C’était pourtant annoncé partout (notamment sur e-foot.eu), il aurait fallu un véritable exploit pour que l’OL sorte vainqueur de sa demi-finale face au Bayern Munich. Jouer contre-nature pour aller chercher sa qualification, rien n’était plus difficile pour les hommes de Claude Puel. Après un premier quart d’heure où ils ont affiché leur seule arme ce qui m’a semblé être leur seule arme pour ce match retour, un pressing intense dans le camp adverse, ils se sont faits piéger par des Munichois très à l’aise, car plus libres qu’à l’aller, dans les 40 derniers mètres lyonnais.
Jean-Michel Larqué avait pourtant bien démarré son match : d’humeur optimiste, il se demandait pourquoi tant de personnes voyait l’OL éliminé sitôt le coup de sifflet final donné à l’Allianz Arena il y a une semaine. Le premier quart d’heure lui donnerait presque raison. On sent de l’entrain côté lyonnais ; de l’enthousiasme même lorsqu’ils vont, poussés par leur public, mettre la pression sur Lahm et Van Buyten dans leurs 30 mètres. Et puis ils se sont rendus compte que le Bayern ne vacillait pas, loin des problèmes bordelais en quarts de finale. Pire, sur sa première opportunité dans la profondeur, Olic pique le ballon dans les pieds de Cris et sert Müller qui loupe (encore une fois) une énorme occasion.
Le premier quart d’heure passé, on est transporté six jours plus tôt à l’Allianz Arena. Le Bayern tient le ballon, le fait tranquillement tourner au milieu de terrain et place ses banderilles avec les accélérations de Robben, Müller ou Olic. Arrive alors ce qui est pour moi le premier fait marquant du match : le carton jaune de Gonalons (21e) pour une faute d’antijeu sur Van Bommel. Après ça, le pressing lyonnais va se déliter complètement. Lisandro y va seul, timidement suivi par Delgado ou Govou mais le reste du bloc ne suit plus. Manque de bol dans le même temps, Van Bommel et Schweinsteiger prennent de l’envergure au milieu de terrain et gagnent des ballons. Une possession résultant de ces récupérations aboutit sur l’ouverture du score.
Les symptômes sont tous là : pressing désorganisé et adversaire capable de se projeter rapidement, les Lyonnais sont coupés en deux. Malgré tout, Bastos manque de peu une balle d’égalisation. Au retour des vestiaires, l’entrée de Gomis permet de libérer Lisandro du marquage strict adverse. L’Argentin décroche et apporte du liant au jeu lyonnais. Mais rapidement, le Bayern va réagir en envoyant un défenseur suivre le meilleur joueur de l’OL à la trace lorsqu’il redescend proposer des solutions dos au but. Pour ne rien arranger, Cris se fait expulser d’une manière hallucinante de bêtise. Derrière, le Bayern sanctionne. Et un, et deux, et trois zéro. Le dernière demi-heure relèvera de l’anecdotique.
« L’obligation d’attaquer à Gerland dans une semaine les obligera à l’exploit. Car ce n’est définitivement pas dans leur nature. » C’était les deux dernières phrases de mon analyse du match aller. La rencontre de ce mardi soir a confirmé qu’attaquer n’était pas dans la nature des Gones. La meilleure preuve ? Pour aller chercher la qualification, Puel semblait avoir pour seule et unique atout une arme défensive puisqu’il s’agit du pressing mis en place durant le premier quart d’heure. Pas de combinaisons ni de travaux particuliers sur une adversaire, non. Du pressing, uniquement. Difficile de lui jeter la pierre, cela avait marché jusqu’ici. Et l’OL n’avait de toute façon pas les moyens de faire autre chose.
On passe aux charts !
#1 Ivica Olic : Trois buts et une grosse activité sur tout le front de l’attaque du Bayern, le Croate était très au-dessus du niveau de sa première mi-temps du match aller. Pour un dévoreur d’espaces comme lui, c’est tout de suite plus facile lorsque la défense n’est pas replié sur sa surface de réparation.
#2 Bastian Schweinsteiger : Infatigable dans l’entrejeu, il a peut-être été le joueur le plus constant sur cette double confrontation. Des récupérations, des prises de risque, un jeu de passes complet et un sentiment de domination assez visible sur ses adversaires directs de l’Olympique Lyonnais.
