L’attaque a fini par l’emporter

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Ce Bayern-Lyon s’en sort très bien pour que je le traite de la même façon que le premier match entre le FC Barcelone et l’Inter Milan. Car niveau spectacle et qualité globale des deux équipes, on a été un voire deux crans en-dessous des adversaires de mardi soir. Il faut dire qu’avec des Lyonnais sans ambition ou presque et des Bavarois beaucoup plus patients et calculateurs qu’en Bundesliga, on pouvait difficilement espérer mieux. Après le fil tactique, c’est l’heure de l’analyse !

On ne va pas tourner en rond pendant cinquante ans. Bien qu’ils aient évité de prendre une valise, les Lyonnais ramènent peut-être le pire score possible de ce déplacement à Munich. Avant la rencontre, je doutais de la capacité de l’OL à ramener un résultat positif, ce qu’ils avaient fait à domicile face au Real et à Bordeaux. Hier, ils ont tout fait un match sensiblement identique à ce qu’ils avaient produit lors des matchs retour des tours précédents : un attaquant qui cavale et neuf joueurs derrière qui tentent de préserver le score. Si seulement celui-ci avait démarré à leur avantage, j’aurais compris. Mais devoir négocier un 0-0 à domicile face à un Bayern possédant des joueurs passés maîtres dans l’art de la contre-attaque, je n’appelle pas ça un avantage.

L’OL aurait donc dû sortir beaucoup plus, au moins pendant le gros quart d’heure passé en supériorité numérique en tout cas. Au lieu de ça, les Lyonnais m’ont semblé obsédés par le jeu de leur adversaire. Censés épauler Lisandro devant, Delgado et Ederson ont passé leur temps à soutenir leurs latéraux pour fermer le couloir aux combinaisons du Bayern. On notera la clairvoyance de Van Gaal qui, après l’expulsion de Ribéry, a fait le choix de maintenir la pression sur les deux ailes plutôt que de faire reculer Müller à hauteur de ses milieux défensifs. Il a vu tout aussi clair après la mi-temps avec l’entrée de Tymoschuk devant la défense, qui a permis à Pranjic et Schweinsteiger d’aller presser des relanceurs lyonnais qui, à onze contre onze, était gêné par Olic et Müller.

Bon en même temps, je fustige les choix défensifs de l’OL mais quand on voit les différences faites par Robben sur l’aile malgré deux ou trois joueurs sur le dos, on se dit que c’était sans doute nécessaire. Mais Pjanic ? A Madrid, il avait été le premier soutien de Lisandro. Hier, il n’a pas existé, pris dans le premier rideau défensif du Bayern et est sorti juste après l’expulsion de Toulalan. Alors que Gomis devait rentrer, c’est Jean II Makoun qui a pris sa place. « A partir de là, je crois que bon » personne n’était surpris de voir l’OL reculer pendant la dernière demi-heure. Malgré tout, ils ont limité les dégâts. Mais l’obligation d’attaquer à Gerland dans une semaine les obligera à l’exploit. Car ce n’est définitivement pas dans leur nature.

On passe aux charts !

#1 Arjen Robben : Evidemment, il s’est baladé. Après Sneijder hier soir, un ancien indésirable du Real fait la différence en demi-finale de Ligue des Champions. S’il ne passe pas, c’est parce qu’il a trois mecs face à lui. S’il passe, vous n’avez plus qu’à prier. Tout simplement le meilleur ailier de la planète depuis que Messi s’est installé dans l’axe à Barcelone.

#2 Anatoliy Tymoschuk : Ça vous surprend ? En s’installant devant la défense à la mi-temps, le sosie de Edge a apporté deux choses : il a d’abord permis à Pranjic et Schweinsteiger d’aller chercher les Lyonnais plus haut et s’est surtout rendu constamment disponible à ses défenseurs centraux, pour finir d’annihiler le travail défensif de Lisandro…

#3 Diego Contento : Sorti de nulle part pour quelqu’un d’aussi inculte que moi à propos du football allemand, il a fait un gros match pour une première demi-finale de Ligue des Champions. Des duels bien gagnés et surtout des prises de risque devant. Un pendant très intéressant à Phillip Lahm, auteur lui d’une grosse deuxième mi-temps.

#4 Cris : Le trolley-boy de l’excellent Hot Fuzz du trio Wright/Pegg/Frost a sans doute été le meilleur Lyonnais hier soir. Obligés de laisser deux fois ses partenaires pour se faire soigner, il a malgré tout tenu la baraque derrière, que ce soit avec Toulalan ou Gonalons. S’il inscrive le but de la qualif’ au retour et il pourra avoir sa statue dans le futur stade.

#5 Danijel Pranjic : Quand j’ai découvert qu’il allait joué dans l’axe avec Schweinsteiger (que je sais écrire et prononcer au passage, le Schweini des gars de TF1 m’insupporte), je me suis interrogé. En fait, il s’en est très bien sorti et a été pour beaucoup dans l’invisibilité de Pjanic pendant la première heure de jeu. Après c’était la faute à Puel.

La fiche du match : Bayern Munich 1-0 Lyon
Allianz Arena, 70 000 spectateurs
Arbitre : Roberto Rosetti
Buts : Robben (69e) pour le Bayern.
Cartons : Pranjic (27e, suspendu au retour), Ribéry (rouge, 37e) pour le Bayern – Toulalan (51e, 54e, suspendu au retour), Bastos (79e) pour Lyon.
Trois duels dans le match (les vainqueurs en gras) : Demichelis VS Lisandro ; Olic/Gomez VS Cris ; Robben/Lahm VS Cissokho/Delgado
Bayern Munich : Butt – Lahm, Van Buyten, Demichelis, Contento – (Tymoschuk, 46e) – Schweinsteiger, Pranjic (sort, 63e) – Robben (Altintop, 85e), Muller (disparaît, 37e), Ribéry (Müller, 37e) – Olic (Gomez, 63e)
Lyon : Lloris – Reveillère, Cris, Toulalan (Gonalons, 54e), Cissokho – Gonalons (recule, 54e), Kallström, (+ Makoun, 56e) – Ederson (Bastos, 70e), Pjanic (disparait, 56e), Delgado (Govou, 79e) – Lisandro.

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