Avoir passé la trentaine (depuis plus ou moins longtemps) ne les empêchent pas d’être au sommet de leur art depuis le début de saison. A chaque rencontre de Manchester United ou de l’AJ Auxerre, les noms de Paul Scholes et de Benoît Pedretti sont sortis au moment de désigner le meilleur joueur du match. Et pour cause, chacun à leur niveau, ils abattent un travail considérable… Et finalement assez similaire. Alors Pedretti, le Scholes de la L1 ? A l’heure actuelle, il s’en rapproche énormément.
Eludons tout de suite les doutes qui pourraient subsister. Non, je ne porte pas un jugement de valeur et non, je ne considère pas Pedretti comme l’égal de Paul Scholes. Il suffit de jeter un oeil à la carrière de Scholes pour s’en persuader. N’oublions pas que l’éternel de Manchester United a débuté sa carrière en jouant à un poste très avancé du milieu de terrain, parfois même attaquant, alors que Pedretti n’a jamais quitté le rond central et ses alentours (sur le tableau noir en tout cas). Néanmoins, dans les rôles qu’ils tiennent aujourd’hui à Auxerre et à Manchester, les deux hommes ont d’énormes points communs.
Un rôle commun
Le fait qu’Auxerre et Manchester évoluent dans le même schéma de jeu n’y est évidemment pas étrangers. Parce que je suis d’humeur un peu paresseuse, et parce qu’une explication vidéo sera toujours plus agréable qu’à l’écrit, je vous propose de mater les quatre premières minutes de la démonstration de Jean Fernandez sur le schéma de l’AJ Auxerre. Pas besoin de citer d’où ça vient, vous le verrez bien vite. Si vous avez le temps, matez la vidéo en entier, c’est un véritable régal.
J’ajoute quelques précisions pour faire le parallèle avec le schéma de Manchester United. Scholes joue axe gauche, et non pas axe droit, avec Fletcher à ses côtés (à la place de Pedretti donc). Ils sont encadrés par deux ailiers chargés là aussi d’animer les ailes, avec Valencia en addict de ligne blanche et Park rentrant un peu plus à l’intérieur. Et devant, le duo Berbatov/Rooney, capable d’intervertir les rôles mais qui se retrouvent souvent avec un partage des tâches similaire à celui de Niculae/Jelen la saison dernière (devenu Le Tallec/Jelen).
Not Box-to-Box
Depuis le début de la saison, les deux hommes se distinguent en signant des matchs à plus de 70/80 passes. Normal, tout autant que dans la récupération (comme l’a montré Fernandez), les deux hommes sont au coeur du jeu dans la circulation du ballon. Et pour cause, la qualité de leurs transmissions est leur principal point fort : jeu court, jeu long ou à mi-distance, les deux hommes maîtrisent toutes les passes possibles et imaginables. Si Pedretti se distingue plus par ses verticales, Auxerre jouant surtout sur la rapidité de transmission vers Jelen, Scholes régale le plus souvent avec ses changements de jeu et autres ouvertures vers Valencia ou Rooney, Manchester préférant prendre le temps de s’installer dans le camp adverse avant de frapper.
A l’inverse d’autres animateurs, les deux hommes ne sont pas de véritables suiveurs des actions. Auxerre a rarement le temps de se le permettre avec son style très direct mais c’est surtout le schéma de jeu en lui-même, le 4-4-2, qui empêche les deux milieux de terrain axiaux de prendre des risques en prenant les intervalles. Si l’action est sûre d’aboutir sur un arrêt de jeu, alors on les verrait peut-être dans la surface adverse… Mais sinon, nos deux hommes préfèreront traîner aux 25/30 mètres pour jouer des ballons renvoyés par la défense adverse ou presser la relance. A l’inverse d’un Lucho à Marseille ou d’un Lampard à Chelsea, ils n’ont pas de sentinelle pour couvrir derrière eux.
Avis de recherche
Voilà qui m’amène à une bien triste conclusion : c’est un fait, le 4-4-2 tel qu’il est pratiqué par Auxerre et United est en voie de disparition dans le football actuel. 4-3-3, 4-2-3-1, milieu en losange parfois, la majorité des schémas de jeu font aujourd’hui la part belle aux qualités physiques : la puissance, le gabarit, l’endurance et un peu de technique, voilà l’alliage de la majorité des milieux de terrain actuels, combinaisons de sentinelles et de box-to-box. Au milieu de cette globalisation, Pedretti et Scholes font du bien. Beaucoup de bien. Mais qui les remplacera ? Je vous avoue qu’aucun nom ne me vient…




Scholes c’est quand meme la classe internationale :-)Reply – Quote
La classe internationale et Zidane regrette de ne pas avoir joué à ses côtés.
http://www.footmercato.net/l-etonnant-regret-de-zinedine-zidane_54206Reply – Quote
Twitter: R_Micah
Des joueurs de ce genre a venir c’est sur que c’est rare … Peut être Miguel Veloso l’international portugais ??Reply – Quote
L’article m’a tout à fait intéressé : j’ai maintenant une proposition et une question à formuler.
Premièrement, je me demande si nos ne verrons pas, de plus en plus, des anciens 10 descendre en 6 (je pense que ce serait le poste idéal de Gourcuff), et prendre le relai des mecs comme Scholes.
Deuxièmement, ton article ne réponds pas à une question fondamentale (et le rapprochement avec Scholes conduit à faire comme si cette question n’existait pas). Cette question est : pourquoi est-ce que personne ne peut saquer Pedretti?Reply – Quote