Le cadeau de Sakho

Lyon-PSG ou la rencontre de deux équipes qui veulent se relancer en cette nouvelle année. Pendant une bonne heure, les Parisiens, bien aidés par le retour étincelant de Guillaume Hoarau ont réussi à faire leur loi sur la pelouse de Gerland… Jusqu’à l’erreur d’inattention et l’expulsion de Mamadou Sakho à l’heure de jeu. La suite ? Des Lyonnais qui poussent et qui finalement reviennent au score et l’emporte, mais sans briller. Le genre de succès qui fait du bien au milieu d’une situation compliquée.

Eliminés des deux coupes nationales la semaine dernière, les Lyonnais débutent la rencontre avec l’envie de marcher sur leurs adversaires. Pressing haut, milieu très agressif, l’OL asphyxie littéralement le PSG au cours des dix premières minutes mais n’inquiète Edel que sur un coup-franc de Pjanic. Les joueurs de la capitale s’en remettent alors à leur revenant, Guillaume Hoarau, dont l’association avec Mevlut Erding a fait les papiers des médias sur les dernières 24 heures. Les deux profils, très différents, se partagent les tâches : Erding pèse sur la charnière Cris-Boumsong et Hoarau décroche pour s’intercaler entre la défense lyonnaise et Jérémy Toulalan. De cette façon, le Réunionnais offre un point d’appui de luxe à ses partenaires, toujours disponible car jamais suivi : Cris et Boumsong restent sur la même ligne tandis que les milieux lyonnais continuent leur pressing dans le camp adverse.

Avec la solution Hoarau intercalée, les milieux parisiens peuvent déjouer sans souci ce pressing lyonnais dans leur propre camp. Et la suite suit : la ligne médiane passée, Giuly et Sessegnon s’infiltrent eux aussi entre les lignes et les situations de quatre contre quatre (la défense lyonnaise) se multiplient autour des buts de Vercoutre. L’ouverture du score de Erding sur corner fait office de punition pour une défense lyonnaise complètement apathique. Alors que les milieux pressent à tout va, le quatuor ne suit pas et fait preuve d’un attentisme coupable sur chaque attaque adverse. Même à deux contre quatre, les joueurs de la capitale arrivent à finir l’action sur une frappe. Interrogé à une dizaine de minute de la mi-temps, Claude Puel a lui aussi ciblé les maux de son équipe : « On recule trop derrière, il faut que les défenseurs collent plus vite au milieu de terrain. »

A la reprise, les consignes ont visiblement été enregistrés par les Lyonnais. En phase de repli, les milieux de terrain ont abandonné leur pressing et c’est tout un bloc qui se replace sagement dans ses 40 mètres pour limiter les espaces laissés aux Parisiens. Immédiatement, ces derniers se retrouvent en difficulté pour se créer des occasions. Mais offensivement, les Lyonnais se retrouvent en grande difficulté. Et pour cause, le danger porté sur les buts d’Edel en tout début de match était la conséquence des récupérations de balle haute par les milieux de terrain. Ces derniers n’exerçant plus le même pressing, la ligne de récupération recule forcément et le terrain à remonter par l’OL laisse du temps aux Parisiens pour se replacer tranquillement. Par ailleurs, l’incapacité chronique des attaquants lyonnais à faire la différence en un-contre-un (Gomis, Govou, Lisandro, Pjanic) les condamne à arroser de loin pour le plus grand plaisir d’Edel et de sa défense bien regroupée.

Alors que l’on se dirige tranquillement vers une victoire parisienne sur le plus petit des scores, Gomis, horrible jusque-là, échappe à la vigilance de Sakho pour filer au but. Le défenseur parisien le reprend irrégulièrement à l’entrée de la surface. M. Kalt l’expulse. Comme lors de Bordeaux-Marseille, le match bascule à l’heure de jeu sur une expulsion. Immédiatement, les Lyonnais prennent l’ascendant, notamment par des ailes où ils avaient été jusque-là très bien enfermés par leurs adversaires. Nouvelle donne, nouveaux joueurs : Kombouaré fait sortir Giuly puis Erding pour Jallet et Sankharé ; côté Lyonnais, Delgado remplace un Pjanic fantomatique. L’Argentin se met immédiatement en valeur en mettant Edel à contribution sur une frappe lointaine. Quelques minutes plus tard, il s’engouffre côté gauche et obtient le corner qui aboutit sur l’égalisation de Gomis après une première tête de Lovren.

La suite n’est que logique. Lyon pousse, maladroitement, mais Paris fait de plus en plus de fautes dans des zones dangereuses. Sur un énième coup-franc excentré sur l’aile gauche, frappé par Bastos, Lisandro se défait du marquage pour dévier le ballon qui est ensuite repris par Cris qui lobe Edel de la tête. 2-1, aux forceps, l’OL a réussi à renverser la tendance grâce à sa supériorité numérique sur la dernière demi-heure. Ne leur reste alors plus qu’à verrouiller le match, chose qui ne sera pas si facile puisque Jallet a l’occasion de se présenter seul face à Vercoutre mais manque de lucidité au moment de terminer. L’OL s’impose donc dans la douleur mais n’a en rien réglé ses problèmes récurrents dans l’animation, Pjanic est invisible pour remonter les ballons et Gomis a été très mauvais en point d’appui. Côté parisien, on retiendra la prestation de Guillaume Hoarau en position décrochée qui promet certainement des jours meilleurs pour le PSG.

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