L’OL est crédible

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Claude Puel n’est plus qu’à un match de tenir sa revanche. Tous les plâtres qu’il a essuyé sur les derniers mois ne pèseront plus lourd si l’OL réussi à réitérer sa performance de ce soir dans un mois au Bernabeu. Le coach lyonnais ne s’y est d’ailleurs pas trompé : loin de l’euphorie ambiante à l’issue de la rencontre, il a regretté que ses joueurs n’aient réussi à doubler le score pour préparer plus sainement le déplacement à Madrid. Car oui, après ce soir, l’Olympique Lyonnais a des raisons d’y croire. Et on va voir pourquoi dans ce billet.

Au moment où l’arbitre de la rencontre donne le coup d’envoi, on ne donne en effet pas très cher de la peau des Lyonnais. Le Real est là, au grand complet ou presque (sans Pepe) et les Lyonnais s’organisent dans un 4-2-3-1 qui risque d’isoler Lisandro pendant une bonne partie de la rencontre. Offensivement c’est exactement ce qu’il se produit durant les premières minutes. Un léger revers de médaille car les Lyonnais tiennent le choc derrière. A la pointe de l’attaque de l’OL, l’Argentin observe alors ses coéquipiers organisés en deux lignes de quatre joueurs avec  le seul Toulalan chargé de fermer les brêches. Un seul crédo pour ces neuf joueurs : ne pas se faire éliminer. Devant les oppositions de Pjanic et Makoun, Xabi joue dans un fauteuil et il s’en faut de peu pour qu’une attaque placée  du Real fasse mouche sur une talonnade de Cristiano.

Mon dernier souvenir du Real remonte au Clasico. Malgré la défaite, les Galactiques s’étaient très bien répartis les tâches : Cristiano animait les couloirs (oui, oui les deux) pendant que Kaka s’occupait de mener le jeu dans l’axe, face à la surface de réparation. Hier soir, les deux stars du Real se sont complètement emmêlées les pinceaux tactiquement tant est si bien que Kaka a fini le match sur l’aile gauche. Face à neuf joueurs lyonnais regroupés et laissant peu d’espaces, les Madrilènes ont été incapables d’utiliser les ailes, pourtant une arme fatale dans des situations de ce genre. En plus du rendement de ses deux leaders techniques, les prestations indigentes de Granero et surtout des latéraux ont rendu complètement prévisibles et inoffensives toutes les attaques posées des Madrilènes. C’est bien simple, ils donnaient l’impression de jouer dans un entonnoir, incapables ou presque d’écarter pour créer un décalage.

Au bout d’une demi-heure, sans solution, les Madrilènes perdent petit à petit le fil de la rencontre. Déjà auteurs d’un grand nombre de fautes depuis le début de la partie, ils vont les multiplier à partir du moment où l’OL trouve son avant-centre plus régulièrement. A la demi-heure de jeu précisément, Lisandro réussit son premier enchaînement de point d’appui en remisant sur Makoun. Le Camerounais manque de lancer Cissokho mais l’action va se répêter ensuite. Avec des conséquences heureuses pour les Lyonnais. Lisandro domine Albiol et Ramos et sur leurs ailes, Delgado et Govou réussissent à ressortir des ballons malgré la pression adverse. Même Pjanic, pourtant effacé une bonne partie du match, réussit à prendre le dessus sur ses adversaires directs et à pénétrer balle au pied la moitié de terrain adverse. Et là, c’est un tout autre Real qui se découvre à l’ex-champion de France.

En effet, dans sa moitié de terrain, le onze de Pellegrini n’est clairement pas souverain. Décidés à aller chercher les Lyonnais au niveau de la ligne médiane, Xabi Alonso et Diarra peinent à revenir une fois qu’ils sont passés. Marcelo et Arbeloa ont le dessous face à leurs ailiers et ne bénéficient pas vraiment du soutien de Granero, Ronaldo ou Kaka. L’équipe est littéralement coupée en deux, un problème déjà relevé lors du Clasico d’ailleurs. Résultat, l’OL réussit quelques enchaînements, essentiellement à partir des couloirs vu les prestations offensives fantomatiques des axiaux sur cette rencontre. Sauf au retour des vestiaires : Makoun profite d’un ballon perdu par Granero sur la médiane et file vers le but. Xabi et Diarra sont déjà battus et la défense centrale est encore en train de s’accorder (Garay vient de remplacer Marcelo), résultat : une patate à la trajectoire bizarre qui vient se loger dans la lucarne de Casillas. 1-0.

