L’exploit des Girondins de Bordeaux

Les hommes du président sont donc allés le faire. En allant s’imposer dans l’Allianz Arena du Bayern Munich, les Girondins de Bordeaux ont rejoint quelques-uns des meilleurs clubs d’Europe déjà qualifiés pour les huitièmes de finale de la Ligue des Champions après quatre journées seulement. La victoire acquise, j’ai repensé à une déclaration de Frédéric Antonetti qui déclarait, il y a quelques semaines ou mois, que Bordeaux faisait partie du top 16 européen. C’est désormais dans le marbre après un exploit peut-être plus impressionnant que d’autres car totalement inattendu dans la manière de le faire. Avec un peu de retard, mon ordi s’en excuse, il est temps de revenir dessus.

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Au coup d’envoi, rien de surprenant n’est à noter. Van Gaal lance le 4-4-2 à plat annoncé lundi sur e-foot.eu tandis que Laurent Blanc déroge quelque peu au 4-2-3-1 Ligue des Champions en faisant de Gourcuff un véritable deuxième attaquant pour soutenir Chamakh. Dans les intentions aussi, personne n’est surpris de voir le Bayern Munich exercer un très gros pressing sur Diarra et Fernando pour priver les Girondins de ballon. Heureusement, si les transmissions n’arrivent pas jusqu’aux offensifs, les milieux de terrain bordelais ont la ballon idée de ne pas perdre le ballon alors que le reste de l’équipe est en phase de déploiement offensif. A l’arrivée donc, balle perdue n’est pas synonyme de danger de but, Bordeaux attendant de trouver ses attaquants dans la moitié de terrain adverse avant de tenter de développer quoi que ce soit.

Tout ceci fait qu’au final, la première mi-temps se résume à une grosse bagarre dans la moitié de terrain bordelaise entre deux blocs qui se neutralisent complètement. En position de force, Bordeaux laisse venir le Bayern pour tenter de le prendre en contre. Le Bayern lui, comme prévu lundi, tente d’écarter un maximum avec Lahm et Braafheid mais ces derniers sont, comme au match aller, parfaitement suivis par Wendel et Plasil. Les décalages ne viennent pas et Munich se retrouve à arroser de centres en profondeur pour chercher Toni au milieu de quatre bordelais (Planus, Ciani, Diarra et Fernando). Dans l’axe, rien à signaler, Schweinsteiger et Pranjic s’empalent sur le même quatuor axial girondin. Résultat, les deux seules occasions de la première période sont consécutives à des coups de pied arrêtés. Bordeaux s’en sort grâce à deux fautes de main : d’abord Ciani (32e) puis surtout Butt (37e) qui offre l’ouverture du score à Gourcuff.

La deuxième période repart sans Klose mais avec Arjen Robben qui semblait être la seul crainte des supporters bordelais avant la rencontre. L’entrée du Néerlandais sur le flanc droit à la don de dynamiser ses coéquipiers qui reprennent très fort dès le coup d’envoi de la deuxième période. Lancé en profondeur entre Planus et Ciani, Toni expédie un missile au-dessus des buts de Carrasso ; quelques minutes plus tard, Robben dézone et se signale par une frappe croisée qui frôle le poteau gauche de Carrasso. Bordeaux plie. Gourcuff et Chamakh ne tiennent plus le ballon devant ; Plasil et Wendel ne peuvent rien faire d’autre que défendre… et je ne parle pas de Fernando et Diarra, véritables stoppeurs devant les stoppeurs Planus et Ciani. Il faut dire qu’après l’entrée de Robben, Van Gaal n’a pas perdu de temps pour faire un deuxième changement avec l’entrée de Gomez à la place de Braafheid.

Ce second remplacement fait passer le Bayern en 3-5-2. La position plus avancée des latéraux (Pranjic et Lahm) obligent Plasil et Wendel a reculé tandis que Robben et Schweinsteiger continuent à peser sur les latéraux bordelais. Dans l’axe, Gomez est un danger supplémentaire à couvrir en plus de Toni. Résultat, Bordeaux n’arrive plus à défendre sur toute la largeur du terrain et se recroqueville petit à petit sur sa surface de réparation. Les décalages arrivent enfin pour les Munichois mais la couverture bordelaise dans la surface au premier poteau est parfaite : le latéral empêche le centreur de jouer fort devant le but, le milieu défensif (Fernando à droite, Diarra à gauche) coupe la solution en retrait et le milieu excentré (Plasil ou Wendel) gêne celle du soutien arrivant de derrière. Cette très belle entente soulage la défense centrale bordelaise qui n’a, au final, que peu de centres à couper.

