En attendant le second « test-match » des Bleus face à la Turquie, les Espoirs ont débuté ce soir le Tournoi de Toulon. Début avril, ils m’avaient une superbe impression d’ensemble lors d’un match amical face à l’Angleterre. J’en avais même fait un billet. Leur sortie de ce soir face au Qatar a été d’un tout autre niveau. Il faut dire que face à l’équipe la plus faible de leur groupe (qui comprend le Portugal et le Chili), Eric Mombaerts avait décidé de ménager son principal atout : le trio Capoue-Sissoko-Sankharé dans l’entrejeu. L’entrée en jeu des deux derniers en deuxième période a d’ailleurs donné un vrai coup de fouet aux Bleuets qui se sont finalement imposés dans les arrêts de jeu sur un coup d’éclat de Sako, l’attaquant de Châteauroux.
Face à un adversaire courageux venu pour prendre un point, Mombaerts décide de lâcher la bride d’entrée ; fini les trois milieux de terrains, seul Goulon et Martin débutent la rencontre dans l’entrejeu. Kembo à gauche et Obertan à droite encadrent un duo Sako-Yatabaré estampillé L2. Pour faire la liaison, le sélectionneur semble compter sur les décrochages de ces quatre. Ce job, c’est surtout Obertan qui s’en chargera dans le premier quart d’heure depuis son couloir droit : seul le mot gâchis me vient à l’esprit à ce moment-là. Tout ça pour dire que le début de rencontre est assez chiants. Les quatre français de devant sont des plus statiques, les permutations espérées ne viennent pas et on en est réduit à apprécier le jeu long intéressant de la défense centrale française (Sakho et Dervite) qui cherche ses attaquants dans le dos des défenseurs qataris. Sans succès.
L’assoupissement me guette alors, d’autant que l’engouement de Mayol pour le foot est sans pareil avec celui pour le rugby. C’est alors qu’arrive ce que l’on attend des Bleuets depuis le début du match : « tiens, Obertan est à gauche…Kembo prend l’axe…ah, voilà Yatabaré qui déborde à droite…et revoilà Obertan au centre. » Les permutations ! Enfin ! Soutenu par les latéraux M’Bengue et Bocaly, beaucoup plus présents en phase offensive, le quatuor offensif parvient enfin à envoyer son jeu en passes courtes dans les 30 derniers mètres adverses, celui qui avait tant de mal aux Anglais il y a presque trois mois. Ca démarre sur un côté à 30 mètres, ça trouve un point d’appui à l’entrée de la surface qui, aux choix, décale le latéral ou sert le milieu relayeur qui tente de rentrer dans la surface. Ces derniers (Goulon et Martin) étant moins offensifs que Sissoko ou Sankharé, c’est surtout par des centres que les Espoirs concluent leurs mouvements. Malheureusement pour eux, dans la surface, Obertan, Kembo et Yatabaré manquent de lucidité.
Maintenant que les intentions sont là, encore faudrait-il les appliquer avec soin, et ça les Bleuets vont avoir du mal. C’est la fin de la saison pour tout le monde et les approximations techniques vont être nombreuses tout au long la partie. Ajoutées aux mésententes et vous comprendrez que les Français ne se sont pas crées énormément d’occasions comparées à leur outrageuse domination. L’entrée de N’Gog à la mi-temps ne va pas changer à la maladresse ambiante. Tout ce qui change au retour des vestiaires, c’est la présence d’un vrai point de fixation avec désormais trois électrons libres qui gravitent autour (Sako qui insiste sur les ailes, Kembo au centre et à gauche et Obertan sur toute la largeur du terrain). Sans surprise, c’est surtout l’entrée de deux des trois milieux titulaires qui va faire la différence. Remplaçants poste pour poste de Goulon et Martin, Sissokho et Sankharé vont beaucoup apporter dans le final de la rencontre.
Plus relayeurs que récupérateurs, le duo parisiano-toulousain va sensiblement se rapprocher des quatre attaquants là où seul Martin tentait de timides participations quelques minutes plus tôt. Sankharé se signale par une action individuelle côté droit, ponctuée d’un enroulé du gauche qui passe près des buts qataris. C’est alors toute l’équipe qui monte d’un cran et l’on aperçoit même Dervite et Sakho (les deux défenseurs centraux pour ceux qui ne suivent pas) récupérer des ballons à hauteur de la ligne médiane. Sur les côtés, Bocaly et M’Bengue continuent leur pressing dans le camp adverse. On notera d’ailleurs que les deux latéraux ont joué très haut pendant toute la rencontre et ont récupéré de nombreux ballons. Comme par hasard, c’est d’ailleurs Gary Bocaly qui récupère et glisse le ballon victorieux à Sako. Le Castelroussin arme des 30 mètres, profite d’une faute du gardien et délivre la France dans les arrêts de jeu.
Le Tournoi de Toulon démarre donc petitement pour les Bleuets, obligés de se donner pendant 90 minutes pour battre le Qatar. Prochain match samedi face à une sélection d’un tout autre niveau, le Portugal qui n’a plus le droit à l’erreur après sa défaite face au Chili en fin d’après-midi. Vu que le schéma de jeu risque d’être sensiblement différent, difficile de tirer des plans sur la comète après le match de ce soir. Une seule chose peut-être, Eric Mombaerts semble avoir fait de Gabriel Obertan l’attaquant-clé de sa sélection. Très libre dans ses déplacements une fois le quart d’heure de jeu passé, il a été de la majorité des offensives françaises. On verra samedi s’il enchaîne les matchs. A demain soir pour l’analyse de France-Turquie et en attendant, n’oubliez pas de voter pour cet article en cliquant sur le petit bouton wikio chiffré ci-dessous.


