Le Barça imprenable pour l’Inter

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Toutes les conditions étaient pourtant réunies pour assister à la plus grosse surprise de la décennie sur la scène européenne : un Barça grippé, incapable de battre Bilbao ce week-end et avec deux de ses stars diminués (Messi et Ibrahimovic) face au quadruple champion d’Italie, l’Inter Milan, qui a la qualification à portée de match nul. Une défaite et c’en est fini des chances catalanes de passer le premier tour. De quoi rendre l’affiche plus intéressante que la course à la première place du groupe E entre Lyon et la Fiorentina… Et bien non, en une demi-heure, c’est plié : le Barça a récité sa leçon.


Pourtant, à la vue des deux onzes de départ, les partisans de la grosse surprise ont le droit d’y croire. Excepté Sneijder blessé, l’Inter aligne son onze habituel bien que tourné vers la défense. Le tout ressemble à un 4-4-1-1 avec seulement trois joueurs à vocation offensive (Eto’o, Milito et Stankovic), quatre si l’on compte Maicon et son importance dans les attaques intéristes depuis le début de la saison. Dans l’axe, Mourinho fait confiance à deux récupérateurs, Cambiasso et Thiago Motta, pour soutenir les quatre défenseurs (dont trois stoppeurs, Samuel, Lucio et Chivu à gauche). Du côté du Barça, les absences de Messi et Ibrahimovic obligent Guardiola à aligner Henry à la pointe de l’attaque du Barça. Le Français est soutenu par Iniesta et Pedro. Derrière, le trio du milieu de terrain est composé de Xavi en axial droit, Keita en axial gauche et Busquets en sentinelle.

Face à une équipe limitée dans l’utilisation du ballon, le Barça prend très rapidement le dessus et la possession du ballon. Son pressing habituel, très haut, prend de court des Milanais qui n’ont tout simplement pas les qualités techniques pour dribbler et s’en défaire. Si Eto’o et Stankovic réussissent à faire illusion le temps qu’un troisième adversaire se pointe, Cambiasso, Thiago Motta ou Zanetti sont obligés de balancer des ballons à l’aveuglette sous peine de le perdre dans une zone très dangereuse. Barcelone s’installe dans la moitié de terrain adverse et peut mettre en place son jeu, tout en permutations et en utilisations des moindres espaces. Les vagues offensives commencent. Reste à savoir combien la défense de l’Inter peut tenir. Moins de dix minutes puisque sur un corner de Xavi dévié par Henry au premier poteau, Piqué se défait du marquage ridicule de Motta pour tromper Julio César.

C’en est fini du suspense, place au spectacle. L’Inter a beau se recroqueviller pour résister, son incapacité à franchir la ligne médiane l’entraîne irrémédiablement vers un match compliqué. Lorsque Xavi trouve un angle de passe magnifique entre Chivu et Samuel pour lancer Daniel Alves sur l’aile droite, la suite coule de source : centre parfait de l’ancien Sévillan et reprise piquée de Pedro au second poteau qui bénéficie d’une erreur de Julio César pour doubler le score. Comme un symbole, le passeur décisif et le buteur sont récompensés de leur travail dans des couloirsoubliés par un Inter focalisé sur l’influence dans l’axe de Xavi et Iniesta, ailier droit uniquement sur la feuille de match. Grâce à ses deux Ballons d’Or potentiels et au travail de fixation d’Henry et de Keita, le Barça multiplie les décalages pour Pedro et Daniel Alves qui, toujours bien lancés, prennent facilement le dessus sur Maicon et Chivu, leurs adversaires directs du soir.

Pour exister pendant la première période, l’Inter doit s’en remettre à un pressing de Eto’o et Milito pour mettre en difficulté Valdes et les défenseurs du Barça. Les attaquants milanais ont ainsi réussi à s’offrir une pseudo-occasion de but sur un dégagement manqué par le portier catalan et à obtenir quelques touches leur permettant de remonter leur bloc pendant au moins quelques secondes. Quand on a 50 mètres à faire au lieu de 80, c’est tout de suite plus facile. Le souci, c’est que pour gagner ces 30 mètres à la récupération, les Milanais doivent prendre le risque maximum au pressing et se mettre en danger pour peu que le ballon franchisse la ligne médiane. Pas fous, et surtout pas taillés pour ce style dé jeu ce soir, ils se contentent de coups de pression passagers mais qui ont quand même eu leur petit effet sur l’arrière-garde catalane. Les candidats à la succession du Barça au titre de champion d’Europe l’auront sans doute noté.

Autre solution qu’ils auront sans doute noté, l’entrée de Balotelli en deuxième mi-temps a permis à l’Inter de mettre plus de vitesse dans son jeu au milieu de terrain. Positionné plus bas que son rôle habituel d’attaquant, l’international espoir italien a plusieurs fois réussi, grâce à des appuis sur des excentrés très justes dans leur remise, à prendre de vitesse le pressing adverse. Maicon en a fait de même à l’occasion et l’entrée de Quaresma a aussi quelque peu dynamisé l’entrejeu de l’Inter qui a beaucoup mieux résisté en deuxième période. Peut-être aussi que tout ceci n’était qu’une illusion dûe à une baisse de régime du Barça en deuxième mi-temps. Bref, si l’on reprend les recettes qui ont fonctionné à doses homéopathiques ce soir, pour inquiéter le Barça il vous faut : des attaquants capables de tenir un pressing énorme sur 90 minutes, des relayeurs puissants pour remonter le ballon au pied et des ailiers très justes techniquement. Mmmhhh… Chelsea ? A suivre…

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