Dix hommes et un monstre

Share

Quarante cinq après, l’Inter a décroché la troisième Ligue des Champions de son histoire. Pour Mourinho, c’est la deuxième. Pour Moratti et le milliard d’euros injecté depuis une quinzaine d’années, c’est la première. Pour aller jusqu’au bout, le collectif milanais a joué les caméléons de manière à s’adapter à toutes les situations et tous les adversaires. La rencontre d’hier soir face au Bayern n’a pas dérogé à la règle. En deuxième période, l’Inter s’est adapté pour tenir. Et Milito a frappé.

Les premières minutes de la partie ne nous ont pourtant pas aiguillé sur l’issue de la rencontre. Malgré une première possession de balle à leur avantage dans le camp munichois, l’Inter ne parvient pas à se montrer dangereux. Au bout de vingt minutes, c’est finalement le Bayern qui ressort vainqueur dans le combat pour le ballon. Mais dans leurs deux cages, Butt et Julio César ne sont pas inquiétés autrement que sur coup de pied arrêtés. Dans le jeu, personne ne se distingue… Excepté Milito qui remporte tous ses duels face à Demichelis et Sneijder toujours démarqué lorsque l’Argentin cherche un partenaire à qui remettre le ballon. Cette faille dans le système défensif de Van Gaal est exploité à 100% à la 36ème minute. Remise de Milito pour Sneijder qui fixe et remet à l’Argentin. 1-0.

Ça, c’est fait pour les Milanais. Reste maintenant à s’adapter aux forces offensives du Bayern : on retrouve alors les recettes qui ont permis à l’Inter de tenir face au Barça. De haut en bas, ça commence par le rôle de Sneijder qui harcèle les milieux de terrain adverse et donne le tempo du pressing et de la remontée du bloc. Sur les côtés, les ailiers supportent leurs latéraux en phase défensive et jouent ainsi la double défense sur Robben et Altintop. Dans l’axe, le quatuor défensif et les deux milieux défensifs (Zanetti et Cambiasso) forment un bloc extrêmement dense et compact de six joueurs qui ne laissent pas le moindre espace aux attaquants du Bayern dans la zone de vérité. Pour que ces derniers égalisent, il faut que ce bloc explose ; Il n’y a pas d’autres solutions.

Au retour des vestiaires, Van Gaal va bien tenter plusieurs choses. D’abord sur les côtés, les latéraux apportent des solutions pour prendre à défaut la double défense mise en place mais le bloc des six règne en maître dans sa surface de réparation. Alors les Bavarois essaient de partir de plus loin. Au lieu de repiquer à 35 mètres de Julio César pour se faire prendre par Cambiasso, Robben cherche à trouver Schweinsteiger, intercalé entre les deux milieux défensifs de l’Inter. L’Allemand est servi et met la défense milanaise au bord de la rupture mais celle-ci s’en sort. Immédiatement, l’Inter rectifie le tir. Sneijder recule en phase défensive et Cambiasso ou Zanetti jouent les sentinelles selon les situations pour éviter les prises d’intervalle des milieux munichois.

Les entrées en jeu de Klose et Gomez ne changent rien à l’affaire. L’Inter a trouvé la solution à la seule situation de jeu qui les a inquiété. L’entrée de Stankovic à la place de Chivu finit de stabiliser le milieu milanais tandis que le vétéran Zanetti va éteindre Robben sur son aile, un mois après s’être offert le scalp de Messi. Offensivement, les hommes de Mourinho délivrent un récital en contre-attaque. Ça joue juste et dans le bon tempo, un vrai cauchemar pour une défense qui est en phase de repli. En bout de chaîne, Diego Milito brille dans tous les compartiments du jeu : des airs au sol, en dribble ou en une touche, l’Argentin délivre une partition parfaite. Et additionne son efficacité devant le but à la rigueur de ses défenseurs. Le résultat ? L’Inter champion d’Europe, sans contestation possible.

Les charts :

#1 Diego Milito : Je vais la jouer comme Maxwell et éviter d’en rajouter. Quand on se ramasse un 10+ sur 10 dans la Gazzetta dello Sport, difficile d’en dire plus sans en faire trop. Une question à la con : si l’Argentine est championne du monde, le ballon d’Or sera pour lui non ?

#2 Wesley Sneijder : Absolument fan de ce joueur. Il est toujours dans le bon rythme, que ce soit offensivement ou défensivement. Bon, en même temps, c’est lui qui le donne. Mais encore faut-il qu’il soit adapté au jeu de ses partenaires. Et avec l’Inter, c’est le cas.

#3 Esteban Cambiasso : Il a un rôle très important dans le blocage d’Arjen Robben hier soir. Loin du Gonalons qui s’efface pour laisser le Néerlandais frapper lors de la demi-finale aller, il s’est constamment mis en opposition de manière à rendre l’angle de frappe impossible pour l’ailier du Bayern. Nickel. Et absent des 23 de Maradona…

#4 Hans-Jörg Butt : Les commentateurs en ont fait des caisses à chaque fois qu’il s’est raté face aux clubs français. Surtout Bordeaux. Quand il sort des parades d’aussi bonne facture qu’hier soir, autant le mettre en avant. Il ne lui manquait qu’un but sur penalty.

#5 Julio César : Dernier rempart de l’Inter, il est superbement protégé par ses défenseurs mais sait s’employer lorsque la situation le demande. Sauveur au retour des vestiaires sur la frappe de Muller, il a été parfait dans les airs. Peut-être le meilleur gardien du moment.

Retrouvez le fil tactique de la rencontre en cliquant ici.

Share

4 comments to Dix hommes et un monstre

Leave a Reply

 

 

 

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>