« Bien mais pas top »

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Bon, autant vous le dire tout de suite, je ne suis absolument pas inspiré par les 90 minutes que je viens de voir entre l’Olympiakos le Pirée et les Girondins de Bordeaux. La plupart des gens retiendront le résultat qui ouvre presque en grand la porte des quarts de finale aux champions de France. C’est vrai qu’au coup d’envoi, vu les performances récentes des Bordelais, tout le monde signait pour un tel résultat. Bon, du coup, le billet concernant ce match va se résumer à quelques remarques ou quelques contres d’idées reçues.

Et sur les idées reçues, on va commencer par l’adversaire, l’Olympiakos donc, présenté comme une équipe faiblissime à ce niveau de la compétition. S’il est vrai qu’il s’agissait du tirage le plus clément possible pour les Bordelais, la simple vue du onze de départ nous remémore vite que les joueurs ne sont pas là au hasard, certains étant des habitués du haut niveau, que ce soit en Coupe d’Europe ou au niveau international. Vu de loin, Nikopolidis, gardien et capitaine, a gagné un Euro (dans les conditions que l’on connaît mais quand même…) ; Raul Bravo a été la doublure de Roberto Carlos au Real (et a quelques restes) ; à AstonVilla, Mellberg s’est frotté aux grands attaquants du Big Four pendant de nombreuses années ; Maresca a gagné deux coupes de l’UEFA avec Séville ; Datolo est international argentin etc… Enfin bref, vous m’avez compris : l’expérience des grands rendez-vous, il y en avait plus côté grec que côté français ce soir.

Du coup, j’ai apprécié de voir certains Bordelais se mettre au niveau, après quelques minutes difficiles, et ne pas hésiter à jouer les fameux vicieux tant décriés mais si utiles à ce niveau dans les moments chauds. J’avais déjà souligné cette capacité à rester dans le match en utilisant les mêmes armes que l’adversaire durant la phase de poules (face à la Juve et le Bayern bien évidemment), ils ont remis ça hier soir et ont pu bénéficier de coups de sifflet salvateurs à plusieurs reprises. Numéro un à ce petit jeu, Fernando leur a parfaitement montré la voie. Wendel s’est évidemment bien défendu mais c’est surtout Carrasso, et sa chute sur Derbyshire sur l’action finale (et le but refusé aux Grecs) qui remporte le pompon. Très en retard à ce niveau, et c’est normal vu son inexpérience, Lamine Sané m’a fait très peur au cours de la première mi-temps qu’il aurait parfaitement pu ne pas finir en pêchant plusieurs fois par naïveté.

Au niveau sur le plan mental, les Bordelais ont en plus, comme on le pressentait sur les dernières semaines, retrouvé leurs jambes. Autant pour défendre, aller à l’impact et faire parler leur puissance derrière et au milieu de terrain, Planus, Ciani, Fernando et Sané (au retour des vestiaires) ont su s’en servir. Autant pour attaquer, les jambes des attaquants bordelais semblaient aller trop vite pour leurs petites têtes. Combien de ballons perdus, d’actions avortées et de balles d’occasions gâchées par un geste précipité ou mal ajusté ? En deuxième mi-temps, alors que leurs adversaires prenaient tous les risques (particulièrement les latéraux, Raul Bravo et Torosidis), Gourcuff et ses potes ont laissé passer plusieurs ballons intéressants en voulant aller trop vite ou en jouant la tête sur le ballon. L’exemple contraire a en plus entraîné l’ouverture du score. Au moment où Lua-Lua tacle Trémoulinas, Bordeaux vient de tenir le ballon pendant une bonne minute trente dans les 40 mètres grecs. Y’a pas de secret…

Enfin, je ne vais pas faire le rabat-joie non plus : gagner un huitième de finale de Ligue des Champions à l’extérieur, quelque soit la manière, c’est un excellent résultat. Et ce serait une énorme surprise que de voir les Bordelais passer à la trappe à Chaban-Delmas dans trois semaines. Il faudra toutefois qu’ils montrent un autre visage en phase offensive, histoire d’éviter une fin de rencontre identique à celle de ce soir. En attendant, il va être intéressant de voir comment Bordeaux enchaîne en championnat après cet excellent résultat. L’équipe va t-elle stagner et s’appuyer sur une sérénité défensive presque retrouvée ou va t-elle réellement remettre un coup d’accélérateur pour retrouver un jeu de qualité dans les 30 derniers mètres adverses. Parce qu’au retour d’Athènes, il ne leur manque plus que ça : les ballons sont récupérés, remontent bien mais la finition est encore très médiocre. On attend la suite !

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