On se dit que paradoxalement, ce grain de sable va enfin dérider la machine madrilène. Que nenni (j’aime bien cette expression) ! L’euphorie reste lyonnaise, Lisandro et Delgado continuent à mettre la pagaille devant la défense du Real et les décalages arrivent côté droit avec les débordements de Govou. Lisandro manque de profiter d’un dégagement manqué de Casillas et quelques minutes plus tard, il lance Cissokho qui bute sur le gardien de la Roja. Cette accélération du rythme de la rencontre semble enfin les Merengue : tout proche du 0-2, Higuain manque d’égaliser sur la relance en prenant le dessus sur Cris et Boumsong, la faute à un Lloris vigilant. Joueur de profondeur, l’Argentin du Real se mue aussi en point d’appui décrochant, chose impossible en première période, pour accélérer le jeu madrilène. Mais il sort cinq minutes plus tard au profit de Karim Benzema. Et le match se calme de nouveau.

L’OL reprend alors ce qui a fait son succès en première période. Les deux lignes de quatre avec Toulalan intercalé se réorganisent et se recroquevillent minute après minute autour de leurs 30 mètres. Le terrain est très bien quadrillé et aucun Madrilène n’est capable d’apporter le surnombre de derrière (le fameux dépassement de fonction oui !). A l’inverse, les minutes passant, Lisandro est de plus en plus esseulé : les balles de break sont définitivement passées, il faut tenir maintenant ! Tant mieux, l’OL a retrouvé le quadrillage du terrain qui a fait sa force en première période. Face à cinq Madrilènes capables de s’intercaler entre les lignes, les Lyonnais n’ont plus peur que de l’exploit d’un de leurs adversaires. Il ne viendra pas, les Galactiques sont définitivement dans un mauvais soir et l’OL remporte la première manche de son combat perdu d’avance.

Reste maintenant à se demander s’ils sauront faire la même au match retour. Bien entendu, les pessimistes diront que le Real n’était pas dans un bon soir ; que les Galactiques sont complètement passés au travers et que Pellegrini a été malchanceux dans ses choix (l’absence de Lass’ pour ne pas prendre le risque de le perdre lui et Xabi Alonso sur suspension pour le match retour). J’ajouterai aussi que le Real a déjà livré des prestations offensives collectives de très bonne facture, chose que l’on n’a pas vu ce soir. Et en trois semaines, beaucoup de choses peuvent se régler. Côté Lyonnais, le fait de ne pas avoir encaissé de buts est primordial. Car vu les espaces entre la défense et le milieu madrilène (une constante depuis le début de la saison), Lisandro et ses potes auront certainement des occasions à se mettre sous la dent au retour. Un petit but et la perf ne serait peut-être plus très loin.

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2 comments to L’OL est crédible

  • to.fra

    Bon voilà, Fred Hermel pourra se palucher autant qu’il voudra mais les faits sont là: le Real ne s’est toujours pas trouvé de collectif. On nous l’a dit et repété depuis le clasico, on nous a bassiné : « ce real se construit un collectif » blablablabla… pourtant les madrilènes sont toujours aussi dépendant de leurs individualités, il n’y a aucune culture tactique. Alors ça passe plutôt pas mal pour le train train quotidien, pour cequi est des individualités y ace qu’il faut dans l’effectif merengue. La recontre face à Xeres de ce week end est en ce sens exemplaire tant le real a eu du mal à deployer un jeu correct face au dernier de liga (jusqu’à l’ouverture du score à la 60ème). Lyon a été loin d’être génial mais appliqué tactiquement (chapeau à Puel qui a amené les latéraux merengue a s’ecraser dans l’axe… encore que de lateral il n’y avait réellement que CR9) et avec un minimum de grinta. Il faut croire que ça suffit pour mettre à terre les millions de florentino. Je n’aime pas le Real, c’est génétique. J’espère de tout coeur que Lyon ne va pas prendre le bouillon à Bernabeu (le 5-2 de l’année dernière peut se répeter) et que Lyon va à nouveau marcher sur la face de l’equipe du Caudillo, ça sera la meilleure DNCG européenne possible.ReplyQuote

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