A deux doigts du KO…

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Les spectateurs de Chaban-Delmas ont dû passer par tous les états dimanche soir. D’abord, il y a eu la crainte de voir le leader bordelais trébucher à deux reprises et se retrouver menés au score en infériorité numérique. Carrasso a évité ce premier KO qui aurait été tonitruant pour la relance du championnat. Ensuite, il y a eu l’ouverture du score de Chamakh. Et les occasions de 2-0 de Sertic. Mais là encore, pas de KO. Celui-là aurait sans doute été fatal pour le suspense en tête de la L1…

Laurent Blanc avait prévenu son audience avant la rencontre : Bordeaux était loin de trembler à l’idée de recevoir Montpellier. « Le Président » l’a refait comprendre au moment de remplir sa feuille de match : adieu le 4-5-1, Fernando Cavenaghi fait son retour dans un onze de départ qui retrouve ses vieilles habitudes du milieu en losange. Les Héraultais, qui se déplacent avec leur formation classique en 4-3-3, sont prévenus. Les premières minutes laissent d’ailleurs entrevoir une soirée difficile pour l’actuel dauphin. Habitués à surprendre ses adversaires grâce à leur agressivité dans l’entrejeu, les Montpelliérains sont pris à leur propre jeu. Chamakh, Gourcuff, Wendel, Plasil, Fernando et, à l’occasion, un latéral exercent un pressing assez haut qui gênent la relance adverse. Maheureusement pour eux, cette maîtrise dans l’axe ne se transforme pas en domination à 100%. Dans leurs 30 mètres, les Héraultais font la loi et les latéraux bordelais, habituellement en bout de chaîne des actions girondines, n’ont que très peu d’espaces pour s’exprimer.

En réaction, Montpellier tente de trouver directement son attaquant, Montaño. Sur un ballon dans la profondeur, le Colombien, parti en avance, est repris par Ciani et s’effondre dans la surface. Double peine et premier penalty pour Montpellier. On connaît la suite, Carrasso le stoppe mais la physionomie de la rencontre a changé. Les Montpelliérains ont clairement été ragaillardis par ce fait de jeu et tentent de remettre un coup de pression dans l’entrejeu. Cavenaghi sorti au profit de Sané, les milieux bordelais se retrouvent avec une solution de moins devant et s’enferment sur les côtés avec un jeu de passes beaucoup trop latéral. Wendel, Gourcuff, Plasil : les trois hommes évoluent dans l’axe et sur la même ligne alors que le pauvre Chamakh est esseulé entre les deux stoppeurs héraultais. Conséquence de l’infériorité numérique, les joueurs de Girard prennent définitivement le contrôle du milieu de terrain et profitent des nombreuses pertes de balle bordelaises (Fernando) pour se projeter rapidement vers l’avant et s’approcher du but de Carrasso. Jusqu’au deuxième penalty concédé par Chalmé. Stoppé par Carrasso. Mi-temps.

A la reprise, la tension est encore palpable entre les deux équipes. Coups en douce, simulations, grosses fautes, coudes qui traînent, d’un côté comme de l’autre, on applique la recette laissée par Juninho lors de son départ vers les Emirats : « comment être bon et fourbe en dix leçons ? » Bordeaux revient aussi avec une tout autre organisation. Wendel et Plasil se rapprochent de Marouane Chamakh tandis que Gourcuff et Fernando s’alignent pour former une paire dans l’axe. Sans le ballon, les Girondins se retrouvent donc à défendre sur deux lignes de quatre, assez hautes et très resserrées pour éviter que Montaño ou ses ailiers ne profitent d’espaces laissés entre. Avec le ballon, Chamakh est bien évidemment le premier appui recherché dans l’axe, supplée par les projections de Plasil ou Wendel sur les côtés. Souvent, le Marocain provoque la faute pour permettre à tout son bloc de remonter et de tenter de développer quelque chose dans le camp adverse. Plasil et Chamakh traînent à la réception d’un des coups-francs. Le deuxième envoie une demi-volée dans les buts de Jourdren. 1-0. La verticalité, ça a du bon parfois.

Ce but encaissé a le don de réveiller les Héraultais. Les latéraux et les milieux axiaux n’hésitent plus à se projeter vers l’avant désormais et c’est tout un ballet de jeu sans ballon qui se met en place pour tenter de déstabiliser le bloc bordelais. L’ailier repique, le latéral déborde et le milieu axial fait son choix. Le latéral repique, l’axial prend le couloir et l’ailier fait son choix etc… Montpellier compte bien profiter de sa supériorité numérique pour étirer le bloc bordelais et trouver des espaces dans l’axe. Mais ces deux lignes de quatre ont déjà résisté au Bayern Munich il y a quelques mois. Pour répondre aux attaques dans les couloirs, Bordeaux met en place le trio habituel (ailier, latéral et axial droit ou gauche) pour empêcher les décalages. Finalement, il n’y a que dans l’axe, lorsque Costa parvient à trouver rapidement (comprendre en une touche de balle) un joueur intercalé que l’on sent le bloc girondin sur le point de vaciller. Sur les coups de pied arrêtés aussi, la défense bordelaise semble à la limite à chaque fois. Mais le ballon est sorti tant bien que mal.

Les minutes passent et les entraîneurs entrent en scène. Comme d’habitude, Laurent Blanc change sa paire de milieux excentrés : Plasil et Wendel sont remplacés par Jussiê et Sertic. L’international espoir français est tout près du KO à deux reprises, une reprise spontanée repoussée par Jourdren et une ballon qu’il n’a pas pu pousser au fond des filets à cause du retour de Spahic. Côté Nicollin, Dernis et Belhanda remplacent Montaño et Marveaux, sans succès véritable. Bien servi dans l’axe, Camara manque le cadre. Puis arrive la 94ème minute. Un coude de Fernando, un coup-franc à 25 mètres pour Costa et seulement trois joueurs dans le mur. Une faute de main de Carrasso et c’est l’égalisation. Vu du virage, on pouvait sentir à la nervosité bordelaise sur la mise en place du coup-franc qu’il allait mal se passer. Bordeaux concède le nul après avoir été réduit à 10 pendant une heure de jeu, peut-être le pire scénario alors qu’ils devront donner la réplique à un AJ Auxerre en pleine forme dans seulement quatre jours à Chaban-Delmas. Un match qu’ils devront absolument gagner sous peine de voir Marseille revenir à portée de victoire…

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