Alors que l’on arrive à la moitié de la deuxième mi-temps, Jussiê remplace poste pour poste Wendel sur le côté gauche. Le coup de rein et la qualité du jeu long du Brésilien font énormément de bien aux Bordelais qui parviennent enfin à sortir de leur moitié de terrain. A défaut de réequilibrer les débats, la pression sur les cages de Carrasso retombe pendant quelques minutes, le temps pour le Bayern de décider d’envoyer quelques longs ballons vers Toni et Gomez. Derrière, on prend les mêmes et on recommence : les Allemands trouvent des espaces sur les ailes mais Bordeaux reste maître dans sa surface de réparation. Et Carrasso de dépanner quand Chalmé ou Trémoulinas ratent leur passe en retrait. Histoire de répondre aux longs ballons munichois, Laurent Blanc fait sortir Plasil pour le bleu Sané qui découvre la Ligue des Champions pour son premier match en pro.

Le Lormontais prend le poste de latéral droit, laissé vacant par Chalmé pour prêter main forte à Planus, Ciani et Diarra face à Gomez et Toni. Sentant le joli coup à faire, Robben décide d’aller tester son grand gabarit, bien moins vif que celui de Trémoulinas. Mais s’il est bien passé, le Néerlandais a tout de suite vu son centre coupé par la défense bordelaise. On est dans les dernières secondes de la partie et l’exploit paraît de plus en plus réel. Et puis il y a cette longue ouverture de Fernando, cette course de Chamakh qui profite d’une mésentente entre Badstuber et Butt pour filer vers les cages adverses. Et cette fois, Van Buyten n’est pas là pour le sécher. Quelques secondes passent, la France du foot savoure et le ballon franchit enfin la ligne de Butt. Bordeaux est en huitièmes de finale au prix d’un match où ils ont joué contre-nature (comprendre, sans le ballon), un exploit retentissant à n’en pas douter.

4 comments to L’exploit des Girondins de Bordeaux

  • Londoner

    En effet Bordeaux a vraiment ete etonnant et notamment dans les duels defensifs ou mis a part Planus battu une fois par Toni, tous les autres duels ont ete gagnes … J’ai meme trouve que Bordeaux a fini en 5-4-1 avec Diarra Ciani au marquage sur Toni/Gomez et Planus decroche en libero.
    Mais quand meme ce Bayern la est loin du tres haut niveau europeen, et la tu as beau ne pas aimer Ribery mais on voit bien que sans lui on est loin du Bayern de l’an passe qui etait allait s’imposer 3-2 a Gerland notamment …
    En fait on a l’impression que seul Robben pouvait faire la difference et Tremoulinas s’en est super bien occupe. Et quelqu’un a une idee de ou est passe le vrai Klose???? Car la en 45minutes ct son fantome (comme a l’aller d’ailleurs) je sais pas trop ce qui lui arrive. Je ne suis pas assez le championnat allemand pr avoir une explication … Peut etre as tu une idee?

  • Florent
    Twitter:

    Le Ribéry d’aujourd’hui aurait-il changé quoi que ce soit… On peut se poser la question. Concernant Bordeaux, il y a aussi l’entrée de Sané à prendre en compte aussi dans le marquage de fin de match sur Toni/Gomez. Mais il est vrai que Planus ne jouait pas les duels dans les airs, et c’est normal. Klose, pour ce que j’en ai lu, il n’est bon qu’avec la Manschaaft en ce moment.

  • Effectivement, Klose ne marque quasiment plus avec le Bayern , c’est bien dommage pour un joueur dont le talent ne fait pas de doute :(

  • [...] Bordeaux-Bayern Munich, Lille-Genoa, Bordeaux-Le Mans, Liverpool-Manchester United, Bordeaux-Monaco, Bayern Munich-Bordeaux, Lyon-Liverpool, Shakhtar Donetsk-Toulouse, Lille-Bordeaux et l’apothéose [...]

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