Le casse-tête Cavenaghi

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Les onze victoires consécutives sans lui en fin de saison dernière l’ont relégué dans l’ombre du sacre girondin. Au top en 2008, Fernando Cavenaghi n’est aujoud’hui que l’ombre de lui-même : un joueur qui ne trouve plus sa place dans un collectif qui a fait de Gourcuff et Chamakh ses deux indispensables en attaque. A la veille de la réception de l’AS Monaco, le quotidien régional, Sud-Ouest, a tiré la sonnette d’alarme, annonçant qu’il « fallait sauver le soldat Cavenaghi ». S’il semble en retard physiquement sur ses partenaires, le système mis en place par Laurent Blanc en son absence ne lui est pas non plus franchement favorable. Explications.

Les personnes qui ne suivent pas Bordeaux régulièrement font trop souvent l’erreur : Fernando Cavenaghi n’est pas un simple buteur. Au lieu de se réduire à la surface de réparation adverse à l’instar d’un Inzaghi par exemple, sa zone d’influence sur le terrain s’étend quasiment du rond central jusque dans la fameuse zone de vérité. Arrivé à Bordeaux en janvier 2006, il avait dû attendre un an et le départ de Marouane Chamakh à la CAN pour lever le voile sur toutes ses qualités. Buteur oui, mais tout en étant capable de décrocher pour participer à la construction de son équipe, une sorte de meneur dos au but, aimant notamment changer le jeu d’une aile à l’autre lorsque le jeu le lui demande. Les fans les plus hardcores de statistiques pourront ainsi remarquer que si son nombre de passes décisives est assez faible, il a souvent été à l’origine d’actions converties un peu plus loin en buts par ses coéquipiers.

Cet état de grâce, Cavenaghi l’a maintenu pendant quasiment toute l’année civile 2008. Débarrassé de sa pubalgie, son corps pouvait enfin suivre sa tête et son intelligence de jeu qui m’ont amené à conclure à plusieurs reprises « ce mec-là pue le foot » sur son cas. Ses six premiers mois lui permettent d’établir une relation privilégiée avec Johan Micoud qui n’hésitait jamais à le solliciter en appui pour remonter le terrain sans avoir à effectuer des dribbles dont il n’était pas très friand. Une-deux et on écarte sur les latéraux ou les milieux relayeurs, tel était le circuit de passes que l’on retrouvait régulièrement lorsque les deux hommes se trouvaient sur la pelouse. Eté 2008, Micoud s’arrête et Gourcuff débarque en Gironde pour prendre la suite. Au fil des semaines, l’influence du numéro 8 girondin efface peu à peu celle de l’Argentin. Plus puissant et sans doute plus individualiste, Gourcuff n’a pas besoin de point d’appui pour remonter le ballon.

Même s’il est toujours efficace, Cavenaghi doit se trouver un autre partenaire particulier (yeah !). Adepte des arrivées lancées dans son couloir gauche, Benoît Trémoulinas fait de lui son partenaire privilégiée pour déborder lorsque Wendel décide de repiquer dans l’axe pour travailler ses frappes ou lui ouvrir l’espace. Une zone d’influence réduite donc pour l’Argentin car dans l’axe, Gourcuff prend ses quartiers du rond central jusqu’à la surface adverse et peaufine sa relation avec Marouane Chamakh. Puis arrive l’incident qui accélère la chute de celui qui est devenu « Cavegol » : sa blessure à Toulouse lors de la dernière défaite bordelaise de l’exercice 2008-2009. A l’époque, son absence est vécue comme une catastrophe dans le microcosme girondin. Comment décrocher le titre ou même l’Europe sans son meilleur buteur ? Mais Laurent Blanc va rapidement trouver la solution au problème.

Fernando et Gouffran rentrent dans le onze de départ. Le Brésilien se charge de l’animation face au jeu au milieu de terrain et permet à Gourcuff d’évoluer encore plus près des deux attaquants, Chamakh et Gouffran. L’un fixe et pèse sur les défenses, l’autre la travaille par ses dribbles et ses prises de balle dans l’espace ; Gourcuff, lui, marche sur l’eau et finit la majorité du boulot. Bordeaux n’a plus besoin de San Fernando. Les résultats le prouvent et la suite suit logiquement avec le titre donné par… Gouffran. L’Argentin observe tout ça depuis le banc qu’il continue à fréquenter aujourd’hui malgré son retour à l’entraînement. Laurent Blanc a bien essayé de le réintégrer à son onze de départ en début de saison mais son joueur a aujourd’hui un train de retard. Bordeaux et surtout Gourcuff ont évolué et l’Argentin ne trouve plus sa place pour participer au jeu de son équipe. En plus, il ne marque plus…

Dès lors, son retour en grâce passera forcément par un travail tactique de la part de tout le collectif bordelais. Aujourd’hui, la question n’est pas de savoir si Laurent Blanc doit, ou non, le faire vu les résultats de l’équipe. Les Girondins l’ont prouvé, ils peuvent se débrouiller sans lui. Toutefois, la dernière sortie bordelaise face au Mans ouvre une grande porte à un come-back de l’Argentin. Pendant près d’une mi-temps, Yoann Gourcuff a évolué très bas, quasiment aux côtés d’Alou Diarra, et a pu régaler ses latéraux grâce à la qualité d’un jeu long qu’il ne peut pas affiche dans son poste avancé habituel. De plus, cette position plus basse sur le terrain sollicite moins son physique et pourrait peut-être, à terme, lui éviter un passage à vide vécu l’hiver dernier. En surveillant le reste de l’animation bordelaise pendant cette période, on pouvait constater que Gouffran décrochait souvent pour solliciter au milieu du terrain et dos au but.

Bizarrement, comme on l’a rappelé un peu plus haut, Cavenaghi a excellé dans ce registre il y quelques mois. Alors Bordeaux vers un 4-4-2 à plat ? Pour retrouver l’excellent Cavenaghi, le chemin semble être tout tracé. Pour réduire les risques de baisse de forme de Gourcuff aussi. Reste à savoir si Laurent Blanc va persister dans ce choix dans les semaines à venir. Face au Mans, le milieu de terrain en losange était de retour en deuxième mi-temps. La question est posée. Aux prochains matchs d’y répondre. En attendant, dans la configuration qui a donné à Blanc son premier titre de champion de France, Cavenaghi n’a pas sa place.

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3 comments to Le casse-tête Cavenaghi

  • Son pénalty raté à Auxerre a coupé ses espoirs de retour dans le onze bordelais. Psychologiquement il faudra être solide du côté de l’argentin pour reprendre le dessus et repartir vers l’avant, mais tout grand joueur à sa mauvaise passe et sur Cavegol il n’y a aucun doute, comme tu dis « ce mec-là pue le foot » !ReplyQuote

  • Il est clair que Cavenaghi , c’est un super joueur, il fait parti de ces joueurs qui ont besoin d’être en confiance pour marquer, quand à une place dans le 11 types Bordelais Fernando Cavenaghi la mérite largement, quand on voit un Bellion rentrer à la place d’une rentrée de Cavenaghi, perso je trouve ça triste…ReplyQuote

  • [...] : trois buts et une superbe passe décisive pour l’Argentin qui était au centre d’un de mes articles de l’automne [...]ReplyQuote

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