#3 Sidney Govou : Preuve que ces charts sont complètement subjectifs. J’ai beaucoup apprécié la performance du Lyonnais qui s’est fendu de quelques gestes de grande classe, malheureusement pas décisif. Preuve que l’extra-sportif, on peut en faire fi lorsqu’on a du talent et un peu de cervelle.
#4 Philipp Lahm : Prudent en première période, il s’est complètement lâché au retour des vestiaires. Une combinaison avec Robben par-ci, une prise de balle intérieur par-là ; le meilleur reste quand même les moments qu’il joue à la fois ailier et latéral durant le dernier quart d’heure. Avec une passe décisive.
#5 Holger Badstuber : Là aussi, c’est subjectif (quoique, Altintop a tellement fossoyé dans les derniers mètres qu’il ne mérite pas). « Bonjour, je m’appelle Holger, j’ai 21 ans, je suis défenseur central et je rentre dans une demi-finale de Ligue des Champions sans que cela se ressente. » Bonjour Holger. Bienvenue chez les grands.
La fiche du match : Lyon 0-3 Bayern Munich
Stade Gerland, 39 000 spectateurs
Arbitre : Massimo Busacca
Buts : Olic (26eme, 66eme et 78eme) pour le Bayern.
Cartons : Gonalons (23eme) et Cris (59eme et 59eme, -c’est drôle quand même-) pour Lyon – Altintop (24eme) pour le Bayern Munich.
Trois duels-clés dans le match (les vainqueurs en gras) : Olic VS la défense centrale, Lisandro VS la défense du Bayern, Muller VS Reveillère (sur le premier but)
Lyon : Lloris - Reveillère, Cris (Gonalons, 59e), Boumsong, Cissokho (Bastos, 46e) – Gonalons (Pjanic, 69e), Makoun – Govou, Delgado (disparaît, 46e), Bastos (Delgado, 46e) – Lisandro (Gomis, 46e + Lisandro)
Bayern Munich : Butt – Lahm, Van Buyten (Demichelis, 46e), Badstuber, Contento – Van Bommel, Schweinsteiger (Alaba, 79e) – Robben (Klose, 76e), Altintop – Muller, Olic.
N’oubliez que le gros matchs sont analysés en deux articles sur e-foot, allez donc faire un tour ici aussi : Lyon-Bayern : le fil tactique !




Le titre est drôle mais il a été sortit dans l’after et utilisé par so foot :)Reply – Quote
Euh… http://www.sofoot.com/trois-suppos-et-olic-125576-article.html
Y’a pas un ptit problème M. e-foot ?Reply – Quote
Le ‘système’ Puel a vécu et a clairement montré ses limites, oserais-je même dire que Lyon n’avait pas sa place dans ce dernier carré ? J’aurais mille fois préféré voir le Real Madrid à la place de cette équipe fantôme, au moins on aurait eu droit à un vrai match et pas à un combat Mike « teuton » Tyson contre Jean-Michel « j’y crois tout seul » Larqué.
Certes Lyon a fait pression quelques minutes dans chaque mi-temps … mais où sont les occasions ?
1) En attaque placée, aucune combinaison susceptible de mettre en difficulté des gamins de 19 et 21 ans pourtant quelquefois hors de position.
2) En attaque rapide, les avants-latéraux (peut-on parler d’attaquants avec Puel ?) et les 2 milieux mettaient une plombe pour franchir la ligne médiane, dans ces circonstances, le replacement défensif du Bayern n’était pas trop contrarié, et donc retour au point 1)
Par certains côtés (et même beaucoup), le « système Puel » me fait penser au « système Domenech » (courage, jouons à reculons !), c’est pourquoi je prends rarement du plaisir à regarder ces 2 équipes.
NB : N’avais-je pas encensé Olic dans un autre commentaire ? MWA HA HA HAReply – Quote
Twitter: flotoniutti
Et merde pour le titre tiens.Reply – Quote
[...] Trois suppos et Olic ! [Lyon-Bayern] Quelques clés à la (reprise de) volée [...]Reply – Quote
[...] contre le Bayern ? ». Pour ceux qui n’ont pas suivi, l’OL s’est pris un méchant 3-0. Suggestion de question pour plus tard : est-ce que la nuit il fait sombre [...]Reply – Quote