Les Espoirs ont un projet

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Raymond Domenech en a pris plein la gueule après sa déclaration concernant le projet de jeu de l’équipe de France dans So Foot. « Mais c’est quoi un projet de jeu, merde ? Moi c’est faire jouer les joueurs de manière à optimiser leurs qualités, c’est tout ! » pouvait-on lire alors. Loin de moi l’idée de développer sur l’idée d’absence de projet de jeu, dans une sélection avec des joueurs éparpillés dans toute l’Europe, ça ne me choque pas. Je vais plutôt en remettre une couche avec l’équipe de France Espoirs qui, elle, me donne l’impression de s’inspirer du projet de jeu en vogue du moment : celui du Barça. Déjà que cette génération a du talent, si en plus, elle grandit autour d’un projet de jeu précis et travaillé sur plusieurs saisons, son avènement chez les A sera à suivre de très près.

Samedi soir, face au Portugal, les similitudes étaient flagrantes entre les choix de Mombaerts et ceux appliqués par le Barça saison après saison. Le premier saute aux yeux : le 433. Face à une formation plus réputée que le Qatar, le sélectionneur avait décidé de revenir à son schéma de jeu habituel. Obertan faisait les frais de ce changement, laissant à N’Gog le rôle de point de fixation. Sur les côtés, Kembo et Sako conservaient leur place tandis que derrière eux, le trio Sissoko-Sankharé-Capoue faisait son retour. Pour imaginer la disposition des trois milieux, transformez Capoue en Touré, Sankharé en Xavi et Sissoko en Iniesta. Vous l’avez, ça y est ? En défense, Mombaerts reconduit sa ligne titulaire ; M’Bengue et Bocaly encadrent une charnière centrale Sakho-Dervite. Si on compare les profils bruts de toute l’équipe au onze titulaire du Barça, deux petites différences poitent : M’Bengue se rapproche plus de Daniel Alves que d’Abidal, Kembo et Sako sont des provocateurs avant d’être des bouffeurs d’espaces façon Thierry Henry. Pour le reste, on sent que le calque se pose assez facilement.

Voilà pour le plus simple. Deuxième marque de fabrique du Barça que tente d’appliquer les Espoirs : le pressing. Toujours pour citer Domenech dans So Foot : « le premier projet de jeu qu’ils ont (Barcelone), c’est qu’ils vont presser au départ (…) le premier truc, c’est la récupération le plus haut possible. » Premier exemple pour les Bleuets, le travail défensif des trois de devant. Face au Portugal, Kembo, Sako et N’Gog ont énormément travaillé dans la moitié de terrain adverse pour gêner la relance portugaise. Après une offensive française, on les a très souvent vus redescendre à vitesse grand V pour revenir sur le porteur de ballon adverse et lui chiper le ballon à 35/40 mètres de ses propres buts. Et quand ce ne sont pas eux qui le font, Sissoko ou Sankharé s’en chargent. A vrai dire, parmi les milieux français, il n’y a peut-être que Capoue qui est là pour récupérer des ballons dans son camp. Les autres sont là pour presser avant tout. Sur les côtés, les latéraux y vont aussi de leur pressing, le but de la victoire face au Qatar est consécutif à une récupération de Bocaly dans le camp adverse. A l’arrivée, on sent que cette équipe espoirs peut avoir la capacité d’asphyxie qu’à Barcelone habituellement. Par moments seulement, la fin de saison pèse sur les organismes et la constance n’est pas encore le fort des jeunes français.

Lorsqu’ils ont le ballon, le calque est posé aussi. Passes courtes, occupation des intervalles par des milieux et des latéraux qui n’hésitent pas à se projeter vers l’avant. Dans leurs temps forts, les Bleuets arrivent à enchaîner des séquences d’une grande justesse qui, par les circuits de passe, se rapprochent du Barça. Un exemple comme un autre : Capoue (Touré) dans le rond central joue court pour Sissoko (Iniesta) qui s’avance vers le but avant d’écarter pour Sako (Messi). L’ailier cherche N’Gog (Eto’o) dos au but qui a deux choix de remise : jouer le une-deux avec son ailier qui tente de s’enfoncer dans la surface ou écarter sur le latéral (Bocaly ou Alves) qui passe de le dos de son ailier pour prendre son couloir. Ensuite, on en arrive à la finition et c’est là que les Français ont encore du taf. Mais les intentions sont déjà là et avec seulement six mois de travail en commun, le potentiel de cette équipe est énorme. Le Qatar et le Portugal en ont plus ou moins fait les frais (si l’application du jeu sans ballon du Barça fait déjà mal à l’adversaire, aucun mouvement à la catalane n’a fini en but), le Chili va permettre aux Français de se jauger dans une finale de poule mais on attend déjà avec impatience l’opposition face aux Espoirs argentins qui font impression depuis l’ouverture du tournoi de Toulon (deux victoires, 4-0 face au Pays-Bas, 3-2 contre l’Egypte).

En attendant lundi et leur prochain match, je vous proposerai peut-être mon équipe-type de L1 dans la soirée de dimanche (ou pas), en attendant, si vous aimez, devenez fan sur Facebook, partagez et/ou votez pour cet article sur wikio en cliquant sur le petit icône chiffré ci-dessous.

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