Le Brésil à l’arrachée

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Voilà, c’est fini. La Coupe des Confédérations terminées, ceux qui aiment le foot n’ont plus qu’un match, la finale de l’Euro Espoirs, à se mettre sous la dent avant de plonger dans un mois de trêve télévisuelle. Heureusement pour eux, les rumeurs mercatesques devraient rapidement laisser la place aux arrivées officielles et ils pourront tranquillement disserter sur le futur tactique de leur équipe autour d’un Perrier-tranche (ou d’un saladier) pendant tout le mois de juillet. En attendant cela, il est l’heure de revenir sur la Coupe des Confédérations et les deux rencontres de la journée de dimanche qui a vu les deux favoris, le Brésil et l’Espagne, l’emporter dans la difficulté face aux Etats-Unis et à l’Afrique du Sud.

Honneur aux vainqueurs, les Brésiliens ont remporté leur troisième Coupe des Confédérations en ayant joué 45 minutes au ballon. Face à eux, les Etats-Unis avaient fait la première mi-temps parfaite. Très présents dans l’axe, les Etasuniens ont obligé leurs adversaires à écarter le jeu un maximum. Conséquences, Kaka ne touchait aucun ballon dans sa zone de prédilection et les nombreux centres de Maicon ou Robinho étaient pour la majorité renvoyés par les deux gardes du corps du trop seul Luis Fabiano. Plus surprenant, les hommes de Dunga étaient complètement à la rue défensivement. Sur le but de Dempsey, le positionnement de la charnière Luisao-Lucio est à montrer comme « à ne pas reproduire’ » dans les écoles de foot. Sur le second but, c’est tout l’équilibre défensif brésilien qui éclate sur une contre-attaque magnifiquement conclue par Landon Donovan.

Pendant cette mi-temps, les Etats-Unis ont d’ailleurs pu montrer qu’ils avaient encore progressé depuis la dernière Coupe du Monde. Longtemps vu comme une équipe sans aucun sens tactique, ils affichent aujourd’hui un niveau très intéressant. Désormais capable d’avoir un vrai plan de jeu, ils ont en plus deux joueurs de talent à deux postes-clés avec Tim Howard dans les buts, très fort face à l’Espagne et le Brésil, et surtout Landon Donovan qui est un joueur classe comme il en manque parfois en Europe. Pour votre information, j’appelle « joueur classe » le gars technique et intelligent plus que physique. J’ai toujours eu un faible pour ces footballeurs-là. Ajoutez à ces deux-là quelques gros travailleurs sur chaque ligne (Onyewu, Dempsey, Davies pour citer les titulaires) et vous obtenez une équipe qui risque d’en emmerder plus d’un l’été prochain.

Malheureusement pour eux, et peut-être pour le début d’une soccermania aux US, le Brésil a retrouvé son vrai niveau de jeu au retour des vestiaires. Le but de Luis Fabiano au bout de quelques secondes a rapidement annoncé la couleur. Sous la menace directe d’une égalisation, les Etasuniens n’ont pas supporté cette nouvelle pression et en ont tout simplement oublié d’attaquer. Et comme chacun sait, reculer face aux plus grandes équipes de la planète se paie forcément. Moins marqué qu’en première période, c’est Kaka qui place l’accélération amenant l’égalisation et le doublé de Luis Fabiano à un quart d’heure de la fin. Ne restait plus qu’à marquer sur l’arme fatale des meilleurs : les coups de pied arrêtés. A sept minutes de la fin, Elano dépose le ballon au second poteau sur la tête de Lucio qui reprend victorieusement. 3-2, le Brésil a rempli son contrat, fermez le ban et rendez-vous dans un an.

Reste à savoir si les Brésiliens retrouveront l’autre meilleur nation du football actuel, à savoir l’Espagne. Battus par les Etats-Unis en demi-finale, les Espagnols ont été cette fois poussé jusqu’aux prolongations par l’Afrique du Sud. Comme pour toutes les équipes du tournoi, le facteur physique entre bien sûr en ligne de compte, peut-être même un peu plus pour la Roja tant son style de jeu demande d’être au top physiquement. Villa et Torres transparents, c’est les trois entrants, Guiza, Silva et Llorente qui ont permis aux hommes de Del Bosque d’éviter d’entamer une série négative. Le premier par son doublé en fin de rencontre, le second par son intelligence de jeu et le troisième par le vrai poids qu’il a apporté sur la défense sud-africaine. Au passage, c’est la première fois que je voyais vraiment jouer l’attaquant de l’Athletic Bilbao, il m’a vraiment convaincu dans ce rôle d’attaquant de soutien.

Bon, certes, ce n’était que l’Afrique du Sud en face et c’est loin d’être brillant. Limités techniquement, à part Pienaar, aucun ne connaît ou n’a connu le très haut niveau européen, les Bafana Bafana m’ont donné l’impression de résister que grâce à l’envie de briller devant leur public. C’est déjà pas mal me direz-vous mais si ça permet de rivaliser avec une Espagne épuisée, ça risque d’être un peu limite au mois de juin face à 31 adversaires qui seront cette fois au top physiquement. Et ce n’est pas avec leurs gabarits qu’ils vont rivaliser. Contrairement aux grandes sélections d’Afrique Noire, les Sud-Africains ne se distinguent pas grâce à leur masse physique. Et comme ils n’ont pas la technique des sélections du Maghreb, difficile de leur trouver une raison d’espérer franchir la phase de poules au mois de juin. A moins que comme leur attaquant Mphela, double buteur face à l’Espagne, il décide de faire honneur à l’évènement et à leurs supporters.

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