Bis-repetita lors du Clasico

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Alors que les Girondins perdaient leur titre de champion de France sur la pelouse du Paris Saint-Germain, le Real Madrid et le FC Barcelone se disputaient la suprématie de la Liga à Santiago Bernabeu. Comme en novembre dernier, les Catalans sont sortis vainqueurs du Clasico après avoir bien été bloqué par leurs rivaux en début de partie. Malheureusement pour les Madrilènes, ils ont payé cher leurs efforts en manquant de lucidité au moment de terminer leurs actions… et se sont faits punir sur deux ouvertures lumineuses de Xavi.

Mi-temps de PSG-Bordeaux : c’est le moment de tourner la tête vers la petite télé du Houses of Parliament qui retransmet le fameux Clasico, juste le temps nécessaire pour découvrir les deux onzes de départ. Côté Barçelone, Guardiola doit faire sans Ibrahimovic. Petite surprise, il laisse Iniesta sur le banc de touche et associe Pedro (à gauche), Messi (dans l’axe) et Daniel Alves (à droite) en attaque. Suspendu en Ligue des Champions mardi, Puyol fait son retour derrière le latéral brésilien laissant sa place dans l’axe à Milito. Dans l’entrejeu, on retrouve le trio Xavi-Busquets-Keita, le premier débutant en retrait des deux autres. Dans l’autre camp, le Real s’organise en losange au milieu de terrain avec Xabi Alonso en sentinelle, Marcelo à gauche, Gago à droite et Van der Vaart en 10, Kaka étant absent. Devant, Higuiain et Ronaldo. Derrière, de gauche à droite, Arbeloa, Garay, Albiol et Sergio Ramos protègent Casillas.

Comme à l’aller, les attaquants du Real démarrent la rencontre en exerçant un gros pressing sur la défense catalane. Leur objectif est simple : bloquer la profondeur sur la première relance adverse pour obliger les Catalans à relancer directement sur les côtés et les enfermer ensuite dans le couloir grâce à leur grosse densité au milieu de terrain. Pour ceux qui ont suivi la Ligue des Champions récemment, cela ressemblait un peu à la tactique employée par l’Olympique Lyonnais face à Bordeaux lors du match aller. Ce gros travail des offensifs du Real a au moins le don de soulager sa défense : au cours du premier quart d’heure, le milieu madrilène est souverain. Leur ligne de récupération est au niveau de leur 40 mètres et le Barça a toutes les peines du monde à s’installer dans le camp adverse pour ensuite y mettre en place son rouleau-compresseur habituel.

Résultat, les Catalans changent leur plan. Xavi, à la base chargé de décrocher pour offrir une solution axiale à ses défenseurs, se rapproche du trio offensif et laisse Busquets et Keita à la récupération derrière lui. Ce nouveau positionnement du capitaine du Barça offre ainsi une solution de passe supplémentaire à ses latéraux. Suffisant pour déstabiliser le travail d’enfermement exercé par les milieux madrilènes depuis le début de la partie. Là où Maxwell et Puyol n’avait que Messi et leur ailier comme solutions de passe vers l’avant, en voilà une troisième intercalée entre les lignes du milieu madrilène. Ce mieux au milieu de terrain ne se traduit pas forcément en occasions pour les Barcelonais. A vrai dire, au cours de la première demi-heure, aucune des deux équipes ne réussira une seule attaque placée, toutes les approches venant de prises de risque individuelles (Marcelo et Ronaldo pour le Real, Messi pour le Barça).

L’opposition de style entre les deux équipes prend finalement fin à la 32ème minute de jeu, sur un ersatz d’attaque placée en fait. Xavi touche la balle dans les 30 mètres du Real, Messi fait son appel croisé dans la défense. Un petit amour de ballon par-dessus la défense plus tard, voilà l’Argentin seul face à Casillas. 1-0, le match est plié. Pourquoi ? Rappelez-vous de l’aller : le Real avait fait les mêmes efforts défensifs au milieu avant de plonger au cours de la deuxième période. Pourquoi les choses changeraient ce soir, d’autant plus que les Madrilènes souffrent déjà d’un manque de lucidité au moment de la finition qui leur fait très mal. Arsenal l’a appris à ses dépens dans la semaine : si vous n’êtes pas réalistes face au Barça, impossible de faire un résultat. Ajoutez à cela les cartons donnés à Xabi et Albiol par M.Mejuto Gonzales pour leur agressivité et on comprend très vite que le Real ne pourra pas jouer de la même façon au retour des vestiaires.

Le Barça non plus d’ailleurs, Guardiola changeant son plan de départ : Puyol passe à gauche derrière, Pedro passe à droite devant, Alves retrouve son poste de latéral et Maxwell occupe celui d’ailier gauche en attendant la rentrée d’Iniesta qui interviendra un peu après l’heure de jeu. Petit clin d’oeil à HorsJeu.net, jusqu’à que l’Espagnol entre en jeu, les remontées de balle du Barça sont alors bâties sur un modèle de fusée à trois étages : Busquets-Keita puis Xavi-Messi et Pedro-Maxwell. Sur l’une d’entre elles, Xavi trouve Pedro dans la profondeur pour le 2-0 (55ème). Comme prévu serait-on tenté d’ajouter. Guti remplace Marcelo une minute plus tard ; immédiatement le jeu du Real en est amélioré. Van der Vaart existe enfin dans une position plus reculée au milieu de terrain et le blondinet apporte du liant dans la transmission vers les deux attaquants. Les occasions viennent enfin (Van der Vaart, Ronaldo puis Guti) mais Valdes est dans un très grand soir.

Mais cette amélioration dans l’animation offensive se fait bien évidemment au détriment de l’équilibre défensif des Madrilènes. Le milieu n’existe plus ou presque et Xavi met par deux fois Messi en position d’aggraver le score mais l’Argentin bute sur Casillas (dont une fois par précipitation d’ailleurs…). Bref, de l’heure de jeu jusqu’au dernier quart d’heure, on a droit à une petite séquence de Hourra Football : les Madrilènes donnent tout pour revenir et le Barça répond en s’offrant quelques situations de contre intéressantes. Arrivent ensuite les entrées en jeu de Raul et Benzema qui finissent de transformer l’organisation du Real en un petit bordel tandis que côté catalan, on se contente de contrôler le ballon pour les dernières minutes de la rencontre. Barcelone prend seul la tête du championnat et s’assure d’être devant le Real en cas d’égalité de points à la fin du championnat. De quoi maîtriser la fin de saison et se concentrer sur une autre bataille, la demi-finale face à l’Inter. On a déjà hâte…

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