui repique dans l’axe. Mais surtout, il sait résister au pressing adverse jusqu’à ce qu’une solution se libère.

La défense centrale

Voir [Bandelette n°12] La séance vidéo du but tunisien

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