J’avais prédit une demi-heure d’enfer pour Arsenal pour une qualification du FC Barcelone ; on a eu droit à 90 minutes ou presque de one-man show de Leonel Messi pour le même résultat. Face à des Barcelonais qui n’ont même pas eu à forcer leur talent pour faire la différence, Arsenal n’a donc pas fait mieux que l’OL ou le Bayern qui ont pris un tarif similaire la saison dernière. A la différence près qu’hier soir, la rencontre n’a basculé que sur les faits d’un seul homme.
Contrairement à ce que j’avais prévu, le Barça n’entame pas la rencontre comme il l’avait fait à l’Emirates. L’absence d’Ibrahimovic devant, de la charnière Puyol-Piqué derrière et surtout le Clasico à jouer dimanche prochain face au Real ont poussé Guardiola à revoir ses plans. Pas de pressing monstrueux donc, les Catalans, qualifiés au coup d’envoi, se contentent de faire tourner la balle en attendant la bonne accélération. Ce début de rencontre tranquille nous permet de découvrir le plan d’attaque d’Arsène Wenger : un milieu à trois (Nasri, Diaby et Denilson) chargé de gêner les deux rampes de lancement que sont Xavi et Busquets et deux ailiers (Rosicky et Walcott) chargés de contenir l’apport des latéraux catalans. Si le second choix fonctionne, les trois axiaux doivent se coltiner les décrochages de Messi qui évolue dans l’axe ce soir derrière Bojan et Pedro (et Keita coincé entre milieu et attaque sur son côté gauche).
A trop faire tourner, le Barça commence pourtant la rencontre en se faisant piéger. Milito, assez hésitant en début de match, est pris par Diaby dans le rond central. S’en suit un contre parfait emmené par Walcott côté droit et conclu en deux temps par Bendtner. 1-0, Arsenal est qualifié. Cela durera trois petites minutes, le temps pour Messi de remettre les choses dans le bon ordre sur une accélération plein axe et une frappe à 20 mètres dont il a appris le secret cette saison. A ce moment-là du match, on se dit : « Ok, les gars jouent vraiment à leur main. La qualif’ sera pour eux à la fin du match, qu’Arsenal remarque ou non. » A vrai dire, il n’y en a qu’un qui semble vraiment forcer. Pas de bol pour Arsenal, c’est le meilleur du moment. Xavi et Busquets sont dans des fauteuils au milieu de terrain et Messi déroule juste devant. Il agace Denilson qui prend un jaune, décale Abidal sur l’action du 2-1 et va marquer le 3-1 tout seul comme un grand juste avant la mi-temps.
Le duo Iannetta-Margotton essaie bien de maintenir un semblant de suspense entre les deux mi-temps mais c’est peine perdue. Si elle n’est pas aussi entreprenante que d’habitude, la machine Barça fonctionne toujours. Et forcément pour Messi. Un exemple tout simple : lorsque l’Argentin reçoit le ballon, deux des trois gars devant lui plongent sur les ailes pour étirer au maximum le bloc défensif adverse. L’Argentin n’a plus qu’à disposer, en dribblant ou en changeant le jeu. Enfin, il fait ce qu’il veut quoi. Bref, la deuxième mi-temps repart sur les mêmes bases que la première. Mais Guardiola pense déjà au match de dimanche face au Real. Yaya Touré remplace Bojan et le Barça passe du 4-2-3-1 au 4-4-2 avec Messi et Pedro devant. Plus haut, et préférant peut-être se préserver pour le prochain match, l’Argentin perd peu à peu de son influence sur le jeu catalan. Comme au match aller…
Et comme il y a une semaine, Arsenal connaît un net regain de forme dans la dernière demi-heure. Clichy, Diaby et quelques autres récupèrent des ballons au niveau du milieu de terrain et lancent des contres dangereux pour la défense blaugrana. Sur certains points, le Barça est en effet une équipe comme les autres : si un relanceur (latéral ou milieu défensif) perd le ballon dans l’entrejeu, l’arrière-garde peut immédiatement être mise en danger. Milito et Marquez se retrouvent ainsi à gérer des situations en infériorité numérique, heureusement pour eux mal négociées par Arsenal (Clichy, t’es un bon toi). Bendtner trouve le poteau, Walcott aussi mais le passage à quatre milieux très travailleurs côté Barcelone a certainement fait la différence comparé au retour des Gunners lors du match aller. Yaya Touré a notamment fait une entrée intéressante en réussissant à compenser les espaces laissés par les autres milieux de terrain.
Bref, Arsenal défend ses chances mais l’affaire est entendue depuis longtemps (j’avais dit la demi-heure, il aura fallu attendre la mi-temps… mais j’ai eu les trois buts en trente minutes). Et parce qu’un hat-trick ne suffisait pas pour un match pareil, Messi a renfilé son habit de lumière à trois minutes de la fin pour parachever son chef d’oeuvre, son premier au très haut niveau dans une position axiale. Le Real est prévenu pour dimanche. L’Inter et Mourinho le sont aussi pour la demi-finale. Le pire dans tout ça, c’est qu’Iniesta, Puyol, Piqué et Ibrahimovic seront aussi là. Voilà le casse-tête. Par contre, il y en a un, en plus de Guardiola et de tous les socios du Barça, pour qui cette émancipation de Messi dans l’axe va faire énormément de bien. Il s’appelle Diego Maradona et est sélectionneur de l’Argentine. Vu les perfs du dernier Ballon d’Or, elle a tout pour faire un autre Mondial que celui qui était prévu pour le moment. Si toutefois, il arrive en Afrique du Sud avec un physique en état de marche.




Dommage cette égalisation un peu trop rapide … pauvre Sylvestre, c’était pas le bon jour pour reprendre sa place !Reply – Quote
c’ est Silvestre… Sinon pour Clichy c’ est ironique ?Reply – Quote
Twitter: flotoniutti
A moitié. Je suis toujours sérieux quand un gars fossoie une situation de supériorité numérique par un mauvais choix. Après si tu veux que je pousse ma réflexion, je ne le trouve pas monstrueusement supérieur à Cissokho ou Trémoulinas. Après, c’est juste un ressenti personnel, pas une vérité générale.Reply – Quote
Moi je l’ ai trouvé particulièrement saignant, avec c’ est vrai des mauvais choix sur des contre-attaques mais très présent. C’ est dur de choisir après Evra, les 3 ont pour moi un niveau assez proche, avec leurs qualités et défauts…Reply – Quote