C’est désormais acté : l’Olympique Lyonnais va passer une trêve agitée. Pour leur dernier rendez-vous de l’année 2009, les Lyonnais se sont faits surprendre à Gerland par l’excellent promu montpelliérain qui a su frapper juste après l’égalisation de l’ex-champion de France. Avec une seule victoire en deux mois de championnat, l’OL perd du terrain est désormais à trois points du podium à cause d’une dynamique à des années-lumières de celles de Bordeaux et de Lille. Retour sur ce match qui clôture une année 2009 très difficile pour la bande de Jean-Michel Aulas.
Au coup d’envoi, les choses s’annoncent pourtant bien pour des Lyonnais qui récupèrent enfin Jérémy Toulalan dans leur onze de départ. L’international français prend place devant sa défense aux côtés de Kim Kallström. Devant eux, une ligne de trois milieux offensifs (de gauche à droite, Bastos, Delgado et Govou) est chargé de soutenir Lisandro, à nouveau seul en pointe. Dans l’autre camp, René Girard conserve son schéma habituel et a le bonheur de pouvoir aligner son équipe-type. Durant la première demi-heure, celle-ci s’attache à ne laisser aucun espace dans sa moitié de terrain pour obliger l’OL à allonger vers un Lisandro déjà très seul devant. Toulalan et Kallström reste sagement devant leur défense et l’OL n’approche des buts de Jourdren que grâce à une utilisation des côtés plutôt intéressante qui met à contribution ses latéraux.
En effet, lorsque Cris, Boumsong ou Toulalan tiennent le ballon dans leur moitié de terrain, Cissokho et Reveillère partent le long de la ligne de touche pour solliciter des remises en appui de leurs milieux de terrain ou de Delgado et Lisandro lorsque ceux-ci s’excentrent. Pour couvrir ces montées, Cris et Boumsong s’écartent et Toulalan et Kallström viennent s’intercaler dans l’axe entre les deux défenseurs centraux. Si ce choix de passer par les ailes n’entraînent pas d’énormes frayeurs pour la défense montpelliéraine, elle a au moins le don de fixer très bas Aït-Fana et Camara ce qui esseule Montano entre les quatre défensifs lyonnais. Malgré quelques fulgurances en début de partie, le Colombien est ensuite mis sous contrôle par la défense centrale lyonnaise. Après quelques minutes de missiles envoyés d’une défense à l’autre, l’OL monte en puissance grâce à la maîtrise grandissante de Delgado dans l’axe.
Malheureusement pour Puel et son équipe, personne n’a le coup de rein nécessaire pour conclure avant la mi-temps… et Montpellier va revenir des vestiaires avec d’autres intentions. Attentistes pendant les 45 premières minutes, les milieux héraultais décident en effet d’exercer un pressing plus intense en allant chercher les Lyonnais jusque dans leurs 40 mètres. Libres de monter en première période, Cissokho et Reveillère doivent maintenant reculer sous la pression de Camara et d’Aït-Fana. Au milieu, c’est au tour de Costa et Marveaux d’obliger Toulalan et Kallström à jouer vers l’arrière ou dans la latéralité. Lyon n’a tout simplement plus de réponse et se fait prendre par cette agressivité nouvelle des Héraultais : Aït-Fana gagne un ballon côté gauche et sert Montano avec la complicité involontaire de Toulalan. Le Colombien fixe Boumsong qui lui laisse assez d’espaces pour ajuster Lloris de l’entrée de la surface. 0-1.
Et là, le pire arrive pour les Lyonnais : ils n’affichent aucune réaction. Le seul à répondre à l’ouverture du score s’appelle Claude Puel : Pjanic et Gomis remplacent Kallström et Govou mais le système de jeu, qui faillit depuis la reprise ne change pas. Delgado laisse sa place en soutien de Lisandro à …Gomis tandis que Pjanic s’aligne aux côtés de Toulalan. Pas besoin de préciser que ce premier coaching ne change rien à l’affaire lyonnaise. Les latéraux sont toujours bien bloqués et Montpellier reste dominateur dans l’axe au milieu de terrain. L’entrée de Tafer à un quart d’heure de la fin donne un petit coup de fouet bienvenu à des Lyonnais qui décident enfin de pousser pour revenir au score. Cris monte, Tafer, Lisandro et Gomis se partagent les tâches devant et Montpellier doit s’accrocher pour tenir le score. Les Héraultais craquent finalement sur une tête de Gomis consécutive à un coup de pied arrêté. 1-1. Il reste cinq minutes à jouer.
Loin de s’effondrer, Montpellier remet le ballon en jeu et se lance dans une phase de conservation du ballon de plusieurs dizaines de secondes. Histoire sans doute de faire retomber les risques d’euphories lyonnaises entraînant un second but dans la foulée. Cette phase s’achève par une faute sur l’aile gauche, à une quarantaine de mètres des buts de Lloris. Tino Costa le frappe et Marveaux prend le dessus sur une défense lyonnaise totalement apathique (qui rappelle sa voisine stéphanoise sur cette action) pour propulser le ballon dans les filets du numéro un de l’équipe de France. Plus que de casser le rythme, les Montpelliérains ont renversé la dynamique et inscrit le but de la victoire. La marque d’une grosse équipe. L’OL ne bougera plus. Montpellier passera les fêtes de fin d’année sur le podium de la Ligue 1, pas mal pour un promu.
Les deux systèmes en quelques phrases :
- Malgré le retour de Toulalan, l’OL est resté en 4-2-3-1. Les deux demi-défensifs n’avaient, semble t-il, pas le droit de prendre de risques en phase offensive, se contentant de proposer des solutions en retrait et de gêner les relances des relayeurs héraultais. C’est donc par les couloirs que les Lyonnais ont remonté le terrain, Cissokho et Reveillère travaillant le long de la ligne de touche, Govou et Bastos étant plus axiaux sans doute pour se rapprocher de Lisandro et de Delgado.
- Côté Montpelliérain, le 4-3-3 de Girard a encore très bien fonctionné. A l’aise lorsque l’adversaire a le ballon, les Héraultais s’appuient sur une grosse densité dans l’axe du terrain pour ensuite alerter leurs flèches sur les ailes le plus rapidement possible. Comme toutes les équipes qui maîtrisent la contre-attaque, plus ils récupèrent le ballon haut, plus le danger est grand pour l’adversaire. Les Lyonnais en ont fait les frais sur l’ouverture du score de Montano en deuxième période.
Je termine ce billet par une petite promo. Ballon d’Or, Ballon de Plomb, Ballon de Oro, le blog Befoot va décerner samedi un nouveau ballon : le Ballon de Plâtre qui viendra récompenser le joueur blessé ayant fait le plus de buzz pendant la saison. Coupet, Savidan, le duo Clerc/Reveillère, Ribéry ou Loïc Perrin et ses partenaires de l’infirmerie stéphanoise, qui succèdera à Patrick Vieira, lauréat la saison dernière ? C’est à vous de choisir en allant à cette adresse. Vous avez jusqu’à vendredi 20h pour faire votre choix !




[...] ; Monaco-Lyon ; Barcelone-Estudiantes ; Bordeaux-Lorient ; Lens-Saint Etienne ; Lyon-Montpellier et [...]Reply – Quote