Bordeaux s’en sort indemne

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Qui, au mois d’août, aurait pu penser que le choc du dix-septième match de la saison opposerait les Girondins de Bordeaux au Montpellier Hérault ? Personne. Qui, après leur prestation sereine à Lyon dimanche soir, aurait pu imaginer voir les Bordelais sérieusement inquiéter par l’équipe de René Girard. Peut-être pas grand monde, excepté les plus proches du club héraultais. Et pourtant, le champion de France a eu toutes les peines du monde à se défaire de son surprenant dauphin. e-foot.eu revient en détail sur la rencontre.

Au 4-3-3 habituel de René Girard, Laurent Blanc envoie le onze qui a terminé la rencontre face à l’OL dimanche soir. Comprendre les titularisations de Jussiê et Gouffran aux postes occupés par Wendel et Plasil au coup d’envoi du dernier Lyon-Bordeaux. Pour le reste, c’est du grand classique : Sané supplée Ciani en défense centrale et les Girondins s’appuient toujours sur leur colonne vertébrale Planus-Diarra-Fernando-Gourcuff-Chamakh. Côté Montpelliérain, on note l’absence d’Aït-Fana, excellent face au Mans au début du mois. Girard lui préfère Belhanda pour occuper l’aile gauche de son attaque. Il est épaulé par Montano dans l’axe et Camara à droite. Derrière, Costa et Marveaux encadrent Pitau seul devant la défense.

Et c’est ce trio montpelliérain qui va poser énormément de problème aux Girondins en première période. Tous regroupés dans leur moitié de terrain, excepté Montano qui se charge de gêner les relances de Planus ou Sané, les milieux héraultais suivent les décrochages et autres mouvements des quatre « offensifs » girondins (Jussiê, Gouffran, Gourcuff et Fernando) en ayant pour but de les empêcher de se retourner pour se mettre dans le sens du jeu. Le manque de mouvement et les approximations techniques aidant, Bordeaux ne trouve pas de solutions autre que des longs ballons en direction de Chamakh pour s’approcher de la surface de Jourdren sans se mettre en déséquilibre. Et comme le Marocain n’est pas dans un bon jour…

Résultat, pour tenter de remonter le ballon convenablement, le milieu bordelais a besoin de soutien, en l’occurrence celui des latéraux, Chalmé et Trémoulinas. Ces derniers s’éxécutent mais butent eux aussi sur la première ligne de défense montpelliéraine. Et si tant est qu’ils trouvent un espace, celui-ci est rapidement refermé par les latéraux adverses, Jeunechamp et Yamgambiwa, tout deux très agressifs. En bon « petit Marseille », Montpellier profite des espaces laissés par les montées des latéraux pour mettre en danger le bloc girondin. C’est ainsi que Belhanda, Camara mais aussi Montano en fin de rencontre profite de quelques intervalles pour aller se frotter à la charnière centrale bordelaise. Mais, comme à Lyon, Planus et Sané restent imprenables.

A la mi-temps, on a donc un exemple de plus que la possession de balle est loin d’être un indice de domination. Bordeaux est à 57% mais ne s’est crée aucune situation de but (le penalty n’étant plus catalogué comme une occasion pour les Girondins depuis le début de saison) et peut remercier la solidité de sa défense centrale qui s’est sorti de plusieurs situations compliqués au premier abord. On relèvera notamment l’excellent déplacement de Marc Planus (qui joue à un très haut niveau en ce moment) sur une action côté gauche de Belhanda. Heureusement pour les Girondins, ils entament la deuxième mi-temps avec d’autres intentions, notamment au milieu de terrain.

Cantonnés sur les ailes en première période, Jussiê et Gouffran évoluent plus dans l’axe et surtout plus près du duo Chamakh-Gourcuff. A la relance, Fernando prend du volume et trouve enfin des solutions pour jouer court vers l’avant tout comme Planus un cran plus bas. Servi dos au but, les ailiers combinent avec leurs latéraux. Face au jeu, Jussiê se régale et fait très mal au bloc héraultais. Bordeaux réussit à faire reculer son adversaire et peut enfin faire tourner le ballon dans le camp adverse. Malgré une chaude alerte sur un contre terminé par Costa qui bute sur Carrasso, les champions de France trouve la faille sur une accélération de Jussiê face à Yamgambiwa après une circulation de balle au sol de la droite vers la gauche devant la surface de Jourdren.

Le score ouvert en leur faveur, les Girondins se regroupent en défense un peu à la manière de leur déplacement à Munich il y a quelques semaines : les deux lignes de quatre forment un bloc le plus compact possible et comptent sur le talent du duo Gourcuff/Chamakh pour tenir le ballon en attendant le soutien des ailiers. A défaut d’un second but, les Girondins contrôlent sans trop de problème la dernière demi-heure, bien aidés par les accélérations de Jussiê pour repousser les Montpelliérains jusque dans leur moitié de terrain. Girard a beau ajouter un offensif et mettre Montano face à Trémoulinas, Carrasso et sa défense ne sont pas inquiétés jusqu’au coup de sifflet final. Dans la difficulté, Bordeaux repousse Montpellier à sept points et garde ses distances avec l’OM.

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