L’OM est en retard

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« Une grande équipe ne perd jamais deux fois d’affilée. » Cette phrase de Gérard Houiller, Didier Deschamps risque de l’entendre pendant les quinze jours de trêve qui arrivent. En concédant sa troisième défaite en une semaine face à une équipe monégasque qui a de beaux atouts pour prendre des points au gros du championnat, les Marseillais laissent fortement penser que le titre se jouera entre Lyon et Bordeaux. Les plus pessimistes diront même que l’OM a rejoint son adversaire du soir parmi les simples candidats à l’Europe. De toute façon, tant que Deschamps n’aura pas arrêté une équipe-type, ces derniers auront de quoi alimenter leur thèse.

Face à Monaco, le champion du monde 98 a décidé de relancer le 4-3-3 qu’il voulait instaurer en tout début de saison. C’était d’ailleurs la première fois que je voyais Lucho et Ben Arfa titulaires tous les deux. A l’inverse de Laurent Blanc, Deschamps avait décidé de faire confiance à ses cadres malgré la Ligue des Champions en milieu de semaine. Résultat, la première période a été un festival d’approximations techniques, de duels perdus et d’organismes très vite touchés côté marseillais. Pour ceux qui n’ont pas vu le match, il suffit d’imaginer Taïwo rester au sol après un choc avec Alonso pour se faire une idée précise.

Résultat, avec six défensifs qui ne rechignent pas à aller au contact côté monégasque, la première période a été à sens unique. Malgré une possession de balle en leur faveur, les Marseillais ont été incapables de bouger leurs adversaires. Très bien en place, ces derniers possèdent en plus trois superbes contre-attaquants, Nene, Alonso et Park, qui se sont entendus à merveille. Seul en pointe lorsque ses coéquipiers devaient défendre, le Coréen a d’ailleurs fait un superbe match dans ce registre : toujours bien placé, ses appels ont été d’une grande intelligence, que ce soit pour soulager sa défense en conservant le ballon ou pour finir le travail comme sur le second but de l’ASM.

Côté Marseillais, l’équipe ne tient que sur les fulgurances de ses individualités. Lucho avec Ben Arfa, Niang trop altruiste dans la surface, le collectif ne produit rien ou presque. Et pour cause, il est littéralement coupé en deux. Les cinq défensifs sont derrière la ligne médiane ; la zone du rond central est peuplée de maillots rouges ; les autres marseillais sont cachés au milieu des six défenseurs monégasques repliés dans leur moitié de terrain. De temps en temps, Lucho, Cheyrou, Ben Arfa ou Morientes se décident bien à décrocher pour faire circuler le ballon mais ils font ces déplacements chacun leur tour, n’offrant qu’une seule solution courte à la fois ce qui facilite forcément la tâche pour la défense adverse.

Au retour des vestiaires, Deschamps décide une fois de plus de changer de système. Heinze sorti, Deschamps fait reculer sa sentinelle M’Bia en défense centrale et aligne le duo Cheyrou-Lucho juste devant. Sur les côtés, Valbuena et Ben Arfa prennent à leur charge l’animation de l’équipe tandis que devant, Morientes est épaulé par Niang. Au moment où j’ai vu ce 4-4-2 à plat, j’ai tout de suite repensé à mon article de jeudi soir sur les stoppeurs de l’OM (pour le lire, cliquez ici) que j’ai terminé en imaginant exactement ce système, semblable à celui de Manchester United. Embouteillé dans l’axe en première période, le jeu marseillais respire enfin et arrive même à étouffer des adversaires qui vont bientôt se mettre tout seul en danger.

En effet, très rapidement, les joueurs de Guy Lacombe ne cherchent presque plus à attaquer les buts de Mandanda. Facilement trouvé en première période, Park a de plus en plus de mal à tenir le ballon dans le camp marseillais. C’est bien simple, il n’y a qu’en essayant de casser le rythme que les joueurs de l’ASM s’accordent quelques moments de répit. Dans le jeu, Marseille a pris le dessus. Les dribbles de Ben Arfa et Valbuena permettent aux Phocéens de multiplier les décalages sur les côtés mais malheureusement pour eux, c’est à chaque fois une tête monégasque, celle de Puygrenier en tête, qui renvoie le ballon. Et lorsque ce n’est pas l’ancien Nancéen, Ruffier se prend pour Buffon en sortant un arrêt copié-collé sur celui de l’Italien face à Zidane en 2006.

La superbe passe de Ben Arfa amenant la réduction du score de Niang arrivera malheureusement trop tard pour les supporters marseillais. Trois défaites en une semaine, les trois premières de la saison et des interrogations qui se multiplient sur une équipe qui devrait monter en puissance et pas régresser visiblement comme elle le fait actuellement. Changements de système à répétition, joueurs hors de forme, blessures, après un début de saison intéressant sur le plan de la solidité, Deschamps a quinze jours pour revoir une nouvelle fois ses plans. Et demander du temps aussi. Mais à Marseille, il n’y en a pas. Et de toute façon, Lyon et Bordeaux n’attendront pas.

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