Une Supercoupe d’Espagne, une Liga, une Coupe du Roi, une Ligue des Champions et une Supercoupe d’Europe, en une saison, Pep Guardiola a gagné tout ce qu’il y avait à gagner sur le banc du FC Barcelone. Mieux, il y est parvenu à la tête d’une des plus belles équipes à voir jouer de l’histoire… si ce n’est la plus belle mais je suis trop jeune pour vraiment remonter le temps. Malheureusement pour les autres, le premier mois des Catalans ne laisse entrevoir aucun signe de lassitude ou de fatigue. Santander, battu 4-1, et l’Atletico Madrid, écrasé 5-2, en ont fait l’expérience cette semaine. Curieux de voir le Barça version 2009-2010, j’étais devant ma télé samedi soir pour voir les Blaugranas humilier l’Atletico au Camp Nou.

Les scores n’ont pas changé. La manière d’y arriver non plus. Tout le monde se souvient des matchs du Barça la saison dernière ; pliés au bout d’une demi-heure et une deuxième mi-temps accrochée aux fulgurances individuelles ou à un second coup d’accélérateur si l’équipe adverse se révolte en réduisant le score. Face à l’Atletico, Ibrahimovic ouvre le score au bout d’une minute et 45 secondes de jeu, 50 secondes après un tir sur la barre de Thierry Henry. Au quart d’heure, Messi double la mise. A la demi-heure, Daniel Alves la triple sur coup-franc avant que Keita ne la quadruple dix minutes plus tard. Le but d’Aguero, offert par Busquets, juste avant la mi-temps est anecdotique tout comme les deux derniers par Forlan (4-2) et Messi (5-2) en toute fin de rencontre. Comme la saison dernière, pour apprécier au mieux un match du Barça, mieux vaut ne pas être en retard.
Si rien n’a changé au tableau d’affichage, le jeu des Barcelonais a quelque peu évolué avec l’arrivée de Zlatan Ibrahimovic à la place de Samuel Eto’o. C’était d’ailleurs la grande question de l’été en Catalogne : « Ibra le soliste » va t-il s’intégrer au collectif presque parfait des champions d’Europe. Après un mois de compétition, la prestation rendue par le Suédois face à l’Atletico est déjà à des années-lumières de ce qu’il faisait à l’Inter. Il n’a pas hésité à défendre et a souvent privilégié la passe à la tentative individuelle. Déjà, il peut s’entendre avec Messi, en témoigne leur échange dans la surface de l’Atletico à l’origine du quatrième but de Seydou Keita. En revanche, sa « zone d’influence » n’est pas la même que Samuel Eto’o : alors que le Camerounais décrochait souvent pour participer à la circulation du ballon, « Ibra » propose plus de solutions dans la profondeur.
Nouvel attaquant, nouvelles habitudes, le Barça s’est aussi adapté à son nouveau buteur. Face à l’Atletico, c’est toute l’équipe qui a cherché à jouer rapidement vers l’avant plutôt que de faire circuler calmement le ballon au milieu de terrain. Cible privilégiée de ce jeu en profondeur, Ibrahimovic et Henry se sont régulièrement retrouvés sur la même ligne, à tel point que le traditionnel 4-3-3 Barcelonais tendait vers le 4-4-2 sur certaines phases de jeu. Dans ces moments-là, Messi était « le quatrième milieu du Barça » comme l’a très bien souligné Reynald Denoueix (le consultant sur C+Sport) en deuxième mi-temps. L’Argentin quitte son couloir et se sert de son pied gauche pour essayer de trouver Henry ou Ibrahimovic dans la profondeur par-dessus la défense adverse. Au rayon de ce qui ne change pas, les permutations sont toujours de rigueur entre les trois attaquants du Barça.
Il faut toutefois souligner qu’Iniesta n’était pas dans le onze qui a débuté la rencontre face à l’Atletico. Il est possible que Guardiola ait demandé à Messi d’évoluer plus bas que d’habitude pour avoir un joueur capable de lancer une offensive en perçant le milieu de terrain balle au pied, histoire d’avoir un vrai complément à Xavi (qui perce mais en lâchant son ballon). D’ailleurs, lorsqu’Iniesta est entré, Messi a été moins présent au milieu de terrain, se contentant d’animer son couloir avec Daniel Alves. D’un autre côté, le match était plié depuis une demi-heure si l’on compte les quinze minutes entre les deux mi-temps. Histoire d’en parler car il est difficile de dire quoi que ce soit à son sujet sur ce match, la défense du Barça a contenu sans trop de souci le pressing par accoups des Colchoneros ; il faut dire qu’avec un soutien comme Xavi qui déjoue la pression adverse en deux touches de balle, c’est tout de suite plus facile.
Allez, pour le plaisir, le résumé de la rencontre :
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