Arsenal dans l’oeil du cyclone

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Vous connaissez tous cette expression j’espère ? « L’oeil du cyclone » : la petite zone toute calme au centre d’un ouragan. Et bien les Gunners d’Arsenal sont en plein dedans dans leur confrontation face au FC Barcelone. Pendant la première demi-heure, ils ont passé quasi miraculeusement le premier gros orage catalan. Au retour des vestiaires, ils se sont pris la deuxième vague de plein fouet avec un peu plus de dégâts. Doucement mais sûrement, ils ont su profiter de la dernière demi-heure pour revenir face à des Barcelonais épuisés des efforts produits pour en arriver là.

Je crois que j’en ai parlé dans une précédente analyse (vérification faite, c’était sur la rencontre Barcelone-Inter Milan en phase de poules) : face au Barça, le plus dur est de survivre à la première demi-heure. C’est bien simple, les Catalans sont complètement à fond. Pour créer des espaces, tout le monde, excepté les deux défenseurs centraux, court pour offrir des solutions à Xavi et Busquets pour permettre à ses derniers de jouer dans un fauteuil. Encore plus fort, lorsque le ballon est perdu, tous les joueurs dans la zone vont immédiatement presser le porteur du ballon au lieu de gentiment se replacer. Cette tactique a une nouvelle fois monstrueusement fonctionné à l’Emirates : si j’ai accès à la stat, je ne serai pas surpris de voir une possession à 85/15 en faveur du Barça sur le premier quart d’heure. Tout simplement injouable. Il a fallu à un Almunia et quelques sauvetages miraculeux de ses défenseurs pour ne pas voir ce quart de finale perdre tout suspense en quinze petites minutes. Avouez que ça aurait déçu beaucoup de monde.

Bref au bout de vingt minutes de jeu, le score reste nul et vierge de façon assez inespérée pour Arsenal. Et le Barça lève un peu le pied au niveau de pressing. Résultat, les Gunners réussissent enfin à sortir de leur moitié de terrain et se créent quelques bonnes situations grâce à des latéraux qui assurent la remontée des ballons sans opposition pendant que les axiaux se placent pour préparer l’attaque. On assiste ainsi à des nombreuses préparations partant de Sagna à droite, passant par Diaby dans l’axe pour finir sur Nasri à gauche. Suivi de très près, Fabregas arrive à négocier quelques ballons intéressants mais uniquement sur les ailes. En bout de chaîne, Nasri manque le cadre sur une frappe lointaine ; Puyol et Piqué se jettent à plusieurs reprises devant Bendtner… Bref, et ce n’est pas une surprise non plus, la défense catalane ne paraît pas souveraine dans ses trente mètres. Manque de bol, pendant ce premier temps faible des Blaugranas, Arsenal perd Gallas et Arshavin sur blessure et Wenger ne peut que constater qu’il devra composer sans Fabregas (suspendu) au match retour.

Au second coup d’envoi, le Barça repart comme sur le premier. A fond, à fond, à fond,  avec quelques petites modifications : Guardiola a sans doute constaté que les Gunners se contentaient de faire opposition à leurs adversaires en première période plutôt que de les attaquer, de peur de se faire effacer. Résultat ? Au bout de vingt secondes, Alves lance Ibrahimovic dans la profondeur entre Vermaelen et Clichy depuis le milieu du terrain. Le Suédois lobe Almunia qui se devait de faire son erreur d’appréciation après un premier quart d’heure de folie. Treize minutes plus tard : rebelote. Xavi n’est pas attaqué par Denilson au niveau du rond central. Hop, une petite balle piquée dans la profondeur pour Ibrahimovic et ça fait 2-0 pour le Barça. Espère t-il la baisse de rythme catalane sur la fin de match ? Toujours est-il qu’Arsène Wenger prend le risque de sortir Bakary Sagna pour faire entrer en jeu Théo Walcott sur l’aile droite quelques minutes plus tard (Eboué redescendant au milieu). Ce changement, combiné à l’abandon du pressing haut côté catalan, faute de jambes sans doute, change complètement la physionomie de la rencontre.

Coïncidence ou non, l’entrée de Walcott qui reste très haut sur l’aile droite pousse Bendtner à décrocher pour aider à la sortie des ballons. Sollicité en appui, le Danois n’essaie pas de se retourner et renverse le jeu immédiatement sur le côté droit où l’attend Eboué ou l’international anglais (le seul sur la pelouse d’ailleurs). Vous l’avez compris, comme en fin de première période, Arsenal réussit à ressortir le ballon et possède désormais avec Walcott une vraie force de percussion dans les 20 derniers mètres. Au passage, cette manière de remonter le ballon malgré la pression de l’adversaire en proposant des solutions dans un petit périmètre avant de renverser sur un joueur esseulé sur l’autre aile, l’Inter l’avait parfaitement appliqué à Stamford Bridge face à Chelsea. Avec un Maicon autrement meilleur que les joueurs du côté droit d’Arsenal ce soir d’ailleurs. A retenir en cas de demi-finale. Bref, Arsenal respire et n’est quasiment plus mis en danger excepté sur un contre de Messi (sur le côté droit d’Arsenal d’ailleurs, le côté faible défensivement) à un quart d’heure de la fin.

