Avant que le rencontre ridiculement appelée Clasico ne soit annulé, les différents magazines consacrés au football se sont attelés à présenter cet OM-Paris SG sous plusieurs facettes. Dans son édition de vendredi dernier, France Football a fait sa Une sur les « meneurs de jeu » des deux équipes, Lucho Gonzales et Stéphane Sessegnon, avec en sous-titre : « Attendus au tournant, le choc entre Marseille et le Paris SG, dimanche, sera aussi celui des deux meneurs de jeu qui ont beaucoup à prouver. » A défaut de les juger sur leurs perfs de dimanche, e-foot en profite pour se pencher sur leurs cas.

Sur Lucho Gonzales, ce que j’ai évoqué dans mon article du 16 septembre dernier est toujours d’actualité (le lire, cliquer ici). Le néo-Marseillais a été recruté pour jouer milieu relayeur droit au sein d’un 4-3-3 et il ne doit pas être aligné ailleurs. Surtout pas, vu sa condition physique actuelle, au poste de numéro 10 où les espaces sont plus réduits obligeant des efforts à chaque prise de balle pour se mettre dans le sens du jeu. Histoire de me la péter un peu, le gars Jesualdo Ferreira, son ex-entraîneur à Porto tient sensiblement le même discours : « Moi, je ne le faisais pas jouer numéro 10. Il évoluait à droite, dans un poste de relayeur. D’après moi, c’est sa meilleure position. Elle lui permet d’être plus bas sur le terrain, et de trouver des espaces, des angles de passe. En 10, dos au but avec deux défenseurs, c’est plus dur. » Didier, si tu nous lis…
L’ancien adjoint de Toni à Bordeaux, qui a connu Zidane enchaîne : « Si les supporters marseillais s’attendent à ce qu’il prenne le ballon, dribble trois joueurs et fasse la fête, ce n’est pas bon. Lucho, c’est un joueur d’équipe, c’est plus Zidane que Ben Arfa. » C’est bizarre mais cette description du dribbleur colle parfaitement à notre autre sujet du soir, Stéphane Sessegnon. Débarqué du Mans en juin 2008, le Béninois s’est rapidement imposé comme l’un des leaders techniques du Paris Saint-Germain grâce à sa capacité à effacer ses adversaires directs, que ce soit grâce à son explosivité ou à sa qualité de dribble. L’importance qu’il a prise au sein du groupe parisien a induit en erreur beaucoup de personnes qui le considèrent aujourd’hui comme le meneur de jeu du collectif d’Antoine Kombouaré. Et pourtant, à l’inverse de Lucho, la vision du jeu n’a jamais été l’un de ses points forts.
Au Mans, Sessegnon évoluait à ce qui ressemble aujourd’hui comme son poste de prédilection : relayeur au sein d’un 4-3-3 avec, à ses côtés, un joueur faisant office de plaque tournante (Coutadeur à l’époque si ma mémoire ne flanche pas). A Paris, Paul le Guen et Antoine Kombouaré l’ont utilisé et l’utilisent aujourd’hui en tant que milieu offensif excentré d’un 4-4-2 à plat. Si son actuel entraîneur sait très bien que son joueur préfère évoluer dans l’axe, il défend son choix en invoquant « un « équilibre d’équipe ». Pour l’équilibre défensif soit. Mais, on a pu le remarquer face à Toulouse (l’analyse, cliquer ici), Sessegnon passe la plupart de son temps à toucher des ballons dans l’axe et laisse au seul Armand, loin d’être un roi du débordement, le soin d’animer au moins la construction des attaques sur l’aile gauche. Pour le coup, les Parisiens attaquent de manière déséquilibré. Si leur côté droit était surpuissant, ça passerait sans doute, mais là…
Comme tous les dribbleurs, la place de Sessegnon est donc dans l’axe. Que ce soit comme au Mans : dans une position assez basse, il peut partir d’assez loin pour prendre de la vitesse et perforer la défense adverse. Pour vous donner un référent, le meilleur joueur au monde dans ce registre se nomme Andrès Iniesta, mon Ballon d’Or au passage même si tout le monde s’en fout. Savoir se défaire rapidement du pressing du premier rideau adverse pour arriver lancé sur le deuxième, voilà le projet du relayeur-dribbleur que pourrait être Sessegnon au Paris Saint-Germain. Mais il y a un autre poste qui pourrait lui convenir, où il a évolué par intermittence face à Toulouse : à la pointe d’un milieu en losange. Coincés entre les deux lignes de défense, sa qualité de dribble pourrait faire la différence, si toutefois il est à son meilleur niveau. De ces deux solutions, aucune en revanche n’est applicable sans un changement du système parisien. Que faire : mettre son talent le plus affiché dans les meilleures conditions, ou l’en priver pour « l’équilibre de l’équipe », c’est un débat qui va plus loin que le cas Sessegnon et que je vous propose d’ouvrir sur les commentaires. A vous !
Vous aimez l’article ? Soutenez-le en votant pour lui sur Wikio (cliquez ici) ! Vous aimez le blog ? Devenez fan sur Facebook (cliquez ici), suivez-le sur Twitter (cliquez ici) ou abonnez-vous au flux RSS (cliquez ici) ! A la prochaine sur e-foot.eu !

Bon article ! :)
Bon c’est vrai que les deux joueurs ne sont pas utilisés a leur poste de « predilection »
et que Lucho Gonzalez (pas un s mais un z je crois bien x) ) a eu une preparation tronqué a cause de sa fracture de la clavicule.
Mais bon, Sessegnon est fautif sur un certain nombre de buts du PSG vu qu’il laisse le côté gauche seul a Armand ! ^^’
Et Lucho j’espere sincérement qu’il sera a sa place et qu’il pourra montrer l’etendue de son talent !:D
Bon article , entièrement d’accord sur le rôle de Lucho qui a une telle vision du jeu qu’il serait bête de l’utiliser ailleurs que dans un poste de relayeur avec a ses cotés un cheyrou et un M’bia pour l’abattage défensif !
On s’enthousiasme sur la qualité technique d’un Sessegnon mais c’est vrai qu’il n’a pas la vista d’un grand 10 et pâtit encore pour moi d’une trop grande irrégularité , quant a son travail défensif il est quasi nul …