Arsenal freiné par Everton

Share

La semaine des bilans terminée, le football, le vrai, reprend la main sur e-foot.eu avec la première analyse de match de l’année 2010. J’ai profité de ce samedi enneigé pour faire un petit tour du championnat d’Angleterre et me suis arrêté sur la rencontre entre Arsenal et Everton. Invaincus sur les cinq dernières journées, les Gunners avaient l’occasion de revenir à un point du leader Chelsea en cas de victoire face à une équipe qu’ils avaient traumatisé en début de saison. Lors de la première journée, ils étaient allés humilier les Toffees à Goodison Park sur le score de 6-1.

tim_cahill-celebra_1205450c

Cette fois, les joueurs de l’autre club de Liverpool n’ont pas joué les sparring partners. Le premier quart d’heure est même entièrement à l’avantage des visiteurs qui n’hésitent pas à aller chercher très haut le porteur de balle adverse. Alors que l’on aurait pu imaginer l’inverse, c’est Everton qui s’installe dans la moitié de terrain des Gunners grâce au travail de sape de ses attaquants sur les quatre défenseurs londoniens. Tout juste débarqué des US, Donovan se retrouve face à Traoré sur le côté pour laisser Cahill et sa puissance physique gêner Gallas ou Vermaelen dans leur travail de relance. A gauche, Pienaar s’occupe de Sagna et Saha prend le défenseur central restant. En allant presser jusqu’à l’entrée de la surface d’Almunia, les attaquants d’Everton permettent à leurs milieux de bloquer les premières transmissions entre Denilson, Diaby et Ramsey dans leur propre moitié de terrain. Résultat, les Gunners n’arrivent pas à envoyer leur jeu habituel pour la bonne et simple raison qu’ils sont pris avant même qu’ils n’atteignent la première moitié du camp adverse, là où d’habitude ils passent l’accélérateur grâce aux relais de Nasri ou Arshavin.

A peine le temps de se rendre compte de l’importance prise par Alexandre Song dans le collectif de Wenger et voilà Arsenal mené au score : sur un corner superbement tiré par Donovan, Osman arrive lancé pour propulser le ballon dans les filets d’Almunia. Logique, et reste désormais à savoir combien de temps le bloc d’Everton va tenir aussi haut sur la pelouse de l’Emirates. La réponse ne tarde pas à venir puisque les joueurs de Moyes vont sensiblement reculer après leur ouverture du score. Pour faire dans l’à-peu-près, Donovan, Pienaar et Cahill attendent leurs adversaires de l’autre côté de la ligne médiane pour aller les presser. Arsenal peut désormais prendre le temps de se déployer sur toute la largeur du terrain. Quitte à laisser des espaces dans les couloirs, Everton s’applique surtout à ne pas perdre la bataille dans l’axe en resserrant un maximum les espaces entre le duo Fellaini-Osman et sa défense centrale. Le but : empêcher les une-deux et autres relais d’Arshavin ou Eduardo pour les incursions de leurs milieux de terrain. Tant bien que mal, ils y parviennent mais une mauvaise relance de Donovan offre l’égalisation aux locaux juste avant la demi-heure de jeu après un jeu à trois entre Eduardo, Arshavin (une touche chacun) et Denilson.

Le spectre du 6-1 du début de saison (Everton avait aussi mené au score) fait son apparition sur l’Emirates entre deux flocons de neige et Moyes en appelle à un retour aux fondamentaux du début de rencontre, l’agressivité en tête. Pienaar, qui gâche une balle de 2-0, montre la voie avec un tacle so british sur Sagna et c’est tout le onze bleu qui reprend des couleurs sur cette fin de première période. Plus acteurs que spectateurs, les Toffees oublient néanmoins d’attaquer, la faute à un bloc beaucoup trop étiré pour pouvoir jouer autre chose que le kick’n'rush sur le pauvre Saha. Malgré ses pertes de balle rapides, Everton rejoint les vestiaires avec une organisation défensive efficace qui contient sans souffrir les vagues londoniennes. En tête de gondole, le Belge Fellaini écrase la plupart de ses adversaires sauf quand il se retrouve face à Abou Diaby, les deux hommes se livrant à un duel épique. A la reprise, Moyes peaufine son système : Cahill joue le premier ralentisseur à 40 mètres, Osman le second à 30 mètres et Fellaini achève l’attaque en se jetant sur ses adversaires aux abords de la surface de réparation. Histoire de faciliter encore moins la tâche des hommes de Wenger, la neige se fait de plus en plus épaisse et recouvre rapidement une partie de la pelouse de l’Emirates.

Les conditions difficiles vont transformer la deuxième période en un beau n’importe quoi footballistique. Les pertes de balle sont légions, les ballons se balancent à tout-va et dans ce joyeux bordel, c’est les visiteurs qui s’en sortent le mieux puisqu’ils réussissent à s’offrir des temps forts à 72% de possession de balle face à leur prestigieux adversaire, connu pour ne laisser que des miettes à ce niveau-là. Sur son aile droite, Donovan gagne de plus en plus en influence en prenant constamment le dessus sur Armand Traoré, peu soutenu par ses partenaires. Plein axe aussi, à force de se projeter vers l’avant, Gallas et/ou Vermaelen laissent de dangereux espaces dans lesquels Pienaar ou Saha s’engouffrent mais aucune occasion n’aboutit, la faute à des mauvais choix dans la dernière passe. A l’approche du dernier quart de la partie, les coachs entrent en scène : Rosicky remplace l’invisible Ramsey, Donovan sort au profit de Bilyaletdinov, Saha est remplacé par Vaughan mais surtout, Vela remplace l’avant-centre Eduardo et va se placer… sur le côté gauche ! Arsenal se retrouve alors sans avant-centre de métier dans un match qu’il doit gagner pour faire l’opération du week-end. Reconvertis pour cette fin de rencontre, Gallas et Vermaelen se jettent eux aussi à l’attaque…

…et vont le payer cash. Pour la quatrième fois de la partie, un joueur d’Everton aux abords de la ligne médiane sur le côté gauche se retrouve en position de servir un joueur plein ou légèrement décalé sur la droite pour que celui-ci file au but. Sur les trois manquées, Pienaar était à la passe. Cette fois, le futur adversaire des Bleus en Coupe du Monde fait l’appel et Cahill lui délivre un ballon parfait dans la course. Meilleur finisseur que passeur, le Sud-Africain donne l’avantage aux Toffees à dix minutes de la fin d’une pichenette au-dessus d’Almunia. Deux minutes plus tard, lancé de la même façon après un ballon perdu tout seul par Denilson (sur blessure), Vaughan manque le duel du 3-1. La fin de la rencontre se résume à un attaque-défense où l’engagement prend le pas sur toute forme de système de jeu et d’organisation. Après deux minutes d’arrêts de jeu, Arsenal mène enfin l’une de ses actions-types au bout : Diaby prend le ballon à 40 mètres ; relais sur Rosicky, Merida qui remet à Diaby ; passe pour Rosicky qui trompe Howard avec l’aide d’un défenseur d’Everton et offre le point du match nul aux Gunners. A l’arrachée !

Retrouvez les vidéos des quatre buts de la rencontre sur Coupfranc.fr en cliquant ici !

Share

Leave a Reply

 

 

 

You can use these HTML tags

<a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>