Bordeaux, Lyon et Marseille étaient sur les terrains ce samedi soir : trois matchs pour trois victoires dans la difficulté à trois jours du début de la Ligue des Champions. Déjà la tête ailleurs nos locomotives ? En attendant Paris demain, seul le promu montpelliérain arrive à tenir le rythme pour le moment. Parmi les autres « européens », Lille a enfin lancé sa saison et Toulouse a payé l’inefficacité de Gignac à Nancy en ne ramenant qu’un point. Autre petit résultat de la soirée, le match nul entre Valenciennes et Boulogne en ouverture du championnat du Nord-Pas-de-Calais. A défaut de décortiquer tous les matchs, e-foot zoome sur les faits marquants de cette première partie de la 5ème journée dans son traditionnel palmarès.

La première : Marseille avec Lucho
C’était l’évènement de la semaine : Didier Deschamps a enfin pu aligner l’homme qui doit prendre les clés du jeu de l’OM. Pour la première fois titulaire en compétition officielle, Lucho Gonzales a joué près de 70 minutes et serait resté « timide » sur la pelouse de Léon-Bollée. Habituellement numéro 8, l’Argentin a cette fois évolué à la pointe d’un milieu en losange derrière Niang et Brandao ; une position qui ne lui a peut-être pas permis d’avoir le recul nécessaire pour orienter le jeu à sa guise. Didier Deschamps aurait-il fait son choix faute d’être satisfait des prestations de Valbuena et Ben Arfa au poste d’ailier droit ? Lorsqu’on lui demande le meilleur poste de Lucho, relayeur ou meneur, Deschamps y répond à demi-mot : «Les deux lui conviennent. Ça va dépendre des autres joueurs. (lequipe.fr) »
Les jumeaux : Bordeaux et Lyon
Il y a des soirées comme ça où les matchs se ressemblent. Ce samedi, les spectateurs de Gerland et de Chaban-Delmas sont ressortis du stade avec le même sentiment : heureux de la victoire de leur équipe mais inquiet de la manière. Car lorsque l’on est à trois jours de débuter la Ligue des Champions, battre deux candidats au maintien sur le plus petit des scores (1-0) en se faisant peur sur la fin de match ne rend pas très optimiste. Autre parallèle étonnant, en défense, ce sont les deux axiaux droits (Cris et Ciani) qui ont eu le plus de difficultés sur ces rencontres. Si les émissaires de la Fio et de la Juve avaient fait les déplacements ce soir, ils ont dû rentrer en Italie avec quelques points faibles de leurs futurs adversaires sous le bras.
L’adaptation éclair : Tino Costa
Je connaissais les clubs qui grimpent deux échelons en deux ans et réussissent à se maintenir dans l’élite (Toulouse à une époque, Valenciennes plus récemment), je n’avais encore aucun exemple de joueur. Après cinq journées, trois buts et deux passes décisives, le maître à jouer du Montpellier Hérault, Tino Costa, part sur les bonnes bases pour rentrer dans ces critères. Après cinq saisons passées en National, le natif de Buenos Aires élèvent son niveau de jeu chaque année depuis 2007 : d’abord Sète où il décroche le titre de meilleur joueur de notre troisième échelon, puis Montpellier dont il devient un des cadres dans le jeu et le tireur de coups de pied arrêtés. Reste maintenant à savoir s’il s’arrêtera en même temps que la bonne série actuelle des Héraultais…
La rechute : Tulio de Melo
Au classement des poissards de notre championnat, il doit être en bonne position. Rupture des croisés en 2006, opération du cartilage il y a un an, le genou droit de Tulio de Melo a encore fait des siennes ce soir en se tordant un peu trop. Verdict : une sérieuse entorse au genou et encore plusieurs semaines d’absence pour l’attaquant brésilien. C’est triste car c’est un joueur que j’ai toujours apprécié, que ce soit au Mans où sur ses rares apparations à Lille : seul en pointe et bien secondé par ses ailiers, il peut être un buteur très intéressant. A son arrivée à Lille, j’avais même imaginé qu’il franchirait un palier pour, pourquoi pas, atterrir dans un club encore plus huppé. Malheureusement pour lui, son corps semble en avoir décidé autrement.
La rentrée : Sidney Govou
Il s’était blessé à la veille du championnat ; l’international lyonnais a fait son retour ce soir sur la pelouse de Gerland. Entré peu avant l’heure de jeu, il a débloqué la situation en délivrant un centre en profondeur parfait pour la tête de Michel Bastos. Et, chose intéressante, d’après le court résumé que j’ai pu en voir, il est entré en jeu sur le côté gauche (NDLA : si quelqu’un peut me le confirmer, ce serait très sympa). Le bon moment pour moi pour remettre en avant mon article sur l’utilisation de Bastos en ailier inversé (cliquez ici) : Claude Puel aurait donc décidé de poursuivre dans cette voie en utilisant Govou sur l’aile gauche. Peut-être une évolution intéressante pour un joueur qui n’aura plus à jouer autant sur les qualités d’un physique fragile depuis plusieurs années.
Le but : Modibo Maïga
J’ai failli choisir de mettre en avant les deux buts semblables de Mamadou Niang et de Yoan Gouffran mais c’était passé à côté d’un beau geste technique. Et lors de cette 5ème journée, ils se font si rares qu’il ne vaut mieux pas passer à côté. Voilà donc l’égalisation spectaculaire de Modibo Maïga pour Le Mans face à Marseille. A votre avis, s’il la voit tout à l’heure sur le plateau du Canal Football Club, Guy Roux remettra t-il sur le tapis le but refusé pour jeu dangereux de Lilian Laslandes en 1997 contre le Borussia en Ligue des Champions ?