Après ça, l’Argentin va complètement s’éteindre et les espoirs d’un troisième but du Barça avec lui. Barcelone ne presse plus dans le camp adverse, Barcelone subit les assauts, Barcelone fait des erreurs au milieu (la perte de balle de Busquets pour la réduction du score d’Arsenal)… Bref, Barcelone n’y est plus et la raison ne peut être que physique tant les Catalans se sont démenés pendant une heure ou presque pour empêcher leurs adversaires de ressortir de leur moitié de terrain. Les distances entre Xavi, Busquets et les attaquants s’agrandissent minute après minute. La distance avec le but d’Almunia aussi, forcément. Décalages et autres surnombres ont disparu et laissé leurs places à des situations de trois contre trois en contre mal négociées par Pedro ou Henry. Arsenal sent bien le coup à jouer et donne tout sur la fin de match. La suite suit, un penalty, Puyol et Piqué suspendus pour le retour et un Emirates qui s’est régalé. La suite dans une semaine au Nou Camp. Attention pour les Gunners, ça va forcément commencer par une demi-heure…

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7 comments to Arsenal dans l’oeil du cyclone

  • to.fra

    Je ne suis vraiment pas confiant pour le barça au retour… J’ai dû voir tous les matchs du fcb cette saison et ne croyez pas que Marquez est toujours le défenseur classieux de ces dernières années. Pour dire, Milito lui est passé devant alors qu’il revenait de 18 mois (!) de blessures…quant à chygritruc on en parle même pas. Il faudrait sortir des stats mais dès que marquez est sûr le terrain on peut être sûr qu’il commet une ou deux énormes bourdes défensives. D’autant plus étonnant encore une fois que c’était un superbe défenseur (beaucoup le voyait même devant Puyol dans la hiérarchie l’année dernière jusqu’à ce que le mexicain se blesse). Dernier exemple en date? Contre Saragossse, vous vous souvenez du triplé de malade de Messi? Moi je me souviens surtout que l’on menait 3-0 puis que vers la 75ème Marquez est rentré et a laissé les attaquants adverses filer deux fois au but… heureusement le barça re marque et ça fini à 4-2 mais c’était que Saragosse en face. Et des exemple comme ça on peut en trouver 4 ou 5 cette année (et pourtant Marquez n’a quasiment pas joué). Je suis tellement peu confiant que je préférerai même un charnière avec Abidal si il se remet de sa blessure à temps.ReplyQuote

  • Gerald

    Bizarre cette perte de maîtrise dans les 20 dernières minutes !? Z’ont pourtant des joueurs capables de gérer les temps faibles au Barça ?ReplyQuote

  • Ils étaient complètement cramés à mon avis. Ils ont payé leur manque de réalisme pendant la première demi-heure qui les a poussés à attaquer et à presser à fond pendant une demi-heure supplémentaire.ReplyQuote

  • [...] 00h36 : De retour du Club Pernaud de la Cité Mondiale à Bordeaux où GoldFM avait délocalisé, je découvre que Rooney est sorti de l’Allianz Arena touché à la cheville. Avec une semaine d’intervalle entre les deux matchs, je commence à me demander si le Bayern ne va pas créer une énorme surprise à Old Trafford. Il s’agira de surveiller de près la récupération du meilleur joueur du moment… 02h13 : Voilà une analyse qui n’a pas perdu de temps. En même temps, je n’avais pas de notes donc il fallait faire ça à chaud. En gardant son sang-froid. Pari réussi, (re)lisez l’analyse de Lyon-Bordeaux en cliquant ici. 15h41 : Quand la Coupe du Monde déplace des foules avant son coup d’envoi. Le gouvernement Sud-Africain ne veut pas de SDF dans ses rues pendant la compétition. Et il prend les devants en les envoyant aller humer l’air des contrées éloignées des grandes villes. Plus d’infos sur Chronofoot. 19h49 : Alors que les yeux sont rivés sur Lyon, Bordeaux et les autres étoiles quarts de finaliste de Ligue des Champions, Marseille se réveille après sa grande fête. Et Abriel de prendre du recul sur les évènements : « on a tout de même trouvé ça un peu démesuré, même si on sait que l’engouement est décuplé à Marseille. » Le titre de champion aura t-il la même saveur que la Coupe qui a mis fin à 17 ans sans titre ? Si la réponse était non, ça serait triste quand même. Provoque facile. 23h00 : De retour du Sherlock Holmes, un énième pub bordelais, je tiens à vous faire part ici de l’intégralité d’un communiqué des Ultramarines Bordeaux, victimes d’une charge policière abusive à mon sens dans leur parcage de Gerland : « Suite officiellement « à un doigt tendu » au milieu d’une foule d’un millier de personnes, la toute nouvelle S.I.R (Section d’intervention rapide) a fait irruption dans la tribune à grands coups de matraques afin d’interpeller sans ménagement ce criminel, provoquant ainsi, outre des contusions, le courroux des supporters, pourtant plus que pacifistes jusqu’alors. Une compagnie de CRS descend donc en trombe à son tour au milieu du désordre ambiant, gaze à bout portant, et frappe à tout va tout ce qui bouge, avant de se retirer sous la pression des centaines d’Ultras acculés jusqu’alors en bas de la tribune. Bilan des opérations, deux avant-bras fissurés chez les leaders Ultramarines, beaucoup d’hématomes, des supporters évacués par la pelouse, une mère de famille et trois enfants à l’hôpital. » 23h59 : Parce que je suis fier d’avoir sorti deux analyses en vingt-quatre heures, voilà le lien pour celle d’Arsenal-Barcelone. Et elle vaut le (re)détour ! [...]ReplyQuote

  • Bon enfin même si 2-2 c’est inespéré pour les londoniens, au retour ils vont sans doute s’en prendre davantage…ReplyQuote

  • C’était chaud les 20 dernières minutes !ReplyQuote

  • Merci, vive l’Arsenal :)ReplyQuote

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