Dommage pour une Ligue 1 plus offensive, le premier choc de la saison entre Marseille et Bordeaux s’est soldé sur un score nul et vierge. A l’issue de la rencontre, le spectateur est partagé : doit-il retenir l’intensité de la rencontre, digne de celle qu’il pourra retrouver en Coupe d’Europe ? Les approximations techniques, qui devront être gommés en vue de la Coupe d’Europe ? Ou la frilosité des deux entraîneurs, particulièrement de Laurent Blanc, qui n’augure rien de bon pour la Coupe d’Europe ?

Au moment où j’ai découvert les compositions d’équipe, j’ai rapidement compris. Les deux équipes se craignent. Laurent Blanc abandonne son milieu en losange pour retrouver son 4-2-3-1 estampillé Ligue des Champions ; Didier Deschamps conserve lui son 4-3-3 mais préfère Cissé à Abriel pour épauler M’Bia dans son face-à-face annoncé avec Gourcuff. Les grandes lignes de la rencontre sont déjà écrites, reste à savoir si le premier quart d’heure sera aussi physique que certains Marseillais l’annonçaient.
Je l’avais évoqué dimanche dernier : Didier Deschamps a bien décidé la même tactique qu’Olle-Nicolle avec Nice une semaine plus tôt. Attendre Bordeaux très haut en misant sur l’impact physique de ces joueurs d’axe pour étouffer Diarra, Fernando et Gourcuff. Laurent Blanc ayant fait le choix de bloquer les couloirs en alignant deux vrais ailiers chargés de soutenir leurs latéraux en phase défense, ses trois milieux axiaux n’apparaissent que par intermittence, pris par Cissé et Cheyrou dans la zone entre M’Bia et Brandao. Et ce n’est pas Chamakh, malgré tous ses efforts pour se défaire de la tenaille Diawara-Heinze qui va réussir à faire la différence.
Résultat, pendant un peu plus d’une heure, Bordeaux subit mais ne rompt pas grâce à une ligne de défense qui s’est retrouvée après les errements du début de saison. Ciani-Planus a passé sans trop d’encombre le test du Vélodrome et peut maintenant regarder sereinement son avenir en L1. Il faut dire qu’en face, en enlevant Abriel, Deschamps n’alignait que trois joueurs purement offensifs, soutenus par Cheyrou. A l’arrivée, les offensives marseillaises n’aboutissaient que de trois façons : un coup de pied arrêté, un tir lointain ou un surnombre dans un couloir pour arriver à un centre. Note : la dernière option obligeant l’OM à se découvrir, elle n’a pas été utilisée autant qu’elle aurait pu.
La transversale de Cheyrou passée, les Marseillais desserrent leur emprise sur la rencontre. Jusqu’alors condamné à ratisser des ballons à 25 mètres des buts de Carrasso, Diarra commence à se rapprocher du rond central. Invisible jusque-là (ou à côté de son sujet), Gourcuff trouve enfin quelques espaces dans le sens du jeu en s’excentrant légèrement côté droit. Bordeaux peut alors évoluer plus haut et on imagine déjà des Marseillais en souffrance dans la dernière demi-heure. Surtout lorsque l’on voit Niang, seul attaquant capable de partir dans le dos des défenseurs, sortir au profit de Morientes. On attend plus qu’un changement offensif de la part de Laurent Blanc pour voir Bordeaux enfin poser son empreinte.
Malheureusement pour les Girondins, la défense marseillaise est d’un tout autre niveau que la sochalienne, la lensoise ou la niçoise. Le choix d’aligner un ailier de débordement face à Taïwo s’est avéré totalement infructeux, le latéral marseillais étant imprenable côté ligne de touche. Les seuls centres dangereux côté bordelais ont été du fait des latéraux mais à chaque fois, Heinze, Diawara voire même M’Bia devançaient le trop esseulé Chamakh. L’entrée de deux milieux offensifs (Jussiê et Plasil) a quelque peu réglé le problème de circulation de balle côté Bordelais mais pas celui de la présence dans la surface de réparation adverse.
Au final, si Bordeaux s’en sort avec la meilleure opération sur le plan comptable, c’est bien l’OM qui m’a fait la meilleure impression. Très solides en phase défensive, les Marseillais ont quand même réussi à faire complètement déjouer le champion de France en titre, réputé pour ses productions offensives. En attendant Lucho, Deschamps devra se contenter de ce genre de matchs face aux autres gros du championnat (et d’Europe) : les faire déjouer tout en espérant qu’ils craquent défensivement. Bordeaux n’a pas craqué, c’est d’ailleurs un progrès certain et rassurant à l’approche de la C1 qui demandera forcément aux Girondins de défendre à un moment donné.



Bon article, je suis assez d’accord avec toi, et ton opinion est bien, bien que tu sois un peu supporter bordelais tu admets quand même que Marseille les a un peu dominé…
Bravo,
Footballwrite
Ps: Analyse du match chez moi aussi si ça t’intéresse :)Reply – Quote
Je suis assez d’accord avec toi bien que je ne pense pas que ce match valait la note (14)des abonnés de canal et tout le cinéma autour des 2 coaches m’a particulièrement agacé… Laurent Blanc devrait arrêter de jouer les faux modestes et avoir les mêmes ambitions techniques à chaque math. A chaque fois qu’il a utilisé ce système, Bordeaux n’a pas été étincelant ds le jeu. Alors je sais bien que la plupart des gdes équipes évoluent avec une pointe. Ms la force d’une gde équipe c’est d’avoir son propre style de jeu. Regarde Chelsea cette année. Eux ils vont faire très mal!!Reply – Quote
Florent, pour moi Bordeaux ne s’en sort pas bien sur le plan comptable, c’est Marseille qui s’en sort bien avec non pas deux points de perdu mais un point de gagné!
Certes Marseille a mis deux barres transversales mais Bordeaux, lui, a marqué un joli but refusé par l’arbitre , et je suis étonné que tu n’en ai pas parlé dans ton post. Mais je suis persuadé que tu as d’excellentes raisons pour cela!Reply – Quote
Twitter: flotoniutti
D’excellentes raisons ouais. J’ai pris le parti de ne pas m’arrêter sur des faits de jeu qui obligeraient forcément à employer des « si » à répétition. Je préfère voir le match dans son ensemble.Reply – Quote