Valenciennes/Auxerre pour un 0-0 la semaine dernière, Lens/Saint-Etienne ce mardi soir terminé sur un penalty en faveur des locaux, Canal Plus n’est pas en veine au moment de choisir les matchs de L1 joués en milieu de semaine. Pour son second match à la tête de l’ASSE, Christophe Galtier doit se contenter d’un résultat plutôt frustrant. Après que Janot ait réussi à sauver les meubles pendant la première demi-heure, son équipe a réussi à se mettre au niveau de leur adversaire avant de concéder un penalty malheureux en toute fin de partie. L’ancien adjoint de Perrin a du boulot devant lui…
D’entrée de jeu, on comprend que les deux équipes ne veulent pas prendre le moindre risque. Les cinq premières minutes de la partie se résument à des échanges de missile entre les deux défenses centrales, c’est dire… Le projet était sans doute de chercher Bergessio et Maoulida en appui en attendant le soutien des milieux offensifs mais ni Benalouane, ni Chelle ne se montrent convaincants dans cet exercice. Finalement, c’est le RC Lens qui prend le dessus grâce à un pressing plus appuyé de son milieu de terrain qui bloque les solutions de relance courte et fait reculer le bloc stéphanois. Conséquence directe, les défenseurs lensois peuvent relancer plus proprement et passent par les couloirs pour porter le danger sur les cages de Janot. Le portier de l’ASSE est d’ailleurs l’auteur de trois parades exceptionnelles au cours du premier quart d’heure.
Pour vous donner une bonne idée de l’emprise lensoise sur les débats, Ilan, annoncé à droite sur la compo de Canal ( :blague: ) est obligé de remonter les ballons lui-même de son propre camp. Et pour cause, les deux relayeurs, Gelson et Landrin doivent colmater les brêches dans la première ligne stéphanoise. Résultat, lorsque les Verts parviennent à sortir de leur moitié de terrain, Payet et Bergessio se retrouvent à deux contre sept dans les trente derniers mètres lensois. Seules exceptions : lorsque les milieux stéphanois réussissent à récupérer le ballon autour de la ligne médiane… Mais avec un bloc aussi bas, cela tient de l’exceptionnel. Il faut attendre la 38ème minute pour voir le premier tir des Verts, une tentative lointaine de Gelson, déviée par Runje. Cela a d’ailleurs le don de réveiller le milieu suisse qui termine la mi-temps beaucoup plus haut qu’il ne l’a débuté.
Effet domino, Ilan se rapproche de Bergessio et l’on sent clairement que le système de l’ASSE est en progrès, défensivement en tout cas. L’effort de pressing est enfin fait par les attaquants pour gêner les premiers relanceurs lensois (Demont en tête) et lorsque l’arbitre siffle la fin de la première période, les débats se sont clairement rééquilibrés. La deuxième période se résume à une bataille stérile entre les deux milieux de terrain, uniquement marquée par les fulgurances des dribbleurs des deux équipes (Payet puis Sako d’un côté, Boukari de l’autre). Côté stéphanois, l’utilisation très limitée des couloirs cantonne les attaques dans l’axe où Ilan, Bergessio et les autres sont condamnés à la perfection dans leurs mouvements pour trouver la faille (face à six Lensois en même temps…). Malgré un bloc-équipe plus fort, les Verts restent totalement inoffensifs, sauf sur une occasion énorme de Varrault consécutive à un coup de pied arrêté. Dans le jeu ? Nada.
Les Lensois ne peuvent de toute façon pas forcément dire mieux. Sans doute effrayés par l’idée d’un hold-up des Verts, leurs dernières minutes laissent clairement penser qu’ils préfèrent ne pas perdre plutôt que d’aller chercher la victoire. D’un côté comme de l’autre, les attaques se font en sous-nombre pour ne laisser aucune faille dans son bloc en cas de perte de balle. On envoie des longues balles, on compte sur ses athlètes, parfois techniciens pour faire la différence et on met la pression sur et juste après les coups de pieds arrêtés. C’est sur l’un d’entre eux que les Lensois font la différence en fin de partie : long ballon d’Aurier (très intéressant pour son jeune âge) dans la surface, ça cafouille un peu, Maoulida récupère, Matuidi le touche, M.Fautrel interprête l’action comme une faute. Penalty pour Lens, panenka d’Eduardo et victoire du RCL qui prend 10 points d’avance sur son adversaire du soir. De quoi passer des fêtes tranquilles.
Les deux systèmes en quelques phrases :
- Lens évoluait dans un 4-2-3-1 très rigide. Seul Roudet semblait pouvoir dépasser sa fonction d’attaquant de soutien en s’autorisant quelques apports sur le flanc gauche. Ni Sow ni Kovacevic n’ont clairement apporté leurs soutiens aux attaques lensoises qui comptait surtout sur les centres côté gauche et sur les provocations de Boukari à droite pour porter le danger dans la surface stéphanoise.
- Saint-Etienne n’a été en 4-3-3 que sur la feuille de match. Ilan a évolué en soutien de Bergessio et Payet (puis Sako) a animé le couloir gauche. A droite, malgré le travail de Landrin, seul Varrault s’est montré offensif. Dans l’axe, Gelson a mis une demi-heure pour jouer les porteurs d’eau. On peut regretter le replacement forcé de Dabo à gauche, lui que l’on a connu très intéressant sur son côté droit.

