Et bien c’est quasi-officiel (il suffira de battre la redoutable équipe des Feroe, vainqueur hier de la Lituanie), l’équipe de France devra passer par les barrages pour valider son ticket pour la Coupe du Monde. En attendant que la FIFA annonce la présence de têtes de série au moment du tirage et que l’on tombe sur la Slovénie, il est temps de revenir sur la prestation des Bleus hier soir en Serbie. Pour les raisons que l’on sait, difficile d’analyser un tel match ; je vais donc partir du premier fait de jeu de la rencontre avec Lloris en vedette avant de me laisser aller au gré de mes observations sur la prestation des Français.

L’expulsion donc. Vous commencez à me connaître, je ne vais pas m’attarder sur la décision de l’arbitre mais plutôt sur l’avant et l’après-faute. L’avant, c’est la mésentente, exceptionnelle à ce niveau, entre Gallas et Abidal ; un peu comme le symbole de l’incapacité de Domenech à trouver une défense centrale type. L’après, c’est certes le but serbe sur penalty mais c’est surtout l’entrée en jeu de Mandanda qui a, sans doute pour la première fois, été décisif sous le maillot bleu. Une sortie difficile dans les pieds de Zigic en fin de première période et une claquette sur le missile d’Ivanovic peu avant l’heure de jeu, de quoi remettre le doute dans la tête de Domenech concernant la hiérarchie des gardiens… Vu l’angoisse visible sur son visage au coup d’envoi, Lloris supportera t-il la pression des matchs de barrage à venir ? La question mérite peut-être d’être posée.
Réduits à dix dans un match qui part comme l’Italie-France de l’Euro 2008, on peut craindre le pire pour les Français. Mais cette fois, ils ne vont pas couler. L’adversaire n’est certes pas le même mais leur réaction mérite d’être soulignée. Après une heure de jeu en équipe face à la Roumanie, les Bleus ont cette fois montré qu’ils pouvaient aussi jouer sur la corde du mental. Qui, devant sa télé, a ressenti des Français sous pression après l’ouverture du score ? Pourtant le contexte, avec 60000 Serbes prêts à fêter la qualification, s’y prêtait. Et bien non, les Français sont revenus dans la partie et ont même fait oublier qu’ils étaient en infériorité numérique. Dès les premières minutes à dix contre onze, en voyant Abidal récupérer un ballon dans le rond central où traînait Toulalan quelques minutes plus tôt, on pouvait voir venir la fameuse « réaction d’orgueil » dont on entend parler un peu partout aujourd’hui.
Piliers de l’équipe sur ce match, Lassana Diarra et Thierry Henry ont été énormes. Comme face à la Roumanie, le Madrilène a évolué à hauteur de Yoann Gourcuff et a même éclipsé le meneur bordelais en deuxième période. Endurant, très fort dans les duels mais aussi capable d’être fin techniquement pour échapper au pressing, Lassana Diarra a gagné son statut d’indispensable sous le maillot bleu sur ces deux rencontres. Ce statut, Thierry Henry l’a depuis plusieurs saisons et l’a encore renforcé hier soir. Chargé de foutre le bordel entre les lignes ennemis, il a parfaitement rempli sa mission. Qui plus est, il est encore décisif. Au rayon des satisfactions, j’ai bien aimé Patrice Evra qui a quasiment joué ailier gauche pendant tout le match et Nicolas Anelka qui a très bien joué son rôle de point de fixation devant la défense serbe.
Avec des joueurs quasiment tous à leur niveau « club » sur le plan individuel, cette équipe de France commence sérieusement à ressembler à quelque chose. Sans Franck Ribéry. Certains vont penser que je fais une fixette sur l’ailier du Bayern mais je pense sincèrement que son cas va poser problème dans les semaines à venir. Déjà sur son entrée en jeu, je suis persuadé que ce changement (NDLA : Ribéry qui remplace Henry) était prévu avant le match. Vous allez me dire : « Mais Domenech, s’il voit que Henry est bon, il peut ne pas le sortir non ? » Et je vais répondre que le sélectionneur ne voulait peut-être pas se brouiller avec l’un des chouchous du public. Mis à part cette possible gestion des egos, je ne vois aucune raison logique à ce remplacement. En tout cas, à moins que les choses bougent en interne, il va falloir s’y habituer : sur la pelouse, c’est Henry ou Ribéry…
Puisque j’en suis à parler du coaching de Domenech, je ne comprends pas non plus que l’on n’ait pas vu Benzema. En revanche, avec le recul, la sortie de Gourcuff pour Alou Diarra à dix minutes de la fin peut s’expliquer. Depuis qu’ils sont réduits à dix, les Bleus ne sont dangereux qu’à partir d’actions individuelles de Henry, Anelka ou Diarra. Gourcuff n’a quasiment aucun poids dans l’animation offensive. En plus, il est crevé. Dès lors, deux solutions pour Domenech : faire rentrer Benzema qui a dix minutes pour rentrer dans le match, dribbler trois Serbes et marquer ou faire rentrer Alou Diarra qui a dix minutes pour faire le même taf que Gourcuff et essayer de peser sur les phases arrêtés où l’on n’a pas pris un seul ballon jusque-là. Pour moi, un peu plus de quinze heures après le match, c’est un choix qui peut s’expliquer. Au moment de la sortie de Gourcuff, j’avais un peu plus de mal par contre.
Coaching et cas Ribéry mis à part (ça fait quand même pas mal de choses), la rentrée des Bleus m’a convaincu. Offensivement, on prend un peu plus son pied à les voir jouer et quelques joueurs sont partis pour nous régaler pendant toute la saison, de quoi être optimiste pour les barrages à venir. Ensuite, Domenech aura un peu moins de six mois pour se trouver une défense et arriver au Mondial avec quelques ambitions. Pour la suite, on verra s’il nous donne rendez-vous le 11 juillet 2010…
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Ah Ribery, encore une fois je suis on ne peut plus d’accord. Henry a fait un match terrible (et Anelka aussi, notons le), donc en effet, pourquoi faire sortir celui qui a marqué, qui est là où il fait, qui joue bien … m’enfin, probablement gestion des égos, comme tu le dis.
Mais le petit Franck a été totalement invisible : il est rentré, on pouvait alors s’attendre à des débordements, ou au moins à ce qu’il percute … Mais rien ! Il a quasiment marché balle au pied quoi …
Mais le visage offensif que prend cette équipe qui se cherche encore me plait de plus en plus. Reste à travailler le réalisme !
S’il faut être mené et à 10 contre 11 pour se bouger… mais c’est vrai, très belle combativité des joueurs en Serbie.
[...] des matchs que j’ai pu regarder : France-Roumanie, Argentine-Brésil, France-Ukraine Espoirs, Serbie-France, Bordeaux-Grenoble, Monaco-Paris SG, Marseille-Milan AC, Arsenal-Wigan, Boulogne-Bordeaux, [...]