Un miracle, voilà le mot que j’aurais voulu lire plus souvent lors des avant-matchs de ce Marseille/Real Madrid. Car battre les nouveaux Galactiques par quatre buts d’écart ou s’imposer tout en espérant une défaite du Milan AC relevait du surnaturel pour des Marseillais en progrès, mais loin d’être à 100%. Face au Real, ils n’ont pourtant pas démérité en ce mardi soir, faisant quasiment jeu égal en première période avant de sombrer corps et biens au retour des vestiaires. Désormais, c’est à eux de représenter la nouvelle ambition du football français en Ligue Europa.
Comme face au Barça il y a dix jours, le Real débute la rencontre en imposant un gros pressing sur la relance marseillais. Marcelo, Van der Vaart, Ronaldo et Higuain multiplient les efforts pour gêner et empêcher les transmissions entre les défenseurs de l’OM et leurs milieux de terrain. Lorsque le Ballon d’Or 2008 propulse son premier coup-franc dans les filets de Mandanda, on sent poindre la soirée cauchemar pour les Marseillais. Et pourtant, ils réagissent de forts belles manières. Bloqués dans l’axe, ils décident de remonter les ballons dans leurs couloirs et, ça tombe bien, Taïwo, Bonnart, Niang et Abriel sont en pleine forme. Cinq minutes après l’ouverture du score de Ronaldo, le premier déboule sur l’aile gauche, déborde, excusez du peu, Sergio Ramos et envoie un centre dans la surface qui finira avec un peu de réussite dans les pieds de Lucho. 1-1, l’histoire serait-elle en marche ?
Car l’OM, poussé par un je-ne-sais-quoi, fait reculer le Grand Real. Le 4-4-2 madrilène se transforme rapidement en un 4-3-1-2 histoire de densifier un bloc défensif qui prend l’eau dès qu’il doit défendre dans sa propre moitié de terrain. Dans leurs 30 derniers mètres, les Merengues affichent même une certaine panique au moment de ressortir les ballons. Heureusement pour elle, malgré les nombreux vents pris dans leurs couloirs, la défense madrilène reste souveraine dans l’axe grâce au soutien des trois milieux placés devant elle. Empêchant leurs homologues marseillais de se retourner, Diarra, Alonso et, dans une moindre mesure, Marcelo permettent au Real de reprendre l’ascendant dans l’entrejeu. Les récupérations se font à hauteur de la ligne médiane et permettent de lancer rapidement Ronaldo ou Higuain dans la profondeur. A l’approche de la demi-heure de jeu, les Madrilènes semblent avoir repris le contrôle.
Le dernier quart d’heure de la première période se résume à une vrai bataille rangée aux abords du rond central. Les prises à deux se multiplient, d’un côté comme de l’autre (Lucho en ramasse quelques gratinées) et l’on en arrive au point où les deux équipes se neutralisent. En évitant de trop reculer, la défense marseillaise parvient à soutenir ses milieux de terrain pour enfermer les relances madrilènes sur les côtés. Si Marcelo, Ronaldo ou Van der Vaart ont du mal à se sortir de cette nouvelle tenaille, lorsqu’ils y arrivent, le danger arrive très vite sur les buts de Mandanda, faute de joueurs restant dans l’axe. A trop vouloir enfermer le Real dans un petit périmètre, la danger grandit logiquement lorsqu’ils en sortent. Les Madrilènes profitent aussi de cette fin de mi-temps pour régler leur problème des couloirs : Marcelo et Diarra empêchent Bonnart et Taïwo d’alerter leurs ailiers directement dans la profondeur.
Malheureusement, l’OM est incapable de trouver une autre solution offensive au retour des vestiaires. Certes, le nouveau rôle défensif de Marcelo et Diarra offre plus d’espaces à Lucho et Cheyrou mais aucun des deux relayeurs marseillais ne se montrent particulièrement inspirés à la construction. Ils se distinguent surtout en alertant leurs… ailiers dans la profondeur. Incapable de se montrer dangereux, Marseille voit le Real évoluer de plus en plus haut : invisible dans cette partie du terrain en première période, Lassana Diarra fait son apparition dans les 25 derniers mètres de Mandanda. Au milieu de terrain, Xabi Alonso prend du volume et envoie plusieurs ouvertures bien senties à destination de ses trois purs offensifs (Van der Vaart, Ronaldo, Higuain). Le but d’Albiol à l’heure de jeu n’est que la suite logique de la montée en puissance lente mais sereine du Real depuis la 10ème minute.
L’OM ne se démonte pourtant pas et met la pression sur l’engagement. Deschamps décide de prendre tous les risques en sortant sa sentinelle (Cissé) pour faire rentrer Koné. L’OM passe en 4-2-3-1 avec le duo Lucho-Cheyrou chargé de trouver les bonnes ouvertures pour ses trois attaquants. Entre les deux, Abriel sollicite le ballon en décrochages mais les espaces manquent dans l’axe de la défense madrilène. C’est finalement sur une ouverture en profondeur de Lucho que le match bascule. Niang, passé à droite, prend le dessus sur Arbeloa et est fauché par Casillas dans la surface espagnole. Le Sénégalais obtient une balle de 2-2 mais doit sortir sur blessure. Lucho se charge du tir mais trouve la barre. En une minute, l’OM a perdu son meilleur attaquant sans bonifier le penalty qu’il a obtenu. Inutile de dire que la fin du match est à la fois prévisible et anecdotique.
Les Marseillais se ruent à l’attaque mais n’ont plus ni le talent ni le mental pour aller chercher l’égalisation. Le repli se fait moins rigoureux et le duo Ronaldo-Benzema fait frissonner le Vélodrome à chaque fois qu’il pénètre dans le dernier tiers du terrain côté Mandanda. Le Portugais clôture finalement la marque à une dizaine de minutes de la fin en tirant profit d’une situation pourtant défavorable (en un contre deux). 1-3, Marseille quitte la C1 logiquement malgré des regrets sur les deux derniers matchs. De son côté, je pense que le Real sort du Vélodrome peut-être plus fort qu’il y est entré. En ayant très bien su répondre tactiquement à la pression marseillaise après l’égalisation, ils m’ont fait une excellente impression malgré l’absence notable de Kaka au milieu de terrain. D’un autre côté, c’était sans doute mieux pour les Olympiens.
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Il faut aussi dire que Ronaldo a été monstrueux hier, c’est celui qu’on aime voir.
L’OM a été solide, et collectivement, c’est en place, ils ont fait déjouer le Real pendant un bon moment.
Mais là où d’un côté Lucho, Heinze et Diawara sont arrivés, de l’autre ce sont de grands joueurs, qui font basculer un match tout seul, comme des grands… Pour preuve, le coup franc de Ronaldo qui est son troisième ou 4ème ballon, et son premier tir.
Mais j’ai la certitude que Marseille, s’ils continuent à jouer comme ils l’ont fait hier soir ou à San Siro, peut aller loin, très loin, en Europa League.Reply – Quote
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