Lille et Rennes, équipes jumelles..ou presque

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Dimanche soir, en clôture de la 25ème journée, Lille et Rennes s’affrontaient dans un match qui coûterait forcément cher pour l’une des deux équipes dans la course à l’Europe. Grâce à un but d’Aubameyang en toute fin de partie, les Lillois l’ont emporté et conservent leur avance sur Marseille et Lyon tout en augmentant l’écart avec leur adversaire du soir, désormais relégué à huit points de la première place européenne. Plus qu’une analyse de la rencontre, e-foot décide de faire un parallèle du jeu des deux équipes, si dure à jouer pour les plus gros mais souvent en difficulté face aux équipes moins réputées…

4-2 face à Bordeaux ou 4-3 face à Lyon pour les derniers exemples, un match face à Rennes ou Lille n’est jamais une promenade pour les trois grosses équipes de notre championnat (Bordeaux, Lyon, Marseille pour ceux qui débarquent). Dans un autre style, Auxerre, Monaco et Toulouse sont aussi adeptes des match-piège mais c’est un autre style donc nous n’allons pas en parler. En effet, là où les trois derniers ont l’habitude d’attendre, d’aspirer leur dominant adversaire pour mieux le contrer, Rennes et Lille sont particulièrement efficaces lorsque le ballon est récupéré assez haut sur le terrain. Ces deux équipes ont en effet la faculté d’exercer un pressing assez important pour enfermer leur adversaire dans l’axe où une paire de milieux défensifs infatigables (Lemoine-M’Vila ou Balmont-Mavuba) finira le travail. Une équipe comme Bordeaux par exemple, qui a pour habitude de construire ses actions dans l’axe grâce au travail de fixation de ses milieux avant d’écarter sur ses latéraux en fin de mouvement, se retrouve facilement enfermée lorsque l’adversaire défend de cette façon.

Une fois le ballon récupéré, Rennes et Lille ont pour autre point commun une capacité à se projeter vers l’avant sans doute supérieure à celle des autres équipes de Ligue 1. Hazard et Marveaux sont les deux accélérateurs les plus recherchés face à une équipe désorganisée (puisqu’elle vient juste de perdre le ballon). La justesse de leurs choix et de leurs passes offrent des espaces aux attaquants qui leur tournent autour (Frau, Gervinho d’un côté / Briand, Gyan ou Bangoura) de l’autre et permettent la mise en place de contres fulgurants. Ce style de joueurs manque d’ailleurs cruellement aux trois gros du championnat : les joueurs des deux Olympiques capables de tenir ce rôle manquent de constance tandis qu’à Bordeaux, il n’y a tout simplement personne dans l’effectif qui puisse s’y coller. Parce que tout ne peut pas être rose pour nos deux équipes-sujets du jour, la hauteur de récupération que j’évoquais dans mon premier paragraphe prend toute son importance au moment des contres-attaques. Pour peu que le bloc défensif soit bas, Marveaux, Hazard et leurs partenaires en attaque peuvent rapidement se retrouver isolés et l’équipe de se retrouver coupée en deux.

Vous l’avez compris, pour éviter les ennuis face à ce genre d’équipes : utiliser un maximum les côtés pour remonter le ballon. En cas de perte de balle, il vous sera ainsi plus facile de mettre la pression sur le premier relanceur pour l’empêcher de trouver l’accélérateur immédiatement avant que votre équipe ne soit replacée. Mais le plus simple, c’est bien évidemment de limiter les pertes de balle et de mener les actions jusqu’à leur terme ; mais ça, c’est une bonne idée contre n’importe quelle équipe. Bref, pour peu que vous ne tombiez pas dans les zones de Balmont ou M’Vila, vous annihilez déjà une bonne partie du potentiel offensif de votre adversaire, qu’il soit Rennais ou Lillois. Car les deux sont plus en difficulté quand il s’agit de placer ses attaques face à un adversaire replacé. C’est d’ailleurs là que Lille fait la différence par rapport au Stade Rennais.

On l’a vu hier en début de deuxième période, les Rennais ont réussi à se créer plusieurs occasions face à des Lillois qui ne parvenaient plus à sortir et qui donc patientaient dans leurs 35 mètres en attendant une opportunité. Comme dit précédemment, Rennes est une équipe qui a besoin de vitesse dans son jeu au moment de rentrer dans les 30 derniers mètres adverses. A l’inverse des techniciens Hazard ou Gervinho, capables d’éliminer un adversaire tout en démarrant arrêté, les attaquants rennais ont plus besoin de faire parler leur physique, que ce soit au niveau de la puissance ou de la vitesse. Arrêtés, ils sont tout de suite plus en difficulté. Comme sur les phases de contre, l’accélérateur de particules s’appelle Sylvain Marveaux. Que ce soit en pénétration depuis le milieu de terrain ou en point d’appui pour attirer un adversaire à lui et libérer un espace, le numéro 8 du Stade Rennais est encore indispensable à son équipe. Malheureusement pour Antonetti hier soir, les efforts de l’ancien espoir ont été vains, la faute à des espaces mal exploités par ses partenaires.

Côté Lillois, les attaques placées ne dépendent pas forcément que d’un seul homme. Sur la rencontre de dimanche, on pouvait facilement faire la distinction entre les attaques côté gauche et celle côté droit. A gauche, Costa cherchait très souvent la profondeur et les appels d’Eden Hazard ou de Pierre-Alain Frau, très actif de ce côté. Comme Marveaux à Rennes, c’était ensuite la capacité des deux attaquants lillois à libérer rapidement le ballon qui permettait de créer des décalages et de déstabiliser l’adversaire. Côté droit en revanche, c’est beaucoup plus posé. L’ailier travaille en décrochant, Debuchy prend le couloir et Balmont organise le tout avant de suivre l’action. A l’inverse de Rennes, le LOSC organise surtout ses attaques sur les ailes en sollicitant des appuis dans l’axe (Balmont, Cabaye…). Dans les deux camps, il y a très peu de renversements de jeu : le mouvement qui se développe sur un côté finira généralement du même côté. On est très loin de Bordeaux qui puise toute sa force dans sa capacité à utiliser toute la largeur du terrain au moment d’attaquer. Pas le temps de se poser, une fois que le décalage est crée, les milieux doivent se projeter et l’action doit aboutir.

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2 comments to Lille et Rennes, équipes jumelles..ou presque

  • Alex

    Et voilà une bonne analyse tactique qui donne envie de jouer a FM 10 ;D
    Continue, t’arrêtes surtout pas ^^ReplyQuote

  • [...] 17h03 : Devant City-Liverpool, je découvre la musique d’entrée des joueurs dans le City of Manchester Stadium. Fat Boy Slim – Right here, right now : extrêmement classe. 17h58 : Parti pour vous proposer une analyse de la rencontre entre les Citizens et les Reds, je lâche prise à la pause, la faute à un intérêt se réduisant au fil de la rencontre. L’opposition tactique entre Mancini et Benitez a bouffé tout le reste sur la première mi-temps. 19h48 : Devant le CFC (j’ai besoin des images de Saint-Etienne/Montpellier), j’assiste à l’énième débat sur la double peine « qu’il faudrait supprimer/réformer ». Deux choses : supprimer le rouge pour le joueur qui annihile une action de but et vous ne verrez plus jamais de un contre un entre le gardien et l’attaquant. Deuxième chose : l’arbitrage doit être le même quelquesoit la zone du terrain. Faites vos propres conclusions. 23h10 : La rencontre de la soirée, Lille-Rennes, se terminent sur une grosse demi-heure sans aucun rythme si ce n’est deux/trois éclairs dont la passe de Debuchy sur une jambe pour Hazard à l’origine du but de la victoire. Rennes loupe l’occasion de se repointer en haut du classement et e-foot.eu vous explique pourquoi dans son analyse du dimanche soir. [...]ReplyQuote

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