Bayern – Bordeaux : les clés d’e-foot.eu

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A défaut d’avoir pu apprécier la victoire du Paris Saint-Germain à Sochaux (même si j’en parlerai en toute fin d’article), je vous propose un petit avant-match, oui c’est nouveau, sur les choses qu’il faudra suivre mardi soir en regardant la rencontre décisive pour Bordeaux à Munich dans l’Allianz Arena du Bayern. Pour tout vous dire, j’avais prévu de vous faire l’analyse de Bordeaux-Monaco mais la Ligue des Champions m’inspire beaucoup plus semble t-il. Toutefois, vous risquez de trouver quelques allusions à la victoire des Girondins samedi soir.


Pour bien démarrer, posons le contexte du déplacement à Munich : une victoire, Bordeaux est qualifié ; un nul, Bordeaux n’aura besoin que d’une victoire, face à la Juve ou sur le terrain du Maccabi Haïfa pour rejoindre les huitièmes de finale de la compétition. A moins d’une énorme retournement de situation ou de blessés de dernière minute, le onze girondin à Munich est déjà pratiquement connu : l’habituel 4-2-3-1 version C1 avec Carrasso dans les cages, Chalmé – Ciani – Planus – Trémoulinas en défense derrière le duo Fernando – Diarra au milieu de terrain. Sur les ailes, on retrouvera Plasil et Wendel qui encadreront les deux supposés impact players que devront être Gourcuff et Chamakh. Du côté de Munich, Arjen Robben a été volontairement ménagé par Van Gaal pendant le week-end ce qui peut laisser penser qu’au moins un des deux latéraux bordelais aura pas mal de boulot défensif mardi soir.

De toute façon, et ce sera un énorme avantage pour les Girondins, le Bayern n’a aujourd’hui aucun milieu de terrain axial capable de prendre en main le jeu de son équipe. Müller est suspendu et Van Bommel et Tymoschuk, aussi talentueux soit le second, n’ont jamais été connus pour être des créateurs. En cas de titularisation de Robben, il n’y a bien que Schweinsteiger qui pourrait enfiler le costume de la plaque tournante au milieu de terrain, mais, et rectifiez si je me trompe, je l’ai toujours plus vu comme un joueur percutant plus qu’organisateur. Aux dernières nouvelles, l’ailier hollandais ne serait toutefois pas prêt pour une titularisation ce qui pousserait alors Van Gaal à aligner un 4-4-2 à plat avec le duo Van Bommel – Tymoschuk dans l’axe. Pour le mot, je place le « ami de la poésie, bonsoir » mais je préfère insister sur l’animation offensive qui risque d’en découler.

Car avec des attaquants plus habitués à peser sur la défense ou à prendre la profondeur (Toni, Gomez, Klose), il risque de ne pas y avoir beaucoup de monde pour apporter une quelconque réponse à Fernando et Diarra lorsque ceux-ci défendront repliés devant la défense bordelaise. Si on risque d’assister à quelques tentatives de loin, le Bayern ne devrait normalement trouver son salut qu’en passant par les ailes ou sur des seconds ballons consécutifs à des déviations de Toni et suivis par Klose ou un autre offensif. A l’instar du match aller, les latéraux munichois auront donc un très grand rôle à jouer dans la création de décalages et d’espaces dans le bloc bordelais. Il y a deux semaines, Plasil et Wendel avait très bien répondu à Altintop et Lahm en allant les presser très haut sitôt que le ballon leur arrivait. Cette fois, avec un milieu de terrain supplémentaire dans le couloir, ils devront faire équipe avec Chalmé et Trémoulinas pour éviter les dédoublements.

Vu l’absence de danger annoncé dans l’axe, les deux milieux défensifs, Fernando et Diarra pourront même jouer les pompiers de service en compensant les espaces sur les côtés. Il sera d’ailleurs intéressant de voir leur comportement lorsqu’une offensive bordelaise se terminera avec un Wendel ou un Plasil en retard au moment de se replier. Compenser et presser ? Compenser et contenir ou se replacer sagement dans sa moitié de terrain en attendant que le reste du bloc en fasse de même ? A surveiller dans la premières minutes de la rencontre. Bon, c’est bien gentil tout ça, mais Bordeaux ne devrait pas uniquement défendre. Si vous avez suivi, j’ai bien peur que les latéraux aient plus la tête à défendre demain soir ; en toute logique, en plus des quatre offensifs, comme face à la Juve, le rendement de Fernando en phase offensive va être déterminant pour les Bordelais.

Je m’explique. Bordeaux aura quatre joueurs à vocation offensive au coup d’envoi : Plasil, Wendel, Gourcuff et Chamakh. Trois joueurs seront là avant tout pour défendre : Diarra, Planus et Ciani. Reste donc trois Bordelais, capables ou non d’apporter le surnombre selon le déroulement de la partie : les deux latéraux et Fernando. Vous l’avez compris au-dessus, je parie que le Bayern va insister sur les ailes, il ne resterait donc plus que le relayeur brésilien pour apporter le petit plus en attaque. Son rendement va directement dépendre de celui des deux autres axiaux, Diarra et Gourcuff. Si le premier n’est pas marqué de près, ce dont je doute, Fernando n’aura pas à jouer les relayeurs d’un côté à l’autre du terrain et pourra évoluer un peu plus haut que prévu. De son côté, si Gourcuff fait son travail en jouant le plus haut possible pour fixer un milieu de terrain le plus bas possible, le Brésilien pourrait trouver quelques intervalles à prendre entre le rond central et la surface adverse. Tout ce qu’il aime en somme. Et avec le jeu des compensations, c’est toute l’équipe qui pourrait en profiter. Mais attention, ce scénario rêvé va de pair avec un poncif de taille : tous devront évoluer à leur meilleur niveau.

A 3h41 du matin, j’assume cette chute difficile et espère néanmoins que vous aurez quelques clés pour regarder le match un peu différemment des non-lecteurs d’e-foot.eu ! A plus tard !

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