Huit mois de sursis pour Maradona

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L’Argentine peut souffler. En allant s’imposer de l’autre côté du Rio de la Plata, l’Albiceleste s’est assurée d’aller en Afrique du Sud sans passer par la case barrage. De quoi permettre à Maradona de se lâcher complètement en conférence de presse. Et pourtant, vu le match de ses protégés, Diego n’a vraiment pas de quoi flamber. Entre Messi, complètement perdu en soutien d’Higuain, et la défense encore une fois remaniée, l’Argentine peut remercier son rival uruguayen d’avoir pratiqué un football plus destructeur qu’ambitieux. Mais à l’arrivée, les deux voisins peuvent aussi remercier le Chili, vainqueur de l’Equateur et dont l’ouverture du score a eu une influence énorme sur la rencontre de Montevideo.

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Petit rappel des données au coup d’envoi : un match nul qualifie l’Argentine pour le Mondial et envoie l’Uruguay en barrages si l’Equateur ne bat pas le Chili. En cas de défaite de l’un ou de l’autre, rien ne bouge tant que l’Equateur s’incline à Santiago. Le début de match est entièrement à l’avantage des locaux uruguayens. Beaucoup plus agressifs, ils font monter la pression sur la défense argentine qui semble complètement hors du coup. Duels empruntés, relances manquées, erreurs de placements, Otamendi (latéral droit de fortune, défenseur central de formation) et Schiavi nous offrent un festival d’approximations plus ou moins bien rattrapées par les deux anciens, Demichelis et Heinze. A l’issue du premier quart d’heure, les offensives sont toutes uruguayennes, lancées par les dribbles et le travail de fixation de Suarez ou les décrochages et autres déviations de Diego Forlan. Côté occasion, à une exception près, on se contente de coups de pied arrêtés, d’un côté comme de l’autre.

Dans la moitié de terrain uruguayenne, les attaquants argentins sont introuvables. Avec quatre offensifs (Messi, Higuain,Gutierrez, Di Maria) et un relais (Veron) à contenir, les locaux se régalent avec des prises à deux ou trois très rugueuses pour empêcher les Argentins de prendre de la vitesse et de se mettre dans le sens du but. Vu que Maradona a décidé d’aligner deux défenseurs centraux sur les côtés (Heinze et Otamendi), les latéraux ne sont pas là pour apporter le surnombre dans le camp adverse, les décalages ne viennent pas et les occasions non plus. Face à une équipe qui évoluait en 3-5-2, avoir des latéraux qui montent auraient pourtant pu être une solution intéressante pour les Argentins. Trop occupés à défendre dans leur moitié de terrain, les milieux de la Celeste en oublient de soutenir leurs deux attaquants, Suarez et Forlan, désormais bien pris par la défense argentine. Il n’y que sur une seule récupération haute côté droit qu’ils réussissent à créer un semblant de décalage à gauche qui se termine par une frappe de loin non-cadrée par Alvaro Pereira.

Il faut attendre la 31ème minute pour trouver un Argentin, Veron en l’occurence, capable de se défaire, par ses déplacements, du marquage à deux des Uruguayens et de se retrouver lancé face au but. Mais la suite ne vient pas, la faute à un déchet technique hallucinant pour une équipe dont on vantait le Toque il y a quelques saisons. Il n’y a bien que sur des contres, emmenés par Di Maria, que l’Argentine réussit à mettre de la vitesse dans son jeu mais généralement, les courses du milieu gauche du Benfica se terminent par un duel perdu ou une faute uruguayenne. Toujours rien devant les buts donc. Au retour des vestiaires, la donne ne change pas. On s’ennuie jusqu’à la 49ème minute et une offensive de Forlan qui retient notre attention. Bien qu’il ait choisi de frapper de loin, le joueur de l’Atletico avait, non pas une seule avec Suarez, trois solutions qui s’offraient à lui. Serait-ce un regain d’ambition côté uruguayen ? Deux minutes plus tard, le Chili ouvre la marque face à l’Equateur et libère le Centenario qui fait déjà la fête.

Le sélectionneur uruguayen décide alors de se lâcher en lançant tour à tour Cavani (58e), Rodriguez (70e) pour essayer d’arracher la victoire. Mais vous le savez déjà, c’est pas en ajoutant deux attaquants supplémentaires que vous allez marquer deux fois plus de but. Néanmoins, l’Argentine plie, subit et pour la deuxième fois de la rencontre, après le premier quart d’heure, on sent que les Uruguayens ont pris l’ascendant. A vingt minutes de la fin, on passe d’une face-à-face rugueux entre une équipe qui défend et oublie d’attaquer et une autre qui ne sait pas quoi faire à un match entre un Uruguay dominant et une Argentine qui attend et cherche l’exploit de ses attaquants (Messi en tête) en contre-attaque. A l’arrivée pourtant, la pression uruguayenne ne se ressent sur les buts argentins que par l’intermédiaire de coups de pied arrêtés écartés tant bien que mal par Romero et ses défenseurs.

Alors qu’on se dirige vers un bon 0-0 des familles, et un 4-2 pour l’Uruguay au niveau des cartons jaunes, Caceres entre en scène. Le défenseur de la Juve, ex-Barça, rate une passe sur le côté gauche de la moitié de terrain uruguayenne. Gutierrez en profite et se lance dans son dos. Caceres revient au duel mais le perd et, en bon rugbyman, sauve les meubles d’une superbe cuillère sur le milieu droit argentin. Sauf que l’arbitre officie dans le monde du football et inflige au défenseur uruguayen son deuxième carton jaune en six minutes. 4-2 et bonus exclusion, l’Uruguay a gagné son match. Sur le coup-franc, l’Argentine remporte le sien grâce à un jeu de billard terminé par Bolatti. La fin du match est anecdotique, les Argentins tiennent le ballon et les Uruguayens ont déjà la tête à leur match de barrages face au Costa Rica. Maradona peut souffler ; il s’offre huit mois supplémentaires pour apprendre son nouveau métier. On attend.

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