Bordeaux, Lyon, Auxerre et Montpellier accrochés, l’OM avait pour la deuxième fois en deux semaines l’occasion de reprendre place sur le podium. Pour cela, il fallait imiter Lille, vainqueur de Grenoble dans l’après-midi, en ramenant trois points du Stadium de Toulouse. Malheureusement pour eux, les Marseillais se sont heurtés à des Violets dominateurs dans l’entrejeu malgré l’absence d’Etienne Capoue devant la défense.
Connaissant ces deux équipes, il était sûr que l’on allait assister à un match animé par des attaques rapides et autres contres partant du milieu de terrain. A vrai dire, au coup d’envoi, les premiers enseignements sont déjà tirés. Gignac absent, Toulouse ne peut pas se permettre d’attendre dans ses 30 mètres et de compter sur Kazim pour tenir le ballon devant en attendant. Pour s’en sortir, les Garonnais doivent dominer le milieu de terrain pour y récupérer des ballons et toucher le plus rapidement possible leurs attaquants (Kazim, Tabanou ou Braaten). Côté Marseillais, la titularisation de Brandao à la place de Niang prive les Marseillais de profondeur mais offre un point d’appui efficace pour aider Lucho et Cheyrou à la remontée de balle. La clé du match est elle détenu par les capacités de Valbuena et de Ben Arfa à dynamiter la défense toulousaine, qu’elle soit en phase de repli ou de défense autour des buts de Pelé.
Les premières minutes sont entièrement à l’avantage du Téfécé. Le trio Sissoko/Didot/Machado éteint complètement Lucho et Cheyrou au milieu de terrain ce qui oblige les Marseillais à sauter leurs créateurs en espérant tomber sur Brandao. Mais le Brésilien souffre lui aussi entre Cetto et Congré. Ne reste alors plus que les côtés : Ben Arfa et Valbuena sont sollicités par leurs latéraux mais partent de beaucoup trop loin pour espérer créer des brèches dans le bloc toulousain. Qui plus est, ce dernier est assez haut et fait pleinement participer ses latéraux à la construction ; ces derniers ne sont du coup jamais très loin des ailiers marseillais lorsqu’ils tentent de relancer. En phase offensive, Toulouse utilise les combinaisons milieu axial/ailier/latéral pour jouer sur le surnombre dans les couloirs. Ben Arfa et Valbuena doivent ainsi participer pleinement à l’effort défensif, ce qui esseule encore un peu plus Brandao.
Les minutes passent et la maîtrise toulousaine se traduit en quelques situations intéressantes mais non conclues par Braaten ou Kazim. Très efficaces et coordonnées sur les côtés, les joueurs de Casanova peinent à exister dans l’axe, entre M’Bia, Diawara et Kaboré. Loin d’être un véritable attaquant de pointe, Kazim-Richards est invisible alors qu’il est attendu à la réception des centres d’Ebondo ou de Tabanou. Bref, si Marseille souffre au milieu de terrain, sa défense tient le choc sans trop de difficultés. Devant, on sent que des opportunités vont se présenter. La moindre approximation toulousaine (mauvise passe, pertes de balle) au milieu de terrain peut entraîner une remontée soudaine du bloc marseillais au pressing et se payer cash dans la foulée. Finalement, c’est sur une phase de jeu où Ben Arfa est touché dans la moitié de terrain toulousaine que la situation va se débloquer. L’international obtient un corner qu’il frappe, laissant à Brandao le soin de le mettre au fond des filets.
A ce moment précis, je me dis que la rencontre est terminé. Comme à Paris, Marseille a pris des coups au milieu mais domine son sujet derrière et marque sur sa première occasion. Les minutes qui suivent vont dans ce sens : les Toulousains semblent plus pressés, moins appliqués et l’on imagine parfaitement un contre assassin juste avant la mi-temps pour doubler la mise. Offensivement, la préparation toulousaine est moins aboutie : on ne cherche plus les décalages, préférant envoyer des centres en profondeur depuis les 40 mètres. Des cadeaux pour M’Bia et Diawara… Ou presque, Kazim est tout près d’en profiter sur une frappe en pivot. Paradoxalement, alors qu’ils mènent au score, les Marseillais vont se faire prendre en contre suite à une perte de balle de Lucho à 30 mètres des buts de Pelé. Valbuena ayant quitté son côté droit pour apporter une solution courte dans l’axe, Tabanou se lance vers le but de Mandanda sans opposition. La suite fera l’objet d’une bandelette d’ici mardi soir…
Toulouse égalise à cinq minutes de la mi-temps. Et pousse l’OM à revenir avec d’autres intentions à la reprise. Les Marseillais reprennent les débats avec un peu plus de présence dans le camp adverse. Chose qu’ils n’ont pas faite en première période, ils parviennent à faire défendre les Toulousains dans leurs 30 mètres pendant quelques minutes mais ne trouvent pas la faille. Forcés à défendre plus bas, les Toulousains ont du mal à faire aussi bien qu’en première période au niveau de la construction et s’en remettent à des tentatives lointaines de Kazim et d’Ebondo qui font briller Mandanda. Un peu plus tard, c’est Sissoko qui est mis à contribution sur une percée où il est repris de justesse par Diawara alors qu’il allait pénétrer dans la surface. Ce genre de prises de risque des milieux axiaux toulousains ouvrent des espaces aux Marseillais au milieu de terrain. Touché dans le rond central, Valbuena négocie mal un trois contre trois.
Les entraîneurs entrent en piste. Casanova fait sortir Braaten au profit du jeune Kévin Dupuis. Ce changement réorganise le schéma toulousain. Kazim prend logiquement l’aile droite mais surtout Machado monte d’un cran pour se rapprocher de son attaquant. Les conséquences sont visibles immédiatement. Avec un offensif en plus, le Téfécé va presser la première relance marseillaise. Logiquement, il se découvre au milieu de terrain : Cheyrou gagne en influence et tente de lancer les joueurs de profondeur, Niang et Koné, entrés en jeu eux aussi. Une fois le milieu de terrain franchi, Toulouse est en danger mais ses latéraux ne montent plus pour équilibrer les forces et éviter les surnombres. Les occasions se suivent des deux côtés du terrain mais ni Dupuis, ni Sissoko, ni Niang, ni Taïwo sur coup-franc pour la dernière ne parviennent à donner l’avantage aux leurs. M.Enjimi renvoie tout le monde aux vestiaires. Marseille manque l’occasion de revenir à un point de Bordeaux avant son grand match face à Lyon.



