Alou Diarra à Bordeaux, Yaya Touré à Barcelone, Michael Essien à Chelsea ou encore Alexandre Song à Arsenal, les fameuses « sentinelles » prennent de plus en plus d’importance dans le football actuel. Aujourd’hui, parmi les plus grands clubs européens, il n’y a bien qu’Alex Ferguson qui s’en prive dans son 4-4-2 millénaire à Manchester United…. Et encore, dans les très grands matchs, il lui arrive d’en aligner une comme lors de la dernière finale de Ligue des Champions face à Barcelone. Bref, que ce soit seule devant la défense ou associée à un milieu plus créateur dans un 4-5-1, il est aujourd’hui quasiment indispensable d’avoir un joueur de ce type dans son onze de départ. e-foot se penche sur ce profil, souvent garant de l’équilibre défensif d’une équipe.

Leur profil tout d’abord. Qu’il soit grand et puissant façon Diarra ou Touré ou endurant et accrocheur façon Toulalan ou Mascherano, la sentinelle s’appuie avant tout sur ses qualités physiques pour remplir son premier objectif sur la pelouse : remporter un maximum de duels au milieu de terrain. Une fois le duel gagné, elle se contente du strict minimum en jouant court vers un partenaire démarqué. Pour varier son jeu, ses qualités techniques propres entreront en ligne de compte. Ainsi, un joueur comme Alou Diarra, peu adepte du jeu long, sait conserver le ballon sous la pression adverse tandis qu’un autre français, Toulalan, a plus souvent brillé grâce à la qualité de son jeu long (qui semble s’être détérioré ces dernières saisons d’ailleurs). En tout cas, quelque soit ses qualités, la sentinelle doit approcher le risque zéro lorsqu’elle a récupéré le ballon, sans quoi elle pourrait offrir quelques contres dangereux à ses adversaires. J’en profite pour évoquer le cas de l’utilisation de Michael Essien à ce poste par Carlo Ancelotti. Beaucoup estiment que le cantonner dans ce rôle le font jouer en sous-régime ; personnellement, pour l’avoir vu évoluer face à Tottenham et Liverpool, il m’a surtout donné l’impression d’être déjà le meilleur à ce poste, puisque capable de prendre des risques que beaucoup d’autres récupérateurs ne tenteront jamais.
Elargissons maintenant notre champ d’étude à l’ensemble de son équipe et voyons ce que la présence de ce numéro 6 peut apporter. Tout d’abord, c’est son positionnement qui fixe celui de tout le bloc défensif. Fonctionnant en trinôme avec les deux défenseurs centraux, la sentinelle influence du coup la hauteur de récupération de balle de son équipe. Lorsqu’une équipe domine, on la retrouve souvent à l’entrée de la moitié de terrain adverse, récupérant les ballons qui traînent dans le rond central, les deux centraux étant en soutien à hauteur de la ligne médiane. A l’inverse, si le bloc-équipe décide ou se retrouve forcé d’évoluer très bas, elle se mue en une sorte de libéro devant la défense, se baladant entre les deux lignes défensives pour colmater les brêches. On en arrive là au principal apport de la sentinelle dans une équipe : la compensation. Un latéral qui monte ? Pas de problème : l’axial gauche glisse pour couvrir sa montée et elle vient compenser ce déplacement. L’axial droit qui monte (façon Diawara à Bordeaux) ? Pas de souci là non plus, elle redescend à hauteur de l’autre stoppeur pour couvrir cette offensive. De la même façon, c’est elle que vous verrez glisser sur un côté pour soutenir un latéral délaissé par son milieu de terrain. Pas étonnant de voir ces joueurs faire des piges en défense centrale de temps en temps (Touré à Barcelone, Toulalan à Lyon).
En plus de couvrir les montées de ses défenseurs, le numéro six libère aussi les milieux de terrain axiaux qui se trouvent devant lui. Un joueur comme Iniesta à Barcelone ne pourrait peut-être pas prendre autant de risque balle au pied s’il n’avait pas Yaya Touré pour le couvrir en cas de ballon perdu (bien que ce ne soit pas le bon exemple pour parler de pertes de balle). A Bordeaux, la même chose s’applique avec les deux milieux relayeurs du losange, que ce soit Wendel, Plasil ou Fernando ; Diarra est là pour leur permettre de risquer la percussion sur la défense adverse. A l’inverse, à Machester United, qui n’utilise pas de sentinelle, les deux milieux de terrain axiaux ne se signalent quasiment jamais par leurs dribbles ou leurs accélérations balle au pied. Fletcher et Anderson, les deux titulaires habituels, sont avant tout là pour orienter le jeu sur les côtés et suivre ensuite les actions lancées sur les ailes par le duo milieu/latéral (ex : Giggs/Evra). Là où la zone d’influence d’Iniesta à Barcelone démarre quasiment dans les 35 derniers mètres adverse, celle des deux Mancuniens s’arrête au niveau du rond central pour ne réapparaître que dans les 20 derniers mètres, à l’approche de la finition. Vous noterez bien que Ferguson utilise deux milieux relayeurs et non pas deux sentinelles pour faire ce job d’orientation. Ca me permet de finir sur une citation mémorable de Brice Hortefeux à ce sujet : « Quand il y en a un (numéro six bien sur), ça va, c’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes (d’animation, forcément). »

Enorme cet article, vraiment, e – foot, c’est plus que du bon boulot comme je te l’ai dit. Hâte qu’on tente un article en coopération sur celui qu’on vénère, j’ai nommé Essien !
Concernant Man U, que je n’ai pas encore vu joué cette année, faut noter que quand Fergie alignait la doublette Scholes Carrick, me semble que ce dernier évoluait nettement plus bas que son comparse. Mais peut on quand même parler de 6 ?
D’ailleurs même question pour Essien ou Yaya Toure : on les voit jouer tellement haut, et ils brillent tellement dans l’animation offensive (toute proportion gardé évidement, mais pour des 6 quoi … on sait que Yaya c’est pas Iniesta …). Sont-ils encore de simples 6 ou la qualité de leurs co équipiers du milieu de terrain a-t-elle créé un nouveau truc, mi-sentinelle mi-relayeur ?
Parce que le but d’Essien en demi, contre Barcelone justement, la saison passée en Champion’s League, je ne m’en suis toujours pas remis.
C’est vrai que ce genre de joueurs est de plus en plus rependu aujourd’hui. Même si chacun n’apporte pas la même chose. Quand on voit un Toulalan ou un Diarra, je trouve dommage qu’ils ne se tournent pas assez vers l’avant, même si le boulot qu’ils font défensivement est énorme. Alors qu’un Essien apporte tellement plus, tout en étant toujours présent là où il faut pour défendre.
D’ailleurs pour moi c’est de loin le meilleur au monde à son poste, avec peut être aussi Lassana Diarra qui devient bien meilleur depuis qu’il est au Real.
@Pakito : Touré techniquement il est quand même excellent. On parle d’un type qui a joué numéro 10 toute sa carrière avant d’être repositionné devant la défense à Barcelone.
Et en ce qui concerne leur zone d’activité, leurs clubs respectifs tiennent tellement le ballon que, fatalement, les récupérations et l’animation se font dans le camp adverse. C’est encore plus flagrant du côté des catalans, avec un pressing à la perte qui aura vu Iniesta et Xavi récupérer des ballons à trente mètres des buts de Van Der Sar en finale de la Champion’s League l’an dernier.
Sinon, très bon article. Mais faudra surtout parler de l’émergence du 4-3-3 et du 4-4-2 en diamant comme les systèmes rentable actuellement.
Bon article, mais on sy retrouve pas tjrs avec tes dénominations (« l’axial gauche » –> tu parles du défenseur central gauche ou du milieu relayeur gauche ? dans un 4-3-3 ou dans un 4-4-2?).
Pour MU, jcrois avoir compris ke Ferguson utilise des milieux axiaux ki ont plus ou moins les memes missions (pression sur le porteur de balle, orientation du jeu, couverture du latéral…), mais qui alternent leurs montées offensives pour apparaitre par surprise dans la surface (Keane-Scholes à la belle époque).
Sinon bon article, et si tu kiffes ski est tactique jte conseille de t’interesser au Barça, Guardiola a intégré plein d’éléments nouveaux dans le jeu. A mes yeux, c une révolution et une rupture comme on n’en a plus vu depuis Sacchi à l’AC Milan.
Exemple :
- Comment remonter la balle proprement en cas de pressing adverse haut –> Touré (ta « sentinelle » comme tu dis) s’incruste entre les 2 défenseurs centraux (puyol/piqué), qui du coup se dirigent vers les couloirs pour ecarter le jeu + les lateraux (alves/abidal) se situent à hauteur de la ligne mediane –> le barça joue alors en 3-4-3.
- Défense sur coups de pieds arrétés (CPA): défense en zone, jamais en individuel (sauf si y’a un joueur spécialement grand, genre Zigic à Valence) + garder 3 joueurs dans le terrain adverse (prêts pr le contre) pour contraindre l’equipe adverse a ne pas faire monter tous ses defenseurs sur le CPA. (tu fais monter ton meilleur défenseur toi si tu vois k’ya Messi et Iniesta prêts pr le contre???)
Cordialement
[...] sentinelle, a énormément pesé dans ses deux exercices, il faut le souligner. Je vous renvoie à mon (vieil) article sur ce poste bien spécifique pour plus de détails. Face aux nombreuses permutations de Delgado, [...]