Deschamps tient sa défense

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L’un tragique, l’autre réaliste ; il n’est pas très compliqué de trouver deux adjectifs pour qualifier les deux ennemis médiatiques du championnat, le Paris Saint-Germain et l’Olympique de Marseille. Au Parc des Princes hier soir, les Marseillais ont donné une leçon de réalisme à leurs adversaires qui, après s’être accrochés en première période, ont complètement explosé à la reprise. L’OM reste dans la roue de Lyon tandis que le PSG s’enfonce toujours plus dans l’anonymat du championnat.

Au coup d’envoi, Didier Deschamps a la chance de pouvoir compter sur son onze de départ de ses dernières semaines. Sans Brandao, l’entraîneur de l’OM poursuit dans ses choix et aligne Niang en pointe, soutenu par Valbuena et Ben Arfa et reconduit le duo M’Bia/Diawara en défense centrale au grand dam certainement de l’international camerounais. Attendu par le public parisien, Heinze chipe une nouvelle fois la place de Taïwo à gauche de la défense. Côté PSG, les absences de Sakho et Sessegnon poussent Kombouaré à l’innovation. Si Traoré remplace poste pour poste l’international espoir, la surprise vient de la titularisation de Giuly sur le côté gauche du milieu parisien, Jallet étant son pendant sur l’autre aile. Devant, le duo Hoarau/Erding, déjà aperçu sur ce blog lors du dernier Lyon-PSG, est de la partie.

Et comme face à l’OL, les Parisiens vont très bien rentrer dans la partie. Au bout de trente secondes, M’Bia fait sa première faute du match sous la pression de Erding après que Jallet n’ait pas lâché d’une semelle l’ennemi du soir du Parc, Gabriel Heinze. Durant les cinq premières minutes, Jallet, Ceara et Erding insistent sur le côté de l’Argentin mais tous les débordements sont couverts par les axiaux marseillais. Dans l’axe, Makelele, Clément mais aussi Ceara ou Armand, qui ne lâchent pas d’une semelle leurs ailiers (Ben Arfa et Valbuena) lorsque ceux-ci décrochent, ratissent tous les ballons que tentent de remonter les Phocéens. Ces derniers essaient alors d’aller chercher directement Mamadou Niang pour tenir le ballon haut avant de le remettre à ses soutiens mais le Sénégalais a pour le moment le dessous sur l’axe Camara-Traoré.

Treizième minute : complètement pris dans l’axe par le pressing parisien, l’OM en appelle à ses latéraux pour franchir la ligne médiane. Après Heinze à gauche, Bonnart est alerté et accroché par son adversaire. Sur le coup-franc, Ben Arfa profite d’un ballon dévié et de l’apathie de la défense parisien pour enchaîner contrôle et frappe dans le petit filet de Edel. On ne le sait pas encore mais le match vient de se terminer. Pourtant, Paris ne lâche pas : dès la reprise du jeu, Hoarau retrouve la position décrochée qui l’a fait briller à Lyon et tente d’alerter tour à tour Erding et Giuly dans la profondeur. L’ancien Monégasque gagne lui aussi en activité : ses rentrées balle au pied vers l’intérieur du terrain libèrent plusieurs positions de centre pour Armand mais personne n’est là pour terminer le travail. Plus que par le réalisme marseillais, la différence entre les deux équipes se traduit par leur comportement en phase défensive : M’Bia, Diawara et le reste du bloc marseillais est sûr de son fait dans ses 30 mètres alors que la défense parisienne semble proche de la rupture sur chaque offensive marseillaise.

Et la mi-temps va accélérer les choses en faveur des Marseillais. Dominé au milieu de terrain jusque-là, Deschamps décide de faire sortir Valbuena au profit d’Abriel. La différence se fait immédiatement ressentir : l’OM a gagné en maîtrise du ballon ce qu’il a perdu en (potentielle) percussion. Abriel, Ben Arfa, Cheyrou, Lucho, Niang voire même Cissé enchaînent plusieurs phases de conservation du ballon au milieu de terrain qui semblent tuer les dernières ardeurs parisiennes. En travaillant sur la largeur, ils parviennent à créer des décalages pour les latéraux dont un terminé par un centre de Heinze, une faute de main de Edel et une reprise d’un Lucho opportuniste pour le 2-0. On joue la 53ème minute et le téléspectateur peut déjà changer de chaîne, y’a les Experts quand même. Trois minutes plus tard, Sammy Traoré est le premier Parisien à sortir sous les sifflets du Parc au profit de Sankharé. Les dix autres ne jouent plus comme en première période : fini les combinaisons sur les ailes, désormais on balance sur Hoarau et Erding et on voit. M’Bia, Diawara et Cissé ont vu.

La dernière demi-heure sera du domaine de l’anecdotique. Ceara finira la rencontre au poste de latéral gauche ; Hoarau multipliera les fautes techniques et les sprints légers pour le plus grand bonheur de Diawara et M’Bia ; Erding servira lui de sparring-partner à un Mandanda qui se retrouve. Côté Marseillais, le +1 de Ben Arfa en sélection (merci Mark the Ugly) ira de son petit but histoire de compléter le tableau. Des « Merci Paris » résonnent dans le Parc, certains essaient de s’introduire dans le terrain. L’OM et tous ses supporters rient. Leurs homologues parisiens pleurent, même à l’antenne de RMC il m’a semblé. Alors que tirer de ce match ? Pour Kombouaré, difficile à dire… et presque inutile. Pour Deschamps, cette rencontre a confirmé qu’il s’était trouvé une arrière-garde : M’Bia/Diawara en défense, Cissé en sentinelle, c’est une affaire qui fonctionne et qui a permis aux Marseillais de tenir pendant une première période où son milieu de terrain était aux abonnés absents. De quoi envoyer un message conséquent à ses adversaires : dans un soir médiocre, l’OM peut enfin s’appuyer sur une certaine stabilité défensive. Lyon et Lille (en attendant d’autres ?) sont prévenus.

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