Le Shakhtar comme un grand

Share

Juste avant de disparaître, la Coupe de l’UEFA nous aura au moins permis de (re)découvrir le football de l’Europe de l’Est. Après le Zénith l’an passé, c’est le Shakhtar Donetsk qui a enlevé la 38ème et dernière édition de la compétition. Les Ukrainiens ont disposé sans souci d’un Werder Brême un voire deux tons en-dessous. Un peu comme l’OM en quarts de finale (et toc, dans ta gueule, Ferrerri)…

C’est bien simple, dès le quart d’heure de jeu, le Shakhtar apparaît déjà comme LE vainqueur logique de la rencontre. Maîtres du milieu de terrain, les quintet brésilien de Lucescu fait tourner la tête à la défense brêmoise à plusieurs reprises. Les nombreuses transversales utilisées pour atteindre rapidement les 20 derniers mètres allemands se muent en jeu court et nous permettent de découvrir toutes les qualités techniques et créatives de Fernandinho, Ilsinho, Jedson et Willian que le précédent adversaire (Marseille) avait honteusement maintenu au second plan. A la fin du premier quart d’heure, l’emprise du Shakhtar est telle que l’on ne voit que trois manières pour le Werder de marquer : une erreur d’un défenseur, un exploit individuel ou une patate dans la lucarne comme Frings ou Naldo savent si bien le faire.

La suite nous donnera raison mais avant, le Shakhtar va ouvrir le score dans les mêmes conditions que la rencontre aller face à l’OM. Après un période de maîtrise totale, les Ukrainiens donnent de l’air à leur adversaire qui commence à se découvrir et à offrir plus d’espaces dans la profondeur. Fatal : depuis la ligne médiane, Rat alerte Fernandinho qui dévie pour Luiz Adriano qui trompe Wiese. Et un signe d’une grande équipe à zéro pour le Shakhtar : marquer dans un temps (supposé) faible. On notera aussi le talent de buteur de Luiz Adriano, le successeur de Brandao à la pointe de l’attaque du Shakhtar. Vous avez bien lu « le successeur », Brandao était devant lui dans la hiérarchie des attaquants ; une preuve, s’il en fallait une, que les Marseillais n’ont pas recruté un peintre. Obligé de réagir, le Werder parvient tant bien que mal à équilibrer les débats et revient au score, comme prévu, sur une frappe des 30 mètres de Naldo, bien aidé par une erreur de main de Piatov (35e).

Loin d’être ébranlés par cette égalisation rapide, le Shakhtar reprend tranquillement sa domination. A l’inverse du Barça, leur emprise sur la rencontre est surtout palpable dans leur propre moitié de terrain où leur organisation ne laisse aucune faille pour les attaquants du Werder. Autre signe, tous les défenseurs remportent leur duel. Et s’ils ne le font pas, un second couteau a vite fait de venir combler le vide. Bref, sauf malentendu, car « le football est capricieux », les Ukrainiens vont l’emporter. C’est une simple question de minutes. Lewandowski, Luiz Adriano et Jadson sollicitent tour à tour Wiese qui fait son taf de gardien de la Mannschaft. A 10 minutes de la fin, on est pas loin du malentendu quand Pizarro dévie un coup-franc dans les buts de Piatov mais le portier ukrainien se rattrape de sa bourde en première période.

Au final, tous ces arrêts de gardien nous amènent aux prolongations. Sept minutes après le coup d’envoi de la première, Jadson, aidé par Wiese qui égalise dans son contest d’erreurs de main avec Piatov, expédie un ballon donné par Srna dans le but brêmois. 62 minutes après l’égalisation… juste une question de temps, on vous disait ! Dans la minute qui suit, Pizarro, sur un sursaut d’orgueil, permet à Piatov d’égaliser dans son contest d’arrêt de classe avec Wiese. Le reste de la prolongation restera savoureux pour les supporters ukrainiens et anecdotiques pour les autres (NDLA: matière à pinailler pour ce qui souhaitent bouffer de l’arbitre mais comme ils ne viennent pas ici…). Le Shakhtar remporte donc sa première Coupe d’Europe de son histoire et ramène une troisième coupe européenne en Ukraine, 23 ans après la dernière Coupe des Coupes remportée par le Dynamo Kiev.

La Coupe de l’UEFA, elle, finit sur une très belle finale, à sens unique mais qui a permis aux footeux(ix) français de comprendre l’écart de niveau qu’il existe entre Srna et Chalmé, entre Rat et Taïwo ou encore entre Fernandinho et Sessegnon. Un monde ? Oui, plutôt oui.

Share

Leave a Reply

 

 

 